NAVARIN ET LA DIPLOMATIE
« Monsieur le vice-amiral Codrington, »
écrivait de Saint-Pétersbourg, le 8 novembre 1827, l'Empereur Nicolas Pavlovitch, « vous avez remporté une victoire dont l'Europe civilisée doit vous être doublement reconnaissante. La mémorable bataille de Navarin ne montre pas seulement à l’univers le zèle de trois grandes puissances pour une œuvre dont le désintéressement relève encore la noblesse. Elle
prouve aussi ce que peut l'énergie contre
le nombre, ce que peut le courage habilement guidé contre l'audace aveugle, de quelques forces que celle-ci dispose. Désormais votre nom appartient à la postérité. Les éloges ne feraient qu'affaiblir la gloire qui l'entoure, mais j'éprouve le besoin de vous offrir un témoignage écla.
tant de la reconnaissance et de l’estime que vous avez inspirées à la Russie. A cette fin je vous envoie l’ordre militaire de Saint-Georges. La flotte russe s’honore d'avoir obtenu votre concours à Navarin. Il m'est à moi-même particulièrement agréable de vous assurer des sentiments d'estime que je nourris pour vous (1). »
Ces lignes significatives de l'inoubliable monarque sont l'expression fidèle de l’enthousiasme qui s’empara de tout le peuple russe à la nouvelle de la victoire de