‹ La bataille de SalamineChapitre 180 sur 325 · ll('M'0(lotc, Vlll · texte numérisé non relu

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d'assaut trente trières et le frère du roi de Salamine de Cliypre Ciorgos, un des j)lus brillants uliiciers de la llolte. L'Athénien Lycomède, fils d'Escliréos, fut le premier à prendre un navire ennemi et fut honoré de Varisicioii . La nuit seule sépara les combattants. Les (irecs se retirèrent à Artémision, les Barbares à Aphèles. Une trière de Lemnos désertant les rangs fuyait vers la tlotte grecque. Le vautour perse se relira méditant toutefois de revenir, mais il devait être peu satisfait du résultat de ce rude combat. Une nouvelle calamité allait ajouter à sa mauvaise humeur. La nuit fut terrible pour la flotte barbare; la tempête l'assaillit de nouveau, cette fois, doublée d'une pluie tori'cnlielle, accompagnée de tonnerre. Tout grondait autour d'elle, la mer et le ciel paraissaient embrasés. La foudre tombait comme elle tombe sur la montagne grecque un jour d'orage. Les torrents précipités des lianes du Pélion, sautant de rocher en rocher, bouillonnant, écumant, allaient unir sur le rivage leurs mugissements à ceux des vagues courant furieuses à leur rencontre. Pélion tlamboyait d'éclairs dont le reflet faisait voir, surnageant, les épaves et les horribles cadavres des malheureux compagnons d'armes, qui tournoyaient autour des proues, et échouaient sur les avirons des trières. Les équipages saisis d'efTroi, croyaient leur fin imminente '. Et le pire fut que la tempête, une eflroyable tempête d'est-sud-est, surprit les imprudents qui voulurent contourner l'Eubée, et à force de voile et de rame, aller couper la retraite aux Grecs. Au mépris des précautions imposées à une flotte de trières, ils eurent la témérité de continuer leur route, au lieu de tirer, à la tombée de la nuit, les navires sur la grève. La tempête les rejoignit furieuse en face de Koila d'Eubée, et, empoignant de ses mille mains les trières, alla les briser sur la côte abrupte et rocheuse. Ce dut encore être là un des drames les plus épouvontables qui aient jamais eu lieu sur une mer déchaînée -. Les navires aflreusement bal-

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