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s’est pas laissé arrêter sur l'Aisne, ii ne s’est pas laissé intimider par la falaise à pic. Il a abordé le plateau, il a chassé l’ennemi devant lui jusqu’à Hurtebise, jusqu’à Cerny-en-Laonnois ; il s’est emparé des passages de Pontavert, de Craonne et d’Amifontaine. Le corps de cavalerie du général Conneau a poussé jusqu’à Marchais, jusqu’à Sissonne, jusqu’à Notre-Dame-de-Liesse, « Il n’y a plus d’ennemi devant nous, écrivait le général Conneau dans son ordre du 13. En conséquence, la 4e division de cavalerie prendra à revers les troupes allemandes qui attaquent le 18 corps sur le plateau de Craonne. » La manœuvre va être accrochée par ailleurs, dès le soir même, mais ici la journée du 13 a été magnifique. La poche créée sur le plateau en collaboration avec le 14 corps britannique livrera, au delà de l’Aisne, une tête de pont qui tiendra l'ennemi en respect pendant de longues années.
La 5° armée avait, d’après l’Instruction générale n° 21 datée du 10 septembre au soir, le rôle d’une armée de rupture. En somme, elle n’avait qu’à persévérer dans l’heureuse action à laquelle elle avait dû son succès sur la Marne : combinant son effort avec celui de la 9% armée (à laquelle elle cédait toujours son 10€ corps), elle devait s’avancer face à l’est, au nord d’Épernay, et se glisser dans la région de Reims. Si elle réussissait, elle gagnait Rethel et la frontière belge. Bülow eût été définitivement séparé de von Kluck et rejeté sur la Meuse. Rien donc de plus important que cette mission confiée à la 5° armée. Mais il n’y avait pas une minute à perdre : il fallait arriver avant que les renforts allemands accourus de l’est ne débouchassent sur le terrain.
Le sens de la manœuvre française ne fut pas ignoré dans le camp ennemi : nous avons donné, en effet, les instructions de Bülow qui la visent avec une précision singulière et s'efforcent d’y parer. Tandis que, le 10 septembre, von Kluck a reçu l’ordre de serrer sur Soissons et au delà, tandis que la IIe armée se retire sur la … Vesle, aile gauche à Thuizy, von Moltke libelle, le 11 septembre, ses derniers ordres qui ont pour objet de masser le plus de troupes possible dans la région de Reims. Ces ordres établissent que des renseignements sûrs (dont nous ignorons l’origine) permettent de | prévoir que le haut commandement français envisage une attaque avec de très grandes forces contre l'aile gauche de la II® armée et contre la IIIe armée. En conséquence, les armées de l’est devaient se rapprocher le plus possible du point de Thuizy (est de Reims) qui, à la jonction de la Ie et de la IIIe armée, devenait capital pour le sort de l’armée allemande. En plus, les troupes arrivant … de l'arrière, c’est-à-dire de l’armée von Heeringen, devaient être
| poussées en avant, à l’est de Laon. Ainsi, autant qu’on le pouvait, la fissure était couverte.
- Par contre, la 5° armée française exécute ses ordres. Dans la journée du 10, marchant sur un ennemi qui abandonne le terrain, . elle se dirige droit au nord : le {8 corps (qui forme détactioients prenant pour objectif Vailly, le groupe des divisions de réserve du général Valabrègue, qui s’est intercalé entre le 18 corps et le » 3° corps, marchera sur Braisne, le 3 corps (général Hache) sur Bazoches, le 1 corps (Deligny) sur Courville ; quant au 10€ corps (général Désforges), il opérera avec la 9% armée. Le haut commandement est avisé probablement de l'effort fait par l'ennemi pour concentrer des forces sur le point où doit avoir lieu la bataille de rupture : car ses interventions pour le 11 indiquent, avec une grande netteté, la marche vers Le nord-est; . le corps de cavalerie ira donc passer à Fismes, comme nous l’avons dit, le 18° corps se dirigera vers Breuil-sur-Vesle, le groupe des . divisions de réserve vers Jonchery, le 3% corps vers Muizon, le 1e corps vers Champigny et le 10€ corps à sa droite. Ainsi donc, . tous à l’ouest de Reims.
Cependant, il se produit là un de ces incidents qui était la suite - logique de la double mission confiée à la 5° armée. Tandis que ses > corps progressent un peu lentement dans la région d’entre Châ- teau-Thierry et Épernay, au cours de la journée du 11, le retard - que nous avons signalé à propos de l’armée britannique produit son effet dans la région de Vailly. De Soissons à Venizel, la ligne - d’offensive est des plus minces. On éprouve le besoin de la renforcer. En conséquence, voici les gros de la 5° armée tirés à l’est pour combattre, la gauche en avant, en vue d’aider la 9 armée, mais . voici l’aile gauche de cette même armée ayant pour ordre « de - s'orienter, le cas échéant, au nord de l'Aisne, pour agir contre les . forces allemandes signalées vers Soissons », c’est-à-dire s’efforcer - de seconder le plus possible l’armée britannique, à l’ouest. Ainsi se produit une sorte de dédoublement dans le front de la - 5e armée : d’une part, son détachement de gauche (Maud’huy et - corps de cavalerie) est tiré à l’ouest pour prêter la main à l’armée britannique dans son assaut contre le Chemin des Dames ; d’autre » part, le 10€ corps ne peut plus quitter la % armée, car les armées allemandes se renforcent en face de celle-ci à Thuizy. Que reste-t-il . de troupes à Franchet d’Esperey pour la manœuvre dans la fissure ? Juste trois corps, le 3, le 4er et le groupe des divisions de réserve. © est peu.
… Et, pourtant, il faut arriver à Château-Porcien : sinon, les ren-
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