IMPR ESSION- DE LA BATAILLE DE NAVARIN SUR LE CABINET
Lord Inchester, le 20 novembre 1828, décrit : ainsi à Codrington, l'impression produite par la nouvelle de Navarin sur le cabinet anglais :
(P. 139.) L affaire paraît avoir causé un étonnement extrême et ce sentiment n’a été nulle part aussi vif que chez les ministres de Sa Ma- “ jesté. Ils m'ont dit que tout cela ne leur plai-sait pas, que vous vous étiez trop pressé, etc. (P. 447.) Sir Edward reçut de son souverain la grande croix de l’ordre du Bain et du roi de France la grande croix de l’ordre militaire de . Saint-Louis. L'empereur de Russie lui accorda une distinction rare : l’ordre de Saint-Georges de deuxième-classe qui lui fut envoyé avec une lettre autographe de Sa Majesté Nicolas Pavlovitch. ,
: Pour le cas où les’ayaries reçues par le vais- | seau-amiral britannique seraient irréparables, Je comte ‘Heyden avait exprimé le désir de mettreun des vaisseaux deligne russe à la disposition du commandant en chef anglais (p. 147).
Sir Edward répondit : « Jamais je n’oublierai la rare amabilité qui m'offre de hisser mon pavillon sur un vaisseau russe. »
Parmi les mesures prises pour mettre le traité à exécution, c'a été une complète surprise pour Sa Majesté que la recontre dans le golfe de Navarin entre la flotte des puissances contractantes et celle de la flotte ottomane, sans considérer la bravoure déployée par la flotte alliée. Sa Majesté est désolée qu'un tel conflit ait eu lieu avec les forces navales de la vieille alliée de l’Angleterre. Mais Sa Majesté n’en conserve pas moins le ferme espoir que cet événement regrettable ne sera suivi d'aucun autre acte d'hostilité et n’empêchera pas les difficultés entre la Porte et la Grèce de recevoir une solution pacifique.
Dans les débats auxquels ces paroles donnèrent lieu, lord Holland dit : « Je ne puis que m'affliger de voir appliquer le mot «surprise » . à la bataille de Navarin. Si l’on veut dire par cette expression que le combat de Navarin sera un obstacle à l'indépendance de la Grèce, je ne puis admettre qu'elle ait été employée
avec à-propos et justesse. Je pense que cette bataille contribuera à l’affranchissement de la Grèce et l’accélérera. C’est aussi un pas et un grand pas «vers la pacification de l’Europe ». a
Le duc de Wellington, premier ministre, dit :
« Par le mot « surprise » nous avons voulu dire que l'événement dont il s’agit a été inattendu, a été malheureux. Le sens de ce mot est le suivant. Avec les conditions du traité qui n’a pas encore été présenté à la Chambre et qui par tonséquent ne peut être mis en discussion, quoique chacun de nous le connaisse, la mise à exécution de ce traité, autant que possible, ne doit pas donner lieu à des hostilités. Voilà pourquoi la réalisation du traité ayant abouti à des hostilités, c’est un résultat que le gouvernement ne prévoyait pas et que, par conséquent, il a le droit d'appeler « inat- « tendu » ».
Lord Russell s'exprime ainsi : « Je suis décidément d'avis que cette brillante victoire a ” été le résultat nécessaire du traité de Londres. En dehors de cela je pense qu’elle a été une