‹ La bataille de la MarneChapitre 90 sur 102 · AA · texte numérisé non relu

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# est permis de se demander, cependant, si ces avantages o Veussent pas été à rechercher plutôt sur la ligne de Laon-Reimsen avant du massif de Saint-Gobain : et c’est parce qu'il & ya là une question vitale pour la France, qu’il y a lieu d’y insister. La guerre de 1914 a démontré, en effet, comme tout le cours de otre histoire, qu’en raison de la situation de Paris à proximité de # Ja frontière, toute guerre offensive venant du nord et de l’est, Rs : ; ’est-à-dire de la Belgique ou de l’Allemagne, fait chemin jusqu’à 528 - Paris, si elle n’est pas arrêtée à ce massif de Coucy-Laon-Saint- Gobain; car c’est ce massif qui défend mais qui, aussi, assiège 4 F”.

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naturellement Paris. En fait, la limite du camp retranché parisien est là : telle est la leçon maîtresse qui se dégage, encore une fois, de ces longues et terribles années.

| eu il eût été préférable infiniment que la « bataille de Paris » ES t livrée en avant de ce massif, Car, si on perdait ce massif, on “FLECR ait obligé de lutter de longues années pour le reprendre, comme e prouve cette lutte interminable pour la rivière d’Aisne, pour le EN 3 | Chemin des Dames, pour la crête de Champagne, en un mot pour pee: ette ligne entre Loon et Rethel qui est l’étape prolongée et dou- LE Joureuse de la seconde reprise française. De même qu'il avait fallu e à la dynastie des Capétiens de longs siècles pour abattre les Coucy, ni les Roucy, les Thomas de Marle, les Condé, en un mot les grands 3 féodaux maîtres de ce massif (1), de même il fallut les efforts inouis des armées de Joffre, de Nivelle, de Pétain et de Foch pour le À 7 econquérir, SOit veus l’attaquât de front, soit qu’on l’attaquât cd e flanc. La guerre n’a été gagnée que ani Laon a été délivrée. | . L'importance de ce massif avait-elle échappé, soit dans la pré- I paration, soit dans l’exécution, à l’attention de notre haut commandement, en vue de la guerre contre l'Allemagne? Ce serait absurde de le supposer, la ligne la Fère-Coucy-Laon-Reims, étant pr écisément de celles sur lesquelles se portaient, depuis de nombreuses années, les études des états-majors. La plupart des plans ar térieurs au plan 17 envisageaient la perspective d’une grande

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s (1) Voir dans mon volume, l'Aisne pendant la guerre, l'historique stratégique de la « bataille de l’Aisne », toujours décisive dans notre histoire.

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connue et repérée à fond ; elle était, en quelque sorte, la hantise «

nos chefs, non sans leur laisser, en même temps, Vins Ta risque que l’on courait à jouer le sort de Paris sur cette seule et. unique carte et si près de la capitale.

Quand le plan 17 décida de porter l'offensive en Los: la * droite du Rhin, avec la variante de Belgique et des Ardennes, parmi les raisons qui le firent adopter, figuraient assurément celle-ci : «se donner du jeu » à l’est et en avant de la ligne unique de l’Aisne ; disons en deux mots : détourner l’orage de Paris et le faire éclater plus en avant.

Les deux batailles des Frontières et de Lorraine pourraient être considérées ainsi comme un doublet, une sortie en avant du massif de Coucy-Saint-Gobain en le gardant comme réduit.

Mais cette sortie ne réussit pas et nous perdîmes la chance de combattre en pays ennemi; nous perdîmes même la ligne de la frontière. Lanrezac et French durent battre en retraite.

En une étape, leurs armées sont sur le massif de Saint-Gobain, à sa poterne, la Fère. Quelle est alors la conception qui vient à l'esprit du général Joffre? Livrer bataille encore une fois et précisément en avant de la poterne : c’est la bataille de Guise-la Fère. Il donne donc l’ordre écrit au général Lanrezac de la livrer, en même temps que Langle de Cary défend la Marne et Reims par les brillants combats livrés autour de Sedan.

Le texte de l’Instruction générale du 25 août ne laisse aucun doute. Joffre entend que la bataille soit livrée le 2 septembre en avant du massif de Saint-Gobain. L’alinéa huitième est ainsi : rédigé : « La 5° armée aura le gros de ses forces dans la région de Vermand-Saint-Quentin-Moy (front offensif) pour déboucher en direction générale de Bohain ; sa droite tenant la ligne La Fère- Laon-Craonne-Saint-Erme. » (C’est d’ailleurs exactement la bataille décisive du 8-10 octobre 1918 qui terminera victorieusement la guerre.)

On sait les raisons pour lesquelles cette décision, qui eût changé le caractère de la guerre, si elle se fût réalisée, ne put être maintenue : l’armée britannique, par sa retraite précipitée au sud de l'Aisne, causa la brèche dans laquelle s’engouffra la droite allemande. Joffre fut obligé d’établir sa ligne d’après le contour de la poche ainsi formée; d’ailleurs, il lui fallait le temps nécessaire pour monter sa manœuvre et attendre ses renforts de l’est : le massif de Saint-Gobain-Coucy fut donc abandonné. Mais c’est précisément sur le front sud de ce massif, sur la crête du Chemin

| consmméranrons sur LA BATAILLE DE LA MARNE 405 3 trie ,

| d e: “ que l'offensive française victorieuse, après la Dons des e la Marne, devait trouver bientôt sa première étape en remon- tant vers le nord.

| 4 L'importance de ce massif est ainsi démontrée dès le début de à le guerre. Si le territoire français fut envahi et souffrit si cruelle-

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