Hérodote, VIII
2. Hérodote, VIll, 43-48. Hérodote prend la peine de détailler les contingents grecs pour rectifier le chiffre inexact de 310, et donner le vérilable. Nous avons maintes preuves de ce scrupule de l'historien, même dans des circonstances d'une moindre importance, comme au IX, 20, où il tient à corriger la prononciation du nom de lipparque Maaiïtio^. prononcé par les Grecs Maxiaxio;. C'est une préoccupation conslanle chez lui d'établir la vérité exacte sur les détails les plus infimes.
LES CHIFFRES 13o
Naxos 4
Styra 2
Kylhnos 1
CroLone 1
Lemnos 1
Ténos 1
Le lolal (les navires alliés l'oiirni par Uérodole est de 380.
PENTÉCONTÈRES ^^i^'»"OS 1 7 ^^^,
M'ios - 2Ce^5
Siphnos 1
Sériplîos 1
lesquelles ajoutées aux neuf déjà mentionnées portent le nombre de pentécontères à quatorze.
Leiïort d'Athènes fut vraiment considérable, d'autant plus qu'elle ne bénéficiait pas encore, comme plus tard, lors de la formation de son empire maritime, des contributions des confédérés,, cpôco', et TuvTaçî'.ç, lourds impôts prélevés sur les villes maritimes qui ont formé la première et la seconde confédération aihénienne. Mais à présent c'étaient les mines deLaurion qui lui fournissaient l'argent '.
Trente-quatre villes formèrent la ligue liellénique contre les Barbares. De ces villes, vingt-deux participèrent aux armements maritimes. Nous en avons donné ci-dessus les noms. Tégéates, Potidéalos, Orchoméniens, Mycéniens, Tirynlhiens, Pbliasiens, Anactoriens, Paléens de Céphallénie, Arcadiens, et Eliens ne concoururent à la défense commune que par leurs forces de terre. Platées toutefois coniribua par ses hoplites à la foiniatiou des compagnies dépibates des trières athéniennes pendant la campagne d'Arlémisiun. De ces 34 villes confé-
1. Sur les liions (rui'^eiil et le plomb argeatilV're de Laurion voir l'art, de M. Ardaillon dans If Dict. îles Anliquilés, de Saglio, Darember»^ et Potticr. G. N. FIaoos, La lialaille de Salamine. 10
(léréos, 12 appartenaiont au Péloponèse, le reste aux îles et à la Grèce contincnlale. De la Grande Grèce, il n'y avait que le pythionice Phayllos avec ses deux cents volontaires Grotoniales.
Hérodote réparlil le nombre des trières entre les peuples niarilimes qui constituaient la marine de Xerxès ' de la façon suivante :
TRIÈRES
ï^héniciennes 300
Egyptiennes 200
Cypriotes loO
Ciliciennes 100
Pamphyliennes 30
J^yfiennes oO
Doriennes 30
Cariennes 70
Ioniennes 100
Insulaires 17
Eoliennes 60
et du Ponl 100
Il est absurde de supposer que ce chiffre de 1,207, Hérodote l'emprunte à Eschyle. Et même s'il l'a pris chez le poète, il n'a pas fait cela aveuglément, mais après en avoir constaté l'authenticité. Il a même vérifié le chiffre de chaque contingent à part. Selon Hérodote d'aHleurs, à ce nombre de 1.207 trières, Xerxès, une fois en Thrace, obligea les Hellènes du littoral de cette contrée, et des îles les plus proches, à ajouter cent vingt navires K Pour la journée môme de Salamine, il ne paraît pas admettre le chiffre de 1.207 comme Eschyle; il dit simplement que les vides causés aux Perses dans les naufrages et dans les combats furent comblés par de nouveaux renforts, mais il ne donne pas le nombre précis des navires
\. IltTodolo, VII, 89-96 ■2. Id., ibid.. 183.
ayant participé à la l>alailIo de Salaminc ; d'oîi il est permis de supposer que ce nombre n'était pas exactement connu. Diodore répartit les forces perses comme il suit :
Egypte 200
Phénicie 300
Cilicie 80
Pampliylie 40
Lycie 40
Carie 80
Chypre loO
Doriens de Carie, Rliodes et Ces 40
Ioniens, Samos, Cliios 100
Eoliens, Leslïos, Ténédos 40
Hellespont et Satrapie du Pont 80
Insulaires oO
Dans ce tableau Diodore n'est pas d'accord avec Hérodote qui donne plus de navires que Diodore aux Ciliciens, aux Lyciens, aux Eoliens, au Pont, moins aux Pamphyles, Cariens, Insulaires.
Diodore, ou plutôt Ephore, ajoute huit cents navires hippagogues, — navires écuries, — et non moins de .3,000 triakontèrcs. Hérodote dit pentécontères, en leur donnant quatrevingts hommes d'équipage par bâtiment '. Ces navires ne participèrent à aucun engagement, ne figurèrent môme pas comme éclaireurs, ce qui prouve qu'ils ne servaient qu'à former des convois de ravitaillement. Toutes ces flottilles devaient jauger plus de 50.000 tonneaux.
En résumé, malgré les lacunes que les chiffres fournis par le texte d'Hérodote, tel que nous l'avons, présentent, ses informations nous placent beaucoup plus près de la vérité que nous ne le sommes avec le reste des documents qui prétendent nous renseigner sur la même matière. Pour le total des navires grecs ayant participé à l'action de Salamine, son témoignage