‹ La bataille de Navarin (1827) d'après les documents inédits des archives impériales RussesChapitre 23 sur 75 · LA BÆTAILLE DE NAVARIN · texte numérisé non relu

LA BÆTAILLE DE NAVARIN

l’escadre autrichienne, étaient des plus tendues, des plus anormales mêmé. Évs puissances à qui appartenaient ces cinq flottilles étaient en paix les unes avec les autres. Les gouvernements d'Angleterre, de France et d'Autriche ne doutaient pas que l'affaire re se passät sans effusion de

sang. "7

Il est très probable qu'a Pétersbourg on "en vRegeait plus sérieusement la question, quoiqu’on n’eût pas encore perdu l'espoir d’une solution pacifique. Seule, la Turquie s'attendait à la guerre et l'espérait. Soutenant depuis six années une lutte difficile non seulement avec les Grecs, mais avec la plupart des populations chrétiennes limitrophes de son empire, elle comptait fermement que cette situation allait avoir un dénouement san- . glant et heureux pour elle. Ainsi, première anomalie : des cinq grandes puissances dont les pavillons flottaient dans la mer

Égée et dans la mer lonienne, celle-là seule faisait des vœux pour la guerre, qui avait le plus lieu de la redouter. Autre anomalie plus saillante encore : pendant que toutes ces puissances avaient entre elles les relations en apparence les meil- . leures, pendant que leurs ambassadeurs conféraient amicalement, paisiblement à Constantinople, les escadres anglaise, russe et française remettaient à l’escadre turque de véritables ultimatums. L’escadre autrichienne contrecarrait sans cesse de la façon la plus audacieusement provocatrice toutes les instructions des alliés, en violant chaque jour sous les yeux de ceuxci les lois de la neutralité par les services qu’elle rendait aux Turcs, et le commandant en chef de l’escadre alliée adressait aux Autrichiens un uwlfimatum identique à celui qu'il envoyait aux Turcs.

Comme il fallait s’y attendre, les cordes tendues outre mesure par la diplomatie

devaient tôt ou tard se rompre et elles se rompirent avec éclat. Huit jours juste après la réunion des flottes alliées, le 8/20 octobre 1827, des milliers de coups de foudre transformèrent durant quatre heures le golfe de Navarin en une sorte d'enfer.

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