‹ La bataille de SalamineChapitre 148 sur 325 · Hérodote., VII · texte numérisé non relu

Hérodote., VII

supériorité écrasante, mais elle sait bien apprécier les efforts d'une coalition solide, et se sacrifie volontiers. Elle s'est réservé l'espoir de lutter pour l'hégémonie après la victoire, et les maladresses de Pausanias l'ont servie à souhait. Thémistocle eut le grand mérite de savoir attendre '.

Ce que cet homme eut surtout de génial, c'est qu'il poussa définitivement vers la mer les Athéniens, jusqu'à lui, peuple de cultivateurs. Comprenant tout ce que la mer pouvait donner à son pays de force et de richesse, il fit, comme l'a dit si bien Plutarque, descendre la ville à la mer -. A la vérité, que serait Athènes dans l'histoire sans ce fait capital?

AnéantirEgine, repousser le barbare, commander àla Grèce, tel fut le programme de cet homme extraordinaire, qui ne se borna pas à le concevoir, mais sut aussi le réaliser. Cimon, Périclôs, Aristide lui-même, son adversaire, ont vécu dans son œuvre et de son œuvre. Ce dernier, quand il jetait les bases de l'empire athénien, grâce à la suprématie maritime que Thémistocle avait créée à la ville ; Cimon, quand il remportait à la tête de ses flottes les plus éclatantes victoires; Périclès, quand sous son impulsion Athènes parvenait à son apogée de force et de civilisation.

Thémistocle, fils de Néoclès ^ est venu à temps et le jour favorable que Napoléon juge indispensable aussi bien pour les grands hommes que pour les chefs-d'œuvre de la peinture, ne lui fit pas défaut, puisque les grandes crises forment la température nécessaire à la croissance de pareils génies. Athènes, pleine de sève et de vigueur, comme toute la Grèce,

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