Pausanias, I, 14, Ti
4. Scol. Eschyle, /'ers. 429 : "Iwv Trape'vai Aît/ûTvOv sv xoï; Sa^.aij-tviaxoî; »T,ffi. Plutarque, f/e /'ro/'. ui rir^. 8, raconte qu'Eschyle parlait familièrement avec Ion aux jeux isthmiques.
•"'. Pausanias, I, 14, "> : xal xpô 'ApTjiAU'O'j xal èv ï:a)>au.'v'. vau;jLa-/f,3aî.
la Vie Médicienne d'Eschyle ', le poète combattit sur un des vaisseaux athéniens à Salamine.
Jl n'y a pas jnoyen^d'a{rirmer ni de rejeter ces. te'nioignagcs. Oiioi qu'il en soit, Eschyle fait repre'senter son drame à un moment où les souvenirs sont encore vivaces et les événements encore présents à tous les esprits, huit ans seulement après la bataille'. Dans son drame célèbre, ce grand poète met dans la bouche du courrier \ qui haletant, plus brisé encore d'émotion que de fatigue, arrive à Suse pour raconter aux vieillards ^nquiets le désastre, tout ce qu'il fallait pour satisfaire l'orgueil et exciter l'enthousiasme de ses concitoyens vainqueurs. Mais il n'était pas dans les intentions du poète de donner in extenso l'historique de l'action dont ils étaient les véritables personnages. Il est aisé de s'apercevoir qu'Eschyle suppose le drame, qui s'était passé dans les eaux de Salamine, connu de tout son auditoire, contemporain des événements, auquel suffisait une simple allusion à l'inoubliable et glorieuse journée. C'est assez d'une rapide esquisse du tableau, et il a soin de ne pas briser lémouvant récit du courrier par une excessive profusion de détails. Il n'a voulu que peindre une toile d'ensemble dont on admire la merveilleuse harmonie. Sans nuire à la vérité, il surpasse la réalité, ce qui fait le génie de son art. Convaincu de la puissance militaire des mouvements coordonnés, passionné des mouvements harmonieux d'une armée savante, il a voulu en offrir à ses concitoyens un tableau instructif, et leur dire que de l'ordre sort le succès. On ne dirait pas qu'il ment; toutofois il est poète et diffère d'Hérodote, ^ui, dans ses scrupules dJuLsioricii, cherche à rétablir les faits dans leur rigoureuse exactitude. Il n'est pas vrai par exemple que la droite se sôît portée la première à la rencontre de l'ennemi, ni que la
1. V. p. 2 (Dind.) : Y£v/arov 5à a-jxôv waTt xal (xsTairyeïv tt,; èv Maoaôwvi [Aâyj'î ^■''^
'A(ietv£a, vcal xf,î èv rD^axaiaT; irsÇo[xa/iaî.
2. Les Phéniciennes de Phrynichos lurent montées ;'i la scène quatre ans avant.
3. Le courrier parait de l'invention d'Eschyle. Phrynichos l'ait paraître sur la scène un eunuque, qui, tout en disposant les sièges destinés aux vieux conseillers du roi, monologue le récit de la hataille.
gauche, composée des trières alhénienncs, conduite par Thémistocle et où combattait Aminias de J'aliène, ait élé la dernière ; ni que les Grecs, ayant cerné l'adversaire, l'aient frappé en tournoyant autour de lui, ce qui a fait dire à Jurien de la Gravière que le poète a fait de la tacli(juc après coup '. Le récit du courrier est courl et entrecoupé ; tout cela d'ailleurs concorde à merveille avec l'état d'âme supposé de cet infortuné courrier qui déplore son sort de héraut du malheui" ■. 11 est donc naturel que ce récit soit succinct et même un peu vague. Dépouillé de tout ornement poétique, voici à quoi il se réduit à peu près : « Xerxès, abusé, l'ait fermer nuitamment les passes et bloque lile. Mais l'aurore pointe, et les Grecs ne s'enfuient pas. Soudain s'élèvent leurs cris de guerre. Les Barbares, trompés dans leur attente, sont saisis dell'roi. Les Grecs appareillent au son des trompettes; voguant en cadence, ils apparaissent en ordre parfait, la droite en tète, le reste suivant. Les équipages alors entonnent le péan ; les Barbares répondent de leur clameurs. Le combat s'engage; une trière attaque une galère phénicienne dont les apkistres volent en éclats. D'abord le courant des Perses résiste, mais l'action se passant dans le détroit, les navires perses s'entrechoquent et entrebrisent leurs rames, tandis que les Grecs les frappent tout autour. Les coques se renversent et la mer se couvre d'épaves; les morts sont rejetés par la vague sur la cote. Les barbares fuient à toutes rames et la nuit seule met lin au carnage. Entre temps les Grecs parquent et exterminent les Perses débaïqués de la veille sur la petite ile située à l'issue du détroit. Xerxès, suivant la bataille du haut d'un tertre au bord de la mer, est brisé de douleur, déchire sa pelisse, et, avec l'armée de terre, se sauve honteusement en Asie. »
Nous n'en saurions pas long sur les péripéties de cette action sans Hérodote, qui s'est chargé de compléter ce récit. Si hier a raison de dire qu'Hérodote, en composant son a,^uvre, avait sous