‹ La bataille de Navarin (1827) d'après les documents inédits des archives impériales RussesChapitre 58 sur 75 · PROTOCOLE DES AMIRAUX ALLIÉS DEVANT NAVARIN · texte numérisé non relu

PROTOCOLE DES AMIRAUX ALLIÉS DEVANT NAVARIN

- 48 octobre 1827.

Après avoir épuisé toutes les mesures de conciliation et de persuasion, voyant que toutes

les représentations tendant à mettre fin à des cruautés inouïes jusqu à présent ne rencontrent qu'un accueil railleur de la part de Méhémet- Ali, — les amiraux ont résolu de se placer en ordre de bataille dans le golfe de Navarin, pour renouveler à Ibrahim-Pacha des propositions qui, par leur conformité avec l'esprit du traité de Londres, sont évidemment favorables aux intérêts de la Porte elle-même.

INSTRUCTION SUR LA DISPOSITION DE LA FLOTTE ALLIÉE DANS LA BAIE DE NAVARIN

A bord de l'Asie, devant Navarin, 10 octobre 1827.

Il paraît que les vaisseaux égyptiens sur lesquels se trouvent des officiers français, sont pour la plupart au sud-est dans le golfe. En conséquence, je désirerais que Son Excellence le contre-amiral chevalier de Rigny plaçât son escadre à côté d'eux. Comme le navire ennemi qui vient immédiatement après est un vaisseau de ligne portant pavillon, je propose de placer près de lui l'Asie avec le Genoa et l’Albion immédiatement à sa suite. Je désirerais que Son Excellence le contre-amiral comte Heyden

eût l'amabilité de disposer son escadre immédiatement après les vaisseaux de ligne britanniques. En ce cas, les frégates russes peuvent s'occuper des vaisseaux turcs rangés à la suite des vaisseaux de ligne russes. Quant aux frégates anglaises, elles se mettront côte à côte avec tous les vaisseaux turcs qui peuvent se trouver du côté occidental dans le port à côté des vaisseaux de ligne britanniques. Les frégates françaises se posteront de la même manière par rapport aux frégates turques, etc., faisant suite aux vaisseaux de ligne fran- Çais.

Si les vaisseaux en ont le temps, ils doivent s'amarrer avant que la flotte turque ne commence les hostilités. La flotte combinée ne doit pas tirer un seul coup de canon sens un signal particulier, — à moins que quelqué vaisseau turc n’ait pris l'initiative. En ce cas le navire ottoman qui aura ouvert le feu sera passible d’une destruction immédiate. Les corvettes et les bricks, sous la direction du commandant du Darmouth, le capitaine Filoff, ont pour tâche de tenir les brülots à une distance où ils ne puissent nuire.

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