‹ La bataille de SalamineChapitre 111 sur 325 · Hérodote, 111, 80 et s · texte numérisé non relu

Hérodote, 111, 80 et s

2. Pour l'Infanterie, Hérodote, Vil, GO, 8*. Marine, ihid. Vll, 89. n. C'est ropinion de M. Cavaignac op. cit., p. 38.

■4. Platon, l'hedox., 109.

compris, la populalion du Péloponèso. Quelques mois après la bataille de Salaminc en 479, la péninsule envoie hors de l'Isthme .'ÎO.OOO hoplites, sans Argos.

En fait de populalion des contrées classiques, tout est incertain. Toutefois, avec des données, même approximatives, sur la superlicie d'une contrée, nous pouvons, en rapportant à cette superlicie le chiffre du tribut payé par la région, avoir une mesure de sa richesse naturelle, et former une idée du nombre des habitants du domaine considéré, au moyen «lun taux adopté par tète de contribuable. Mais là où les documents de ce genre font défaut, nous pouvons être renseignés directement, au moins sur la populalion libre, par les chilTres militaires, en particulier par les chilVrcs d'hoplites. Quant aux chilTres des armées de terre rapportés par les anciens historiens des guerres médiques ou d'Alexandre, nous suivons également la théorie de M. Cavaignac, et nous les prenons non comme chillVes réels mis en ligne, mais comme évaluation des contempoiains sur ce que le grand roi pouvait lever de soldats.

Il reste à se faire une idée du chiffre réel d'hommes qui, parmi ces nombreuses forces, se concentraient et se mettaient en marche, mais il est très difficile à préciser. A l'cnconlre des chiffres de l'armée de terre, ceux de la marine des guerres médiques n'ont rien d'invraisemblable el paraissent bien réels. Il en est de même pour les contingents des forces terrestres des républiques grecques, car chaque état était doté d'une organisation militaire bien établie, bien connue, d'un nombre d'hoplites déterminé '. La moindre inexactitude aurait exposé un auteur à des réfutations et même à des désagréments plus fâcheux, au milieu de tant de villes intéressées et rivales, d'une vigilance extraordinaire pour tout ce qui les concernait.

Quant aux forces navales il était très aisé d'établir le nombre des navires. Comme aujourd'hui, il était beaucoup plus facile de savoir de combien d'unités était composée telle escadre, que

1. Au temps où Hérodote prenait ses notes, on estimait que la Grèce, dans rensembie, pouvait lever un hoplite pour un soldat armé à la légère (Hérodote, IX, 29).

l±\ LA SECONDE GUERKE MEDIQUE

tie combien de milliers d'iiommcs une armée. Dans les grandes armées surtout, les cfTectifs véritables restent pour ainsi dire insaisissables variant et changeant tout le temps d'une campagne. Les navires étaient connus jusqu'à leurs noms ; la capacité de tel ou tel arsenal n'échappait également à personne. Il n'y a pas lieu à contester les chiffres concernant les armées navales en présence pendant la seconde guerre médique. Le chilTre des vaisseaux de guerre jierscs est sans hésitation précisé par Ilérodote, — 1207 trières. Hérodote ne se trouve plus ici devant les incertitudes et les doutes inspirés par les exagérations et le vague des traditions sui' le nombre des combattants sur terre, qu'il ne manque pas d'ailleurs de signaler, s'excusant d'avance de l'inexactitude probable des chilTres. Ojx tyiù slTia'. -0 àToîxs;, ce qui veut dire qu'il ne garantit pas l'exactitude du chilHe, qui s-^àvr, sêooiJLrîxovTa xal ixa-:ôv ujoiàos.; *.

Les nations maritimes qui constituent la Hotte barbare sont au nombre de douze. Eschyle donne le même chiffre, 1207, tandis que pour la flotte grecque il donne le chiffre .310 au lieu de 378 chez Hérodote. Ctésias donna aux Perses mille trières et sept cents aux Grecs \ Diodore de Sicile attribue aux Perses un peu vaguement « plus de 1,200 navires longs » ', dont trois cent vingt à équipages grecs, le roi fournissant les vaisseaux ^ .

En général, Hérodote ^ apporte le plus grand soin à la question des chiffres. La moindre modification survenue dans les forces des belligérants au cours des hostilités il nous l'annonce. H revient à plusieurs reprises à ses chiffres. S'il existe des contingents dont il n'a pas les chilTres officiels, il nous le dira. Les chiffres évidemment sont grands, mais les Grecs

Page 1