‹ La bataille de SalamineChapitre 188 sur 325 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Difficulté d'établir avec exactitude le jour de la bataille de Salamine. — Kncore les dei(x Écoles. — Le clair de lune et les nuits sombres. — Les témoignages. — L'Iacclios. — L'éclipsé. — La date probable.

Avant de rapporler les derniers faits qui ont amené les deux flottes à leur rencontre suprême de Salamine, avant de tâcher de tirer des documents le récit de la grande bataille ellemême, arrêtons-nous un instant à considérer les questions chronologiques et topographiques, que soulève ce mémorable événement. La date d'abord. Il ne serait pas aisé d'établir avec toute Tcxactitude désirable le jour de la bataille. Les textes anciens ne nous éclairent pas suffisamment, et les auteurs modernes qui se sont occupés de près de la question ne nous conduisent pas à des conclusions satisfaisantes. La discussion très vive, ici encore, entre eux, est dominée par le grand débat sur la question de l'entrée de la flotte perse dans le détroit, la nuit qui précéda la bataille. Ceux qui se refusent à admettre que les Perses aient pu y pénétrer, ne croient pas davantage possible une date qui n'aurait pas permis l'apparition, sur la voûte

céleste, de la paie Sélônè, inondant loul de sa lumière argentée; ceux qui pensent le conlrairo, insistent pour une date à laquelle la chaste déesse se serait oubliée dans la conlemplalion du bel Endymion éternellement endormi, et aurait laissé dans l'obscurité les mers de Grèce, pour le plus graud avantage de Tingénieux Thémistocle et au préjudice du naïf Xerxès.

Aussi, certains écrivains, comme M. Goodwin ', s'cfForcentils de démontrer que la bataille eut lieu à peu près à l'époque de la pleine lune, et d'aulies comme M. Weehler' s'y opposent vigoureusement. lîusolt admet franchement que dans une nuit de clair de lune les mouvements des Perses dans le détroit n'auraient pas échappé à la vigilance des Grecs; aussi est-ce une question capitale pour lui de prouver que la nuit était profonde et épaisse \ Il tâche par suite, de démontrer que la bataille n'eut pas lieu avant le 27 ou 28 septembre ; donc, quatre ou cinq jours avant la nouvelle lune. Il s'appuie sur Hérodote * chez qui il est question de l'éclipsé du 2 octobre, qui empocha Gléombrote de marcher avec l'armée de l'Isthme sur la Béotie pour harceler l'ennemi battant en retraite. D'après Hérodote ', Xerxès commença d'évacuer l'Attiquc et de se retirer pai" la Béotie vers le nord « quelques jours » après la bataille de Salamine. La détermination de la date dépend donc du nombre de jours qui se sont écoulés de la bataille de Salamine au jour de l'éclipsé, c'est-à-dire, au 2 octobre. Si l'intervalle a été de dix jours, c'est au 23 septembre qu'il faudrait fixer la date de l'événement. Busolt doftne quatre jours, cinq tout au plus, pour (jue Xerxès prépare sa retraite, commence son mouvement rétrograde et pour que Gléombrote, après en avoir reçu la nouvelle, se décide à marcher vers la Béotie. Ainsi, pense Busolt, on aurait le 27, ou plus probablement le

1. Goodwin, Harvard Si tidies in class. Philol. Vol. XVll, p. 88,80.

2. Ide Wechler, IM'csident of thc Universily of California, lleroclnliis's Account of l/ie Baille of Salamis, in the Transactions of the American IMiiiological Association. Vol. XXXIIl (1902), p, 134.

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