Livre de Codrington, t. IH, p
Navarin. La Russie pressentit qu'après une lutte séculaire contre les farouches oppresseurs dé ses coreligionnaires s’ouvrait enfin pour ces derniers l'ère d’un affranchissement réel. Transportée de joie, elle fit aussi une part dans ses sentiments fraternels à l'Angleterre qui n’avait pas épargné son sang pour aider la Russie dans l’héroïque accomplissement de l’œuvre sainte. Les mêmes sentiments animaient toutes les chrétientés de l'Orient.
Entraînés par la reconnaissance, des rives de la Save au cap Matapan, tous les chrétiens de la péninsule Balkanique faisaient entendre d’enthousiastes acclamations qui s’adressaient indistinctement aux trois nations libératrices. Cette impression fut si forte, si profonde que malgré le triste changement de vues, de principes et.
de procédés qui s’opéra malheureusement depuis dans la politique des cabinets occidentaux et qui enraya la grande œuvre
commencée par eux de concert avec la Russie, quelques années plus tard, le 17 juin 1831, à la nouvelle du décès de l'amiral Codrington, la Chambre des Représentants de la Grèce affranchie vota à l'unanimité la résolution suivante : « La chambre exprime la profonde douleur que lui cause la mort de l'illustre philhellène Edward Codrington. Et, pour attesier l’éternelle reconnaissance de la nation grecque envers lui, de Rigny et Heyden, l’Assemblée décide que leurs noms, surmontés d’une couronne de lauriers, seront gravés sur des cartouches particuliers destinés à décorer la salle où elle siège... (1). »
Depuis, à plusieurs reprises, la politique du cabinet de Saint-James à l'égard de la Russie tendit à disputer à notre pays son influence naturelle sur