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ment ou d'admettre sous certaines réserves, lescliiffres avancés par les anciens, au moins par Hérodote, si clair et si prodigue de détails? On irait loin si l'on entreprenait de modifier, — et sur quelles données, — en les déclarant faux et erronés tous les chiffres contenus dans les relations des campagnes antiques '. Grecs et Perses, Carthaginois et Romains ont dû plus d'une lois mouvoir sur terre et sur mer des forces éminemment considérables. Nous ne parlerons pas de ce que l'antiquité raconta des ilottes et des armées innombrables de Sésostris ou de ce que Gtésias nous dit de la puissance militaire et navale de Stabrobate, roi des Indiens -. Du reste, Hérodote ne saurait être responsable de l'inexactitude des chiffres perses, du moins de ceux de l'armée de terre; il y avait plusieurs raisons pour que les chiffres même officiels fussent exagérés. Le mode de recrutement de ces innombrables hordes, la cupidité des chefs, — présentant de faux rôles, — favorisée- par le chaos qu'entraîne un tel système, les procédés défectueux de dénombrement '\ les fins de la politique perse elle-même, cherchant à imposer aux Barbares, et à effrayer les Grecs, tout cela, grossi par les traditions ayant leur point de départ dans une époque oii toutes les imaginations étaient frappées d'un mouvement militaire extraordinaire, concourut à représenter la grande .armée du roi plus grande encore '.
1. Citons M. Delltnick {Die Perser/criei/e mul die litn'f/imder/,iie(/e, Berlin 1887, pp. 160, 1G4), qui modifia arbitrairement Its chiU'res relatifs à la bataille de Platées, où il ne voit du côté perse que 45,000 combattants environ, et du côté grec 40,000. Il arrive par une série de considérations très peu persuasives, en tenant la victoire des Grecs pour digne d'admiration non pas à cause de la supériorité du nombre de l'armée ennemie, mais en raison de l'organisation perfectionnée des troupes perses.
2. Ctésias, frag. II, 15 : NaO; 5à TroTajj-ta; xaxEJVtsûajc 5:aipsTà<; ô'.<ï/t)kîaî. . , 6 5è Ttôv 'Ivôûv paai)kc'j; i:Ta6po6ixT,î. . . xaTEïxs'jaae z^oïa iioxâiJLta TEtpaxia/iXta,