Hérodote, VIII
l'aclioii combinée, ils conccnlraieni tout ce qui leur restait de forces à Aphètes, et ils en faisaient le dénombreuient. C'est dans cet intervalle que le plongeur Skylliés déserte les rangs barbares, arrive à Artémision, et renseigne les généraux grecs sur le mouvement destiné ù les bloquer dans TEuripe, et sur les détails du naufrage de Sépias. Ces nouvelles déterminèrent Eurybiade à convoquer le conseil des généraux qui décida de laisser les équipages campés et de ne pas aller avant minuit à la rencontre de la division détachée. Cependant, comme le soleil allait se coucher, et qu'ils rravaicnt observé aucun mouvement de l'ennemi, pendant toute la journée, ils se décidèrent à appareiller et à aller se mesurer avec lui ; essayer de combattre et rompre la ligne de l'adversaire '. 11 est curieux que les Grecs, décidés enfin à engager le combat, poussent l'audace jusqu'à la témérité ; car non seulement ils se détachent brusquement de leur base et s'élèvent en haute mer pour attaquer 'l'ennemi, mais ils se laissent cerner, la pire chose à la guerre, dans l'espoir de lui causer une surprise et de briser son front. Inférieurs en nombre et ayant ù lutter contre des trières plus agiles, ce serait tenter l'impossible, mais il parait que les renseignements précis qu'ils avaient sur la diminution sensible des qualités nautiques des escadres perses à la suite du malheur de Sépias, les enhardirent au point qu'ils laissèrent la prudence de côté. Leur perte paraissait certaine et plus d'un Ionien, dans la flotte barbare, parmi ceux qui furent malgré eux traînés à la guerre, les plaignait sincèrement, pendant que l'armée perse courait sus à eux avec quelque désordre, car chacun s'efforce de capturer, le premier, un navire, athénien surtout, pour être honoré par le roi -. Cependant la flotte hellénique évolue dans un ordre parfait, les rangs serrés. A un premier signal les navires, présentant toujours la proue à l'ennemi, rassemblent leurs poupes wqvs le milieu du ceicle qu'ils forment ainsi ; au second commandement, ils se jettent sur les Barbares, peu distants de leur front. Ils prennent