DE PROKESCH
(£'xtrait.)
En rade de Smyrne, 2 février 1829.
Excellence, je me permels d'ajouter deux mots à la dépêche de l'amiral. Durant notre séjour à Égine, Votre Excellence a émis plusieurs vérités qui se sont gravées dans mon cœur. Fruits d'une profonde connaissance du monde et des choses de la vie, ces vérités sont
1. Pour sortir de cette alternative désagréable, M. Katakazi proposait de se rendre en février à Paros d'où on l’expédierait comme courrier à Pétersbourg dans le courant de l'été. .
une très précieuse indication pour tout homme en place soucieux de l'ordre et de l'accord. Je citerai l’une d'elles : « Souvent nous réconcilions ou nous brouillons les États ; nous faisons la paix et la guerre. » La concession que l'amiral sollicite aujourd'hui de Votre Excellence est de celles qui créent des obligations si on les accorde et qui excitent du mécontentement en cas de refus. Cette concession n’entraîne après elle aucune conséquence préjudiciable. Elle tranche au contraire la question, et, en outre, par sa nature méme, elle peut être présentée sous un jour particulièrement avantageux. Aussi dirais-je volontiers qu’il aurait fallu en faire naître l'occasion si celle-ci ne s'était pas présentée d’elle-même.
J'écris ces lignes sous l'influence des sentiments qui doivent être les miens à l'égard de Votre Excellence : avec letrès vif désirque votre escadre informe au plus tôt la cour de l'entente comolète et de la franche cordialité régnant entre elle et la flottille de Sa Majesté l’empereur de toutes les Russies ; enfin, avec la ferme confiance que Votre Excellence me pardonnera cette démarche en considération des motifs qui l'ont dictée.
Je reste avec un profond respect de Votre Excellence l'humble et obéissant serviteur À. Prokesch, chef d'état-major de l’escadre de Sa Majesté Apostolique.
(Sur l'original de cette lettre était écrit le brouillon de réponse que voici) : Monsieur, j'ai recu tout à l'heure votre aimable lettre et je m'empresse de vous répondre en même temps qu'à l'amiral. Par ma réponse à ce dernier, Vous verrez que notre cour saura apprécier Ja pacifique et amicale façon d'agir du comte Dardolo. Quant à la demande de l’amiral, elle me met, mon cher monsieur Prokesch, le couteau sur la gorge. Je vous donne ma parole d'honnête homme que, malgré tout mon désir d'être agréable à l’amiral, Je ne puis faire cela sans violer mes instructions, lesquelles sont très circonstanciées et nomment d'abord les Anglais, ensuite les Français, Je ferai ce que je pourrai, c'est-à-dire que je demanderai l'autorisation par le courrier que j'enverrai dans deux jours. S'il ne s’agissait pas de blé. Mais le blé! ! 1...
Je l'espère pourtant, l'amiral ne m'en voudra pas, en se convainquant que je ne puis décidément pas prendre sous ma responsabilité une pareille chose.
Recevez, etc.
DE KATAKAZI
(Extrait)
Comte. . . . . . . . . . . . .
Le Constantin vous arrivera plus tôt que vous ne l’attendiez, parce que tous les autres vaisseaux qui se trouvent ici ne peuvent être prêts avant quatre semaines au moins. Sans l'empressement et le zèle de M. Bazannoff, le pauvre M. Bogdanovitch aurait été dans un grand embarras, car M. de Ribeaupierre le prie inetamment de vous envoyer au plus tôt un vaisseau avec les dépêches arrivées de Pétersbourg à Naples. Du reste, il n'est rien venu pour vous du ministère des affaires étrangères, mais seulement de celui de la marine.
Un ami m'écrit de Pétersbourg à la date du 24 décembre (vieux style) : « Rien de nouveau,
sauf que nous faisons de grands préparatifs pour la future campagne. Il ne paraît pas, du reste, qu'il soit question d’une rupture entre nous et les puissances européennes. L'amour de ces dernières pour le sultan ne va pas jusqu'à vouloir dégainer en sa faveur. »
La maladie de La Ferronnays et sa sortie du ministère sont un événement qui a fait beaucoup de bruit en France et dont la politique anglaise actuelle tâchera sans doute de tirer profit pour elle. Nous verrons ce qui sortira de là.
Recevez, etc.
DU COMTE CAPO D'ISTRIA
Nauplie, 12-24 février 1820.
….. Le fait que le comte de Ribeaupierre nous laisse sans nouvelles serait un mauvais signe pour notre affaire, si d’un autre côté l'empereur de toutes les Russies et le roi de France ne se souvenaient de notre malheu- reuse position. Leurs Majestés ne nous oublient pas, car nous avons encore recu d'elles quelques secours.
DU COMTE CAPO D ISTRIA
Nauplie, 23 février, 6 mars 1829.
... Tous nos efforts sont maintenant dirigés sur Lépante. Dans ce but j'ai confié au brave et digne Miaoulis les opérations du blocus maritime, car avant lui la flottille laissait toute liberté aux canots ioniens et ils ont ravitaillé la citadelle pour plusieurs jours. Comme Lépante est étroitement cernée aussi du côté de la terre ferme, nous espérons forcer les Turcs à capituler.
DU VICE-AMIRAL DE RIGNY
Davain, 8 mars 1K29, Cher Amiral,
Le Volage a été rencontré par l'Adéon qui revenait de la Suda. Il est impossible de rien comprendre à tous ces braves gens qui s'appellent les Candiotes, les Turcs et les Grecs... Un tel (nom illisible) dit qu'il n’a recu aucun ordre du président, et le président m'a dit le contraire. Peut-être qu'il n’en a pas
reçu. Je désire vivement qu'on prenne une résolution définitive à ce sujet.
Recevez l'expression de mes sentiments très dévoués.
DE COMTE CAPO D'ISTRIA
Nauplic, 5-11 mars 1829.
Dans deux ou trois jours seulement, Monsieur l'amiral, je répondrai officiellement à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de joindre à l'envoi de deux mille francs et d’une image du Sauveur. Je désirerais vous faire connaîtreaussi le choix du lieu où, selon votre désir, un asile sera construit. On prépare déjà chez moi les plans et dessins de cet établissement. Veuillez, en attendant, agréer nos remerciîments les plus cordiaux et les plus sincères. Les bienfaits dont vous avez comblé ce malheureux pays sont innombrables. Votre don en provoquera d'autres. À celte fin je vais faire insérer dans la gazette locale votre lettre avec la réponse que j'aurai l'honneur de vous adresser.