‹ La bataille de SalamineChapitre 149 sur 325 · Hérodote, VIII · texte numérisé non relu

Hérodote, VIII

2. Plutarqnp,7'/iewîs/.,4. Voy. dans Thucydide, Vil, 21, les paroles d'Herraocrate sur les Athéniens qui n'étant pas nés marins, sont devenus tels par leur persévérance :o'j5î sxsivo'j; râxpiovTT|V Èaitcipîav oûS: atSiov xf,? OaXiaaT^; s/etv, T.TceipwTa; [lâW^ov TÛv S'jpaxojiuv ôvxac; ital àvaY/casôÉvtaî intô MT|5(i)v vauTixoù; y^'^^'^"-

3. Suivant Plutarque, T/iemist., i, Thémistocle était d'une naissance trop obscure pour qu'elle servît à sa gloire. Son père, Néoclès, citoyen athénien du dème de Phréarres, de la tribu Léontide, n'était pas des pins influents. Gomme le vainqueur de Lépante, le vainqueur de Salamine fut bâtard par sa mère, Abrotonne ou Euterpe, originaire de Thrace ou de Carie, ce qui n'est pas sûr. Toutefois, il était parent des Lycomèdes. famille noble (il)id.).

LES GRANDS CHEFS i77

parcourait alors son orbite ascendant; une civilisation nouvelle venait d'éclorc, le vieux monde asiatique se heurtait à une nouvelle vie, tout contribuait à former l'ambiance nécessaire aux grandes résolutions et aux grands actes. Thémistocle en profita. Voyant juste, il sut devancer de beaucoup les autres cités grecques, dans les choses de la mer, qui ne s'improvisent pas. Il se présenta ainsi la veille de la guerre à la tète de deux cents navires, desservis par quarante mille hommes d'équipage. La perspicacité et la prévoyance furent les principales qualités de cet homme. Non que tout le monde ne vît pas après Marathon le danger d'un nouveau et plus grand conflit; mais on était plus préoccupé du jour présent que du lendemain, ce qui n'arrive que trop souvent dans la vie politique des peuples. Il fallait d'ailleurs demander des sacrifices, et ce n'est pas là la méthode la plus sûre pour gagner le cœur d'un peuple. La proposition faite aux Athéniens, dans YEcclesia, de ne plus se partager le produit des mines de Laurion, mais de le consacrer à la construction d'une flotte, fut réellement un acte de courage. Il est vrai qu'il y avait un stimulant plus immédiat que la grande guerre prévue à lointaine échéance ; c'était la guerre dans les eaux attiques mêmes, affaire très sérieuse pour Athènes qui voyait Egine, sa petite, mais puissante rivale, encombrer le golfe Saronique de ses nombreux vaisseaux, couper ses communications par mer, la bloquer et l'affamer. Thémislocle appuyé sur un tel argument fit comprendre sans doute alors à ses concitoyens la nécessité pour Athènes de se préparer le rôle du marteau afin d'éviter celui de l'enclume.

Athènes vivait toujours un peu dans la crainte d'une agression perse ; le bruit des préparatifs d'ailleurs, maintes fois repris, ne manquait pas de venir d'Asie Mineure ; toutefois il ne faut pas perdre de vue que la suprématie navale des Eginètes, dans les eaux même d'Athènes, était un cauchemar de tous les jours, et que Théraistocle, comme autrefois Solon, dans la question de Salamine, devait finir par faire prévaloir sa politique si conforme au sentiment profond du Démos.

Athènes s'est trouvée dans le môme cas que les Romains des guerres puniques. Elle devait se constituer une puissante marine, si elle ne voulait pas tomber au second rang ou même disparaître. Mais de quelle vigueur extraordinaire devait èlre doué cet homme, qui a pu entraîner les Athéniens à rompre avec toutes leurs habitudes et traditions, pour devenir un peuple maritime et pour les amener à renoncer au bénéfice deLaurion. La constitution d'Athènes d'Aristote ' nous donne les détails de la loi de Thémislocle. C'est seulement un effectif de cent trières que la loi fit construire avec l'argent de Laurion. Aristote atteste aussi que l'Etat donna cent talents pour construire cent trières. La loi est de 483. Plutarque également fixe à cent les trières construites -.Hérodote cependant rapporte formellement que Thémistocle engageait ses concitoyens à renoncer à la jouissance personnelle du produit des mines, au profit du trésor public, et, de cet argent, à construire deux cents trières ^ Laurion créait ainsi l'indépendance grecque ; c'était au poète de glorifier ce fait : a Mais ont-ils des ressources, des trésors sullisants? ils ont les trésors de la terre, des sources d'argent ^ ». Hérodote dit % des mesures prises par Thémistocle pour la construction de trières nouvelles, que c'était en vue de la guerre d'Egine, il est môme très formel en cela, puisqu'il dit que la guerre entre Egine et Athènes a sauvé la Grèce, en obligeant les Athéniens à devenir marins "^ mais Thucydide prête à Thémislocle une pensée plus profonde, en ajoutant que déjà le barbare était attendu '.

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