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propre pays, de même que les troupes de la vieille Prusse combat- 4 . taient contre les armées russes pour la Russie pour la défense de ro. » Ja frontière orientale. Ainsi, tout se tient. Le particularisme alle- < . mand, le particularisme des populations du centre, avait sa satis- > … faction en même temps que la haute stratégie découlant des prin- +4 cipes de von Schlieffen. œ. 4 … Ceci nous amène à la curieuse insinuation de Hindenburg, k | dénonçant, non sans y avoir mûrement réfléchi, l'initiative intem- *È pestive d’un commandement subordonné. NE de la grande +4 défaite allemande est peut-être dans ces mots jetés comme par 2 hasard. Quel peut bien être le général visé par ce vocable énigma- Lbique : un commandement subordonné? La réserve même avec laquelle UE cette allusion est glissée prouve qu'il s’agit d’une individualité è % considérable. Deux noms viennent à l’esprit : le kronprinz impé- “4 rial ou le kronprinz de Bavière. Le kronprinz impérial combat en de “Argonne ; la phrase ne peut s’appliquer à lui. Reste le kronprinz +2 de Bavière. S'il s’agit de lui, tout s'explique. ‘EN À Une confirmation éclatante de cette hypothèse a d’ailleurs été S\
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apportée depuis par un récit du éslonèl von Ruith tb. Le AS | prinz de Bavière avait le commandement supérieur des forces d’Alsace-Lorraine, composées des corps bavaroiïs et badois et des autres corps occupant l'Alsace-Lorraine, précisément celles qui, dans cette région, combattaient à proximité de leurs foyers, pro F aris et focis. Le colonel von Ruith nous apprend que Rupprecht de Bavière avait reçu de Moltke la mission soit de prendre l'offensive en aval de Frouard, soit, s’il était contraint de retraiter, de ne laisser « à aucun moment » peser une menace sur le faune | gauche allemand (c’est-à-dire attaquer encore avec toutes ses forces). Bien résolu à l'offensive, Rupprecht de Bavière ne tient aucun compte des conseils de prudence de von Moltke, de von Stein, de von Dommes. Z! rend compte qu’il attaque, et cette attaque est un succès : c’est Morhange. Les troupes sont emportées par l'ivresse de la victoire. Il ne suffit pas de repousser l'ennemi, il faut le poursuivre, achever. A cet appel, à cette exigence de toute une armée, de tout un peuple menacé, comment le chef, Bavarois lui-même, ne répondrait-il pas? Et d’ailleurs, Moltke sort de sa réserve et, le 23, ul prescrit de poursuivre « vigoureusement vers le sud » et de « couper en deux » les forces françaises | entre Nancy et les Vosges. On ne songe nullement à attendre que l'aile droite ait achevé le grand tour par l’ouest. On saisit l’occasion d'accomplir le vaste dessein de la tenaille. Ainsi Rupprecht de Bavière, de sa propre initiative (comme dit Hindenburg), mais autorisé, après coup, par le haut commandement, court au-devant de l’échec qu’il subit bientôt à la trouée de Charmes et au Grand- Couronné. Ainsi, il brise la force de cette belle armée de Lorraine sur laquelle on comptait pour encercler l'ennemi. Et, par contre, . il permet à Joffre de lui asséner à lui-même un coup décisif avec . sa propre « force de l’est ». | Telle serait donc, avec toutes ces données, la véritable cause | de cette défaite irréparable, dont von Kluck et Hindenburg se. sont plaints, par la suite, si amèrement. Justification absolument topique des dispositions prises par le général Joffre quand il. maintenait dans l’est les forces nécessaires pour parer à ce coup brutal. L Ainsi s'établit, de l’aveu même de l’ennemi, le mérite d’une décision qui assura aux armées françaises les rapides succès de. Lorraine et d'Alsace, qui permit à Joffre d'emprunter à ces mêmes
(1) Voir, dans Reoue de France du 15 mai 1922, un article du commandant de Mierry, confirmant l’hypothèse que nous avions émise antérieurement.
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armée brins les corps qui constitueront Due FAN. + bientôt après les corps qui, pendant toute la durée de la bataille F4 la Marne, alimenteront et consolideront son front aux marais x de Saint-Gond, à Vitry-le-François, à la trouée de Bar-le-Duc. Er Ainsi se trouve réfuté le reproche fait à Joffre de n’avoir pas mis +00 . toutes ses-forces sur son aile gauche pour parer à la manœuvre allemande par la Belgique.
Ainsi nous en venons aux critiques formulées contre le haut + état-major français au sujet du plan 17 : on l’accuse de s’être systématiquement refusé à admettre que la manœuvre alle- . mande comportait surtout un mouvement d’aile droite menaçant k | Paris par un grand détour accompli sur la rive droite de la . Meuse; on reproche au général Joffre d’avoir ignoré la force sé ys des armées allemandes opérant sur le territoire belge ; on É . lui reproche d’avoir donné des mains à la doctrine de l'offensive soit stratégique, soit tactique, ce qui aurait amené les premières RE défaites sur la frontière et, en conséquence, la retraite sur la | | Marne avec l’abandon te partie considérable du territoire à français et, en particulier, de la région de Briey. { L D nent, la bataille des Frontières a été, pour les armées françaises, un très grave échec. Sans insister sur les erreurs d’exé- 3 cution auxquelles fait allusion le document officiel « Rapport aux a. ambassadeurs », on ne peut nier que les armées françaises jetées à limproviste sur le territoire de la Lorraine annexée préparé de longue main par la science militaire allemande, puis dans la région des Ardennes, et enfin en plein Borinage dans les bas-fonds de la ARR Sambre, ont été aux prises avec des difficultés inouïes, que le A | procédé tactique de l’offensive en bourrade ne parvint pas à vaincre, tout au contraire. e Deux points, pourtant, sont à examiner : convenait-il, selon la 16 conception qui fut, tout d’abord, celle du général Lanrezac, de * jeter notre 5° armée plus au nord, de la laisser s’enfoncer même ; sur le territoire belge pour tenter de contre-envelopper l'aile droite Ù allemande, et cela sans attendre l’arrivée de l’armée anglaise, sans < tre renseigné complètement sur le plan de l’ennemi qui se tenait, jusqu’au 18, à l'affût derrière la Gette ? Il ne paraît pas douteux que l'ennemi nous attendait là et qu’il escomptait la fougue française e portant imprudemment au secours de l’armée belge, pour nous fliger, à proximité de Bruxelles, un autre Waterloo (1). Joffre,
(1) Il résulte de l’ouvrage capital publié par le général belge de Rickel, confirant nos exposés, que, dès le début de la guerre, un dissentiment grave s’est roduit dans le grand état-major belge, les uns demandant la jonction des armées
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St redevint initie de sa manœuvre dès que ses pr U « décrochées »et battirent en retraite non sans avoir i rudes pertes à l'ennemi.
Des fautes tactiques furent commises, il est vrai, et la bataille
des Frontières trompa les espérances du commandement français ;
elle pesa lourdement sur la suite de la campagne.
Ceci dit, on ne peut nier que les Allemands avaient tous les
avantages d’une longue préparation, bien qu’ils n’aient pas caché, autant qu’on l’a cru, l'emploi qu'ils faisaient de leurs corps de
réserve et de leur artillerie lourde (1). Leur offensive en Belgique
par la rive droite de la Meuse et dans le Luxembourg belge était savamment dissimulée et ils nous ont infligé, au prix de lourds sacrifices, une défaite sanglante. Telles furent leurs incontestables supériorités : celles de la préparation occulte et de la surprise brutale.
Mais a-t-on énuméré leurs fautes? L'attaque brusquée et manquée sur Liége, l’extension excessive de la manœuvre de von Kluck
qui, dès le 11 août, étudiait les conditions de l'attaque d'Anvers, et quelques jours plus tard, donnait à sa cavalerie l’ordre de recon-
naître jusque vers Gand et Thourout, c’est-à-dire Le long de la côte, l'offensive en ordre dispersé des trois armées, von Kluck, von Bülow et von. Hausen, qui n’ont su obtenir aucun résultat décisif, ni à Mons, ni à Charleroi, ni dans les Ardennes, leurs défaites immédiates à Étain, à la trouée de Charmes, sur la Mortagne, en Alsace ; et, par-dessus tout, leur incapacité stratégique de parer aux coups
belges avec les armées françaises sur la Sambre pour opérer en rase campagne, les autres se prononçant pour la simple défensive avec repli immédiat dans le camp retranché d'Anvers, alors que l’on n’ignorait plus « que les forts ne résisteraient pas aux gros canons allemands ». Si l’armée belge se ralliait à la première manière de voir, le haut commandement français proposait d'envoyer immédiatement cinq corps d'armée en Belgique. Mais le grand commandement belge
se prononça pour le repli sur Anvers. Ce serait, sans doute, cette résolution qui . aurait décidé notre haut commandement français à ne pas se risquer sur le
territoire belge sans l’appui et malgré la volonté du gouvernement de ce pays. Ainsi s’expliqueraient ces hésitations du haut commandement français que le
général Lanrezac lui reproche si amèrement. Il attendait, sans doute, pour se .
prononcer lui-même, de savoir à quoi s’en tenir sur le parti que prendrait la Bel-
gique. Ces faits une fois connus, il devient évident que la prudence du général -
Joffre lui a permis d'échapper au plus effroyable des dangers, car la 5° armée aventurée en Belgique sans l’appui sérieux des armées belge et anglaise, entourée par l’armée allemande qui occupait alors le pays de Liége, le cours de la Meuse jusqu’à Huy et les deux Luxembourg, se fût trouvée exposée à un péril presque immédiat d’enveloppement et probablement à un désastre.
(1) Voir à ce sujet général DUPONT, Le Haut Commandement allemand en 1914 (Chapelot, 1922).
rase MATE
PR . PE F @ F ny NSIDÉRATIONS SUR LA BATAILLE DE LA MARNE 401
; Fe. de Joffre au Cateau, à Guise, à Signy-l’Abbaye, sur la Meuse, qui les amena pantelants à la bataille de la Marne? Il
. suffit de lire leurs publications officielles pour voir à quel point
ils étaient ébranlés dès la bataille des Frontières.
Leur plan sur le front occidental consistait, en somme, à vaincre . l’armée française d’un seul coup, « sans crier gare », dit le kronprinz. Cette bataille décisive, ils n’ont pas su la gagner dès la pre-
mière rencontre. Contrairement à tous leurs projets, ils étaient . obligés de s’y reprendre à plusieurs fois. Mais alors leur plan même - s’écroulait : leur adversaire étant averti, cette seconde bataille, cet » « encerclement en grand », selon rentes de von Tappen, ne pou- - vait plus être un «Cannes » : elle devint la « bataille de la Marne ». - Quant aux critiques qui vont affirmant que la puissance militaire allemande pouvait être abattue d’un seul coup par une bataille
soit en Belgique, soit sur la frontière, ils abusent vraiment. Ni une bataille, ni deux batailles, ni même une campagne ou plu-
sieurs campagnes ne devaient malheureusement suffire pour mettre » un pareil ennemi à terre. Le bon sens l'indique, les faits posté- . rieurs l’établissent. Le peuple allemand, robuste et déterminé, avait la vie dure ; le gouvernement impérial sentait bien que son ; | propre sort était LR à celui de la guerre ; ce n’est pas à la . première passe d’armes que l’un et l’autre s’avoueraient vaincus. Aïnsi, une «bataille de la Marne » était stratégiquement néces- . saire. Qu’elle se fût livrée plus au nord et en avant de Paris, elle . eût été plus efficace sans doute, mais, assurément, elle n’eût pas suffi.
: De toutes façons, il est permis de conclure que l’ensemble de la - première campagne forme un drame unique dont les trois actes . ne peuvent être séparés. On ne peut comprendre cet immense évé- * nement historique, si l’on ne reconnaît pas que la bataille des Frontières et la retraite stratégique sont une seule et même entreprise de destruction du plan original allemand, entreprise qui a | pour conclusion la victoire de la Marne.
français, les sentiments les plus douloureux : un succès militaire, si grand qu'il fût, devait-il être acquis au prix du sacrifice qu'il fallut faire à l’ennemi d’une partie considérable du territoire national? Des années de lutte furent nécessaires pour reprendre ce territoire : un pareil recul n’eût-il pas pu être évité?
. C'est sur ce point qu’a porté principalement l'enquête parle- mentaire consacrée à la question du territoire de Briey et qui paraît, | T. IL 26
b | Reste l’objection finale, celle qui éveille, dans tous les cœurs
industrielle de Briey est ESoR du éaérifice nl è re | faire les armées françaises en se retirant sur la Marne. Si la | bat aille des Frontières eût été une victoire, la question ne se serait pas < posée. Elle se pose donc dans la forme suivante : valait-il mieux, une fois l'ennemi arrivé sur la frontière par la violation de la neu- . tralité belge, valait-il mieux prendre une position retranchée, défendre le territoire français pied à pied, ligne à ligne, motte à motte, ou était-il préférable de ramener les troupes en arrière, en vue d’une grande bataille, pour obtenir la victoire?
Posée ainsi, et uniquement au point de vue militaire, la question est résolue : pas un théoricien connaissant la guerre, pas un capitaine expérimenté n’hésiteraient : c’est la victoire qui importe. A moins de s’enfermer dans une place forte, avec la quasi-certitude d’être obligé de capituler, comme on le fit à Metz et à Paris en 1870, tout général digne de ce nom se serait considéré comme obligé de prendre du champ, de rameuter ses troupes et de préparer une nouvelle bataille de manœuvre.
Malheureusement, pour obtenir précisément ce champ indispensable, c’est une vaste région française qu’il fallait abandonner. Il convient d'observer que tous les plans de guerre français antérieurs au plan 17 avaient admis, dès le début des hostilités, l'abandon d’une certaine partie du territoire français. Même si l’on se battait sur la ligne Laon-Reims-Verdun, ainsi qu’il résultait des plans antérieurs s’attachant plutôt à un système de défensive-offensive, une région très importante, très riche de la France et, en particulier, les départements du Nord étaient exposés à l'ennemi. Le . plan 17 put, grâce aux progrès remarquables apportés à la concentration par voie ferrée, gagner plusieurs jours, ce qui permit à ses auteurs d’envisager une offensive qui porterait, dès le début de la guerre, sur le territoire allemand. C’était là un progrès incontestable du nouveau plan, le plan 17. Et il eut l'avantage non moins incontestable de sauver de l'invasion Nancy et la Lorraine française.
La bataille des Frontières fut, en somme, livrée hors du territoire français ; elle suffit pour établir la volonté du haut commandement d'aborder l’ennemi avant qu’il eût touché le sol national.
Cette bataille n’ayant pas donné le résultat qu’on en atten-. dait, la retraite s’imposait avec ses funestes conséquences. Une seule question se pose alors : la bataille de .la Marne pouvait-elle être livrée sur une ligne plus voisine de la frontière? Nous avons dit ci-dessus les avantages de la position d’entre Seine et Marne :
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