‹ La bataille de la MarneChapitre 75 sur 102 · C. ” x UE CNT PMR · texte numérisé non relu

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forts de l'ennemi nous précèdent et, grâce à eux, il contrebat la manœuvre française : 4° en faisant front au point menacé, c’est-à dire entre Craonne et Neufchâtel, sur les deux côtés du couloir d’Amifontaine et sur le chemin de Château-Porcien-Rethel; Zen s’enterrant partout ailleurs : c’est, en somme, la simple application du système de Schlieffen signalé, dès 1912, par le commandant Thomasson, attentif observateur des grandes manœuvres allemandes.

Nous avons dit le rôle du 18 corps sur le plateau de Paissy. Il frappe, le 12 et le 13, à la porte d’Hurtebise, c’est-à-dire au pédoneule de ce plateau, qui donne, à la fois, l’issue par le couloir d’Amifontaine et l’entrée dans la plaine de Laon ; il débouche sur PAilette, au poteau d’Aiïlles, en direction de Braye-en-Laonnois. Mais que se passe-t-il aux autres corps qui agissent dans Ja plaine?

L'armée, dit un document, s’efforce de réaliser le dispositif suivant : centre en avant (3° corps d’armée), appuyé en arrière et à droite par les 4er et 10€ corps, en arrière et à gauche par le 18 corps, le groupe des divisions de réserve suivant derrière les 3 et 18 corps d’armée. Cela donne donc une direction générale : 1482 corps : Amifontaine, Neufchâtel, Guignicourt ; — G. D. R. : Aguilcourt, Hermonville, la Neuville ; — 3e corps : Asfeld, Brienne, Houdilcourt ; — 1% corps, un peu en arrière : Bourgogne, Bazancourt, Bétheny ; — 10€ corps, plus en arrière encore : Vitry-lès-Reims, Cernay, Lavannes.

Observez les relations avec les points indiqués dans les ordres allemands de Saint-Thierry et de Thuizy. Le corps de cavalerie a reçu pour mission de se porter dans la région de Berry-au-Bar, Guignicourt, Damary, couvrant le flanc nord du 18 corps et éclairant vers Laon et Sissonne. I] doit tenir en fin de marche les débouchés nord de Pontavert et de Berry-au-Bac. En somme, on pénétrerait dans les « passages » par Sissonne et Rethel vers la Belgique. Mais le corps de cavalerie n’a pas encore passé les collines : au sud de l’Aisne ; la 4 division ne peut déboucher au nord de la . rivière. C’est un grave retard. 14

À ce même moment, l’ennemi, d’après les radios saisis par l’armée britannique, est extrêmement embarrassé et en grand désordre » sur la rive droite de l’Aisne : si on arrivait à temps et en forces, on trouverait, pendant quelques heures encore, tout son front dilué encore au pied du Chemin des Dames. “

Mais il faut arriver sans une minute de retard et agir tout de suite. Or, le 12 au soir, un nouveau retard et surtout un nouveau dé-. placement de forces se produit : le 427 corps est occupé à une entrée. solennelle qui a lieu à Reims ; il ne se trouve pas sur la ligne d’of-

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fensive ; en outre, tout le reste de l’armée fait un à droile qui, mettant au point le plus sensible (droite du couloir d’Amifontaine) le groupe des divisions de réserve, confie à ce groupe la mission de percer à l’endroit précisément où les renforts ennemis vont intervenir. L'ordre de la 5° armée est donc le suivant pour le 13 (daté du 12 à 21 heures) : Corps de cavalerie au nord, vers Sissonne. — 18 corps : Goudelaincourt, Saint-Thomas, Sainte-Croix, château de la Bove. — Groupe des divisions de réserve : Amifonfaine, Prouvais. — 3 corps : Villers-devant-le-Thour, Saint-Germainmont, Blanzy (aux approches de Château-Porcien).

Or, c’est à ce moment même que vont commencer les plus graves réactions de l’ennemi. Une partie du VII corps de réserve allemand part de Laon pour Hurtebise quand l’ordre de Franchet d’Esperey parvient aux corps. L’on constate, en même temps, que la situation s'aggrave autour de Reims : l'ennemi tient les forts ou les hauteurs de la Pompelle, Berru, fort de Fresnes, hauteurs ouest de Brimont. C’est donc le groupe des divisions de réserve et le 3° corps qui vont avoir à porter le coup suprême dans la fissure : ce sont ces deux corps, et ces deux corps seuls qui, dans la journée du 13, feront office de masse de manœuvre. Dans quelles conditions leur marche s’est-elle opérée jusqu’à cette minute précise et comment vont-ils agir dans cette journée qui va devenir décisive?

Le groupe des divisions de réserve a exécuté les ordres suivants pendant la première partie de la poursuite : le 10, il se porte en une seule colonne pour passer la Marne à Mézy, par Montlevon, Courboin et Crézancy ; à sa gauche, il est en liaison avec le 18 corps qui se serre sur Château-Thierry, et, à sa droite, avec le 32 corps en marche sur Jaulgonne. « Les villages abandonnés sont dans un état désolant : les portes et les fenêtres éventrées, tout l’intérieur rempli de meubles détruits, d’effets et de linges, répandus parmi

les immondices. Le quartier général s’installe au château de Fossé. |

L'état dans lequel nous l'avons trouvé est indescriptible. On dirait qu’il a été mis à sac du rez-de-chaussée au grenier ; avec cela,

d’une saleté repoussante. Nous le faisons nettoyer de notre mieux

par les prisonniers allemands. »

La Marne franchie sur un pont de bateaux construit par les équipages de pont du 18 corps, les ordres pour la journée du 11 sep-

tembre sont les suivants : « L’ennemi, retraitant en hâte devant

l’armée anglaise et les 5e, 6e et 9 armées, s’est replié dans la direc-

tion générale du nord et du nord-est. La 59 armée, en liaison avec w

l'armée anglaise, doit continuer la poursuite. Un groupement

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D ent de notre cavalerie est entré dans Fère-en-Tardenois r Len sur notre front. » Mais dans la journée du 11, les ordres de marche vers le nord sont modifiés, comme nous l'avons dit, É par des ordres pour une direction nord-est « par suite du mouvement de retraite des armées allemandes qui se retirent vers l’est », Le groupe quitte donc la direction de Fère-en-Tardenois pour prendre celle de Fismes par Jaulgonne, le Charmel, Cierges, Dravek gny. Le soir du 11, le bivouac est pris sans SA autour de Dravegny.

. Nouvelle modification pour la journée du 12 : ete encore . plus à l’est dans la direction de Jonchery-sur-Vesle, la 4e division . de cavalerie éclairant la route, au delà de la Vesle, vers Hermon- - ville, Saint-Thierry et la ferme du Godat. C’est, franchement, la

- trouée d’Amifontaine. La marche, dans cette journée du 12, se . fait sans aucune difficulté, jusqu’à Jonchery et au delà.

» Jusqu'ici le corps n’est pas en première ligne : « Demain, 13 sep- -tembre, la poursuite doit continuer vers le nord-est, La 5° armée se portera en direction générale : Château-l 1rcien (c’est bien la marche sur Rethel). Le 4° goupe des divisions de réserve doit suivre en deuxième ligne derrière le 18 corps. » Mais, au cours de

a nuit, un changement se produit : le groupe passe en première ligne. Il doit se contenir un peu à gauche et arriver au canal de .lAisne par Cormicy. C’est donc en direction de la trouée d’Amifon- ‘taine et le groupe aura la charge de l’opération principale. Dès la première heure, il se met en mouvement ; l’ordre de marche est le suivant : à gauche, le 18 corps qui emprunte, comme nous l'avons dit, l'itinéraire Pontavert, la Ville-aux-Bois-Corbeny et qui, par conséquent, progresse sur le flanc du plateau de Craonne- E urtebise ; au milieu, la 53e division qi pénètre en plein dans es

à Guignicourt et qui se portera sur Prouvais, pour couvrir à l’est | manœuvre dans la trouée.

… Rendons-nous compte que le général Conneau a son quartier énéral à Amifontaine, que son corps de cavalerie patrouille en à ant jusqu’à la Malmaison et Sissonne, qu'il trouve le terrain libre d’ennemis et qu’on peut se croire en mesure de tourner vers a Serre le redoutable massif. Tout se passe on ne peut mieux dans a matinée du 13 : « Nous atteignons Berry-au-Bac et progressons au delà de l'Aisne. Nous nous emparons vivement de Condé-sur-Suippe t d'Aguilcourt. Nous prenons pied à Prouvais et Juvincourt.…. » DT. 11. 21

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Voici, maintenant, les ordres pour la journée décisive, le 13:

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Mais voici que tout change. « Au cours de l’après-midi, dit un récit, le 32 corps recule à notre droite et le 18 corps, à notre gauche, ne peut se maintenir à Corbeny et Craonne. Le soir, nous sommes repoussés d’Aguilcourt et de Condé-sur-Suippe par une violente attaque. Nous restons maîtres des hauteurs cotées 91 et 100 entre le canal et la Suippe. » Que s’est-il passé?

Nous avons le carnet de route d’un officier de « la pointe d’avantgarde ». Ainsi nous sommes à même de suivre, de visu en quelque sorte, le combat où se heurtent les deux manœuvres, la poursuite française et la contre-attaque allemande :

Ce matin, écrit un officier du 332, ma compagnie, la 232, est tête d'avant-garde de la 6% division. Peu ou pas de cavalerie ; car celle-ci est sur les dents. Nous partons ; il fait beau. Nous descendons par une route rapide sur Hermonville et Cauroy-les-Hermonville. La population nous apporte tout ce qu’elle peut nous donner. Nous traversons rapidement les deux villages et approchons de la route de Reims à Laon. Les 77 commencent à rappliquer et jalonnent notre route. Nous nous engageons sur la route elle-même, en tournant à gauche vers Berry-au-Bac. À ce moment, un ordre arrive : la compagnie devient flanc-garde du régiment et pendant que celui-ci continue sur Berry-au- Bac, nous déboîtons à droite et marchons sur le canal de l’Aisne, vers la Maison-Blanche. Je suis en pointe d'avant-garde : aussi je puis voir . enfin quelque chose et agir. Nos deux éclaireurs de pointe et moi, nous partons, nous franchissons le pont du canal et nous nous engageons dans un chemin assez couvert qui longe les murs extérieurs de la ferme . du Godat. À ce moment, deux dragons arrivent et me disent, qu’au bout du chemin, se trouvent des uhlans. Je fais mettre la baïonnette et nous « courons pour tâcher de les surprendre. Nous atteignons le bout du chemin : mais les uhlans se sont envolés. À gauche s’ouvre la porte de la ferme : en nous voyant, les habitants accourent pleins de joie et nous confirment le départ précipité des éclaireurs ennemis. Devant moi, un léger talus que je fais occuper et organiser pour couvrir le débouché du pont. Je fais savoir à mon capitaine qu’il peut passer : la compagnie passe et nous reprenons notre progression en avant avec précaution. Sur ma droite, un bois de sapins suspect.

Un demi-escadron de chasseurs à cheval nous dépasse au galop. Pe de temps après, nous entendons une fusillade assez vive en avant. L chasseurs ramènent les deux uhlans prisonniers. Nous abordons la crêt boisée et fouillons les bois. Rien. La crête franchie, devant nous des: cend la plaine vide au loin, à 2 kilomètres environ. Le cours de la Suipp se devine avec sa rangée de saules et de peupliers. Sur la Suippe mêm un village tout blanc dans le soleil, Aguilcourt. Un chemin de terr nous y conduit. Il est 9 heures environ.

A ce moment, sur notre gauche, descendant vers nous, paraît, à 2 kil mètres environ, une formation très dense de cavalerie ennemie, division à peu près avec de l’artillerie. Nous prenons la formati déployée. Ah ! si nous avions du canon... Nous nous attendons à ê chargés. Mais la cavalerie disparaît derrière un bois. À peine avons-n

quitté notre emplacement, qu ’une rafale de 105 vient le balayer. Ordre arrive au régiment d'occuper Aguilcourt et de s’y organiser. Ce qui est fait. On organise le village. Il est 10 heures. Les premiers éléments de la brigade du 287€ viennent prolonger à notre droite la ligne de combat. A peine en ligne, les 105 allemands rappliquent.

A 11 heures, nous apprenons que notre division a passé l’Aisne, mais qu’elle s’est heurtée à des forces supérieures, et qu’elle doit repasser la rivière. Et voici ce qu’on attend de nous : le général Rousseau fait appeler le commandant Réal et lui dit qu’il faut que nous tenions trois heures pour donner le temps à la division de se décrocher et de repasser l’Aisne. Elle est trop en l’air pour rester ici. Je reçois l’ordre d’aller me

poster avec mon peloton en arrière et à gauche du bataillon, derrière . un groupe de meules ; le 2€ peloton de la compagnie part pour renforcer la compagnie occupant le village, lequel est fortement attaqué. Nous ne l’avons jamais revu. Les balles pleuvent ; plusieurs des hommes sont . touchés, Les premiers de la journée. Au même moment, les batteries boches qui occupent les hauteurs nord entourant le village tirent vers nous. Le village est bombardé, attaqué, il est pris. Je dois m’organiser, - maintenant, contre le village où se masse l’ennemi. J’organise rapide- | ment un semblant de barricades avec des bottes de paille et des fagots. ; Nous sommes à 300 mètres du village, dont les premières maisons nous - font face et nous dominent. La rue principale s’ouvre un peu oblique- . ment et nous ne discernons pas ce qui se passe à l’intérieur. Brusque- - ment, un grouillement gris. C’est l’ennemi. Je fais ouvrir le feu. A cette - distance, tous les coups portent. L’ennemi se plaque. ‘à Il est 3 heures. La 22° compagnie est prise d’écharpe par les mitrail- … leuses allemandes qui viennent d’être placées dans les greniers d’Aguil- - court. Elle est décimée. Son capitaine, le capitaine Ulrich, tombe l’un … des premiers. Spectacle impressionnant de ces hommes qui, l’arme à la main, en ordre et au pas, se retirent sous une grêle de balles. Pas un ne » parvient à faire plus de 200 mètres. Ils tombent par grappes. … De même la 21° compagnie, dont le capitaine Simon vient d’être - biessé d’un éclat d’obus, esquisse aussi un mouvement de retraite, mais se fait aussi détruire.

Il ne restait donc plus personne sur ma droite et au-devant de moi. « Ma petite troupe se forme en demi-cercle. Le capitaine de La Cour me rejoint. Il est blessé d’une balle qui lui fracasse le poignet gauche. - Peu à peu viennent se réfugier autour de nous les blessés du bataillon, - cherchant un abri derrière les meules qui forment autour de la petite “troupe comme un redan... Il est 5 heures. Mon peloton seul soutient — encore le feu. Le commandant Réal est en avant de nous ; il a pris un mumfusil et fait le coup de feu ; il est blessé peu après d’un éclat d’obus et tombe évanoui. Mon capitaine et moi nous entretenons le combat avec notre petite troupe qui, maintenant, forme un cercle complet, car l'ennemi, qui a filtré autour de nous, nous cerne à droite et à - gauche.

… Vers 6 heures du soir, voyant que nous allons être complètement entourés, nous rassemblons les hommes valides, une douzaine, pour “essayer de gagner un bois de sapins qui se trouve à un kilomètre de nous. À ce moment, je suis blessé d’une balle qui me brise l’avant-bras di droit, Nous partons quand même sous un ouragan de balles, Mais nous

tombons sur une ligne d’Allemands qui a formé le cercle autour de nous (1)...

Le bataillon avait tenu, non pas trois heures, mais neuf heures, et la division, qui avait eu le temps de se décrocher, était venue s’établir sur le canal au nord de Cormiey.

Il est facile de reconstituer, à l’aide de ces précisions, l'événement qui se produit dans la journée du 13, en plein dans cette trouée d’Amifontaine qui va décider de la bataille de rupture et de la manœuvre sur le massif de Laon-Coucy, par l’est. Au début de la journée, pas d’ennemi devant la cavalerie ni devant le corps des divisions de réserve. Ils avancent sans coup férir, tandis que le 18 corps les protège du haut du plateau de Craonne et s’avance lui-même sur Hurtebise, qui est la clef de la position. Mais peu à peu les premières avant- -gardes ennemies paraissent : d’abord les uhlans, puis la cavalerie, puis une puissante artillerie : c’est la 28e brigade du VITE corps de réserve qui a quitté Laon dans la nuit … du 12 au 13 et que suit le reste du corps d'armée; c’est bientôt le XVe corps de l’armée von Heeringen qui va déboucher sur Corbeny et la trouée d’Amifontaine. À Hurtebise, contre-attaque violente, sur le 18 corps. À Condé-sur-Suippe, à Aguilcourt, “ contre-attaque violente sur les divisions de réserve : c’est la 13e division du VII corps ; elle tient la droite de Bülow depuis l’Aisne et Aguilcourt jusqu’à Berméricourt, où elle se relie à la 142 division qui tient Brimont. En un mot, c’est la manœuvre de von Bülow, lançant ses troupes et ses renforts dans la coupure, : qui prend forme. Ce soir même, 13 septembre, von Stein va ap- | porter aux quartiers généraux des IIIe, IVe et Ve armées l’ordre de l’empereur de céder un corps de chacune de ces armées (XIE, XVIII, XIIIe) pour renforcer encore le front de Bülow et la trouée d’Amifontaine. On va donc trouver 1ic1 des forces imposantes, partout ailleurs des positions retranchées. L’Aiïsne est franchie, maïs elle n’est pas dépassée. Ainsi commence la rude bataille qui portera le nom de cette rivière.

La situation se compliquait encore à l’est, où combattait le. 32 corps.

Nous avons laissé le 32 corps décidant du sort de la bataille de la Marne par son vigoureux « à droite », dans la journée du 9, I} prend la poursuite dès le 10, en direction de Jaulgonne. Le 7€ chas seurs, qui l’éclaire, occupe Jaulgonne à 10 heures, après un comba

(4) Carnet de route du lieutenant G. Hanotaux, du 332,

franchi la Marne (1). A 16 heures, la 5€ division est établie entre Rozoy et Tréloup ; le mouvement se dessine vers Ville-en-Tardenois et Reims.

Mais, le 11, la direction donnée à toute l’armée vers l’est est assi- gnée au 3% corps. On apprend que des troupes ennemies, et en particulier de la cavalerie, ont passé la nuit à Goussancourt, Coulonges et Vézilly, c’est-à-dire entre Fismes et Reims ; le gros de ces troupes était encore à Cougny entre 11 heures et midi. On s’approche et on les cherche au nord de Lagery, où le général Hache établit son poste de commandement.

. La cavalerie prend les devants ; elle patrouille, le 12 au matin, F- dans la région de Muizon, passe la Vesle et reçoit des coups de fusil sur les lisières nord ainsi que sur les hauteurs nord de la Vesle. A midi 15, on est aux approches de Reims ; mais la 5€ division,

- de forces ennemies qui paraissent vouloir tenter une contreoffensive, débouchant de la Neuvillette sur Champigny, et on - apprend, en même temps, que le 4 corps a engagé son artillerie » aux approches de Reims. En fin de journée, la 6e division est au . delà de la rivière à Châlons-sur-Vesle, mais la 5 division reste à Gueux, surveillant les mouvements de l’ennemi.

Cette journée du 13 devient aussi grave autour de Reims qu’elle . Pest à la trouée d’Amifontaine ; mais ici la résistance a un tout autre caractère : les manifestations de l’ennemi sont appuyées sur » des positions formidables, dont il a su tirer parti dans sa retraite, « ce sont les forts du camp retranché de Reims qui, pendant de longues années, donneront tant de mal à nos troupes. L'armée de Bülow les tient avec le X€ corps de réserve de Courcy à Cernay, - le X corps de Cernay à la Pompelle, la Garde de la Pompelle à Prosnes.

. La cavalerie du 3% corps, qui tente de passer le canal de la Marne, est arrêtée en face de Courcy. La 6€ division suit de près par Loivre et se met en mesure de seconder la cavalerie sur ce point : à 9 heures

“ce qui se passe au centre : l'artillerie lourde ennemie est installée à Brimont ; elle est difficile à contrebattre, en raison de la situation

(1) Voir le récit de l’affaire de Jaulgonne dans Marcel DUPONT, En campagne,

qui a pour instruction de se porter sur Gueux, signale la présence

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