I.A DATR 'ZZt
juste le Icndeiuaiii du 20 Uoedromion, maïKjuent de buse solide'. Plutarque toutefois, place aussi la bataille vers le 20 lioedro- ?nio/i, lendemaiu de la procession précédant les mystères d'Eleusis -; mais, rapportant, dans la vie de Thémistocle la vision d'Iacchos, il la place au jour même de la bataille et au moment le plus vil' du combat, quand le vaisseau-amiral de la gauche des Perses lombait aux mains des Grecs et que le Irère du roi lui-môme succombait sous les coups des tiicrarques athéniens Aminias de Décelie et Sosiclès de Pédice. C'est alors qu'apparut, rap|)orte-t-il, une grande lumière du coté d'Eleusis ; une clameur s'élevait et roulait par la plaine de Thrias jusqu'à la mer, comme d'une foule nombreuse menant le chœur myslicjue d'Iacchos '\ Or, puisque l'iacchos était mené le 19 liûcdromion. c'est au 19 Boedromion, vers septembre, qu'il fallait placer la bataille. Mais Plutarque ne veut pas en assumer la responsabilité et il met vaguement : tteoI -h.;, s'.xâôa;. Cela ne lempèche pas toutefois, dans une autre occasion, de placer la bataille au 16 du mois attique Munychion *, ce qui alTaiblit singulièrement son témoignage. Muni/chion, c'est vers avril; or, en avril 480, c'est à peine si Xerxès était sorti de Sardes. Si la hataille de Salamine fut livrée au mois de Munychion, comme plus de quatre mois lui ont été nécessaires pour effectuer sa marche de Sardes à Athènes ', les Perses auraient dû quitter leurs quartiers d'hiver au cours môme de la mauvaise saison. C'est une regrettable confusion. Plutarque ajoute
1. Ilauvettc. Hérodote Inslorien des f/uerres médigues, p. 407.
2. Plutarque, Camil. l'J : èv oi Zzln^ih: -epi ziç sixâoa; (svixojv). Les Eleiisinie.s duraient 9 jours.
3. Id., Thémisl. 14 et lo : "Ev 5à tojtw toO àyûvo; ôvto;, -^w; aâv £xXâu'|ai i^iya XÉyouatv 'EXsujivôôsv, t,/ov ôi vcal ïwvt,v tô Bp-.âsiov vc^tî/eiv reSîov iyp: t?,; 6aXâi-
4. l(\., Moral. 349. F. nôTcOOv 'AOT.vaïoi. . . svôoçô-cspo: : « tt,v 6è ëitiTiv è-'t SsxaSi TOÛ Mouvu/iûivo; 'AoTSULiOt xaOiï'pwjav, èw r, xoï; "EXXtjSi Ttepî SaXajiTva v.xwsiv,
o. Hérodote, VIII, '6[. Les Barbares ont envahi l'Atlique trois mois après le passage de rilellcspont et après avoir temporisé un mois entier sur ses bords. Ilèrotiote se contente de rapporter, au lieu de toute autre précision, que le moment de leur entrée en Attique coïncida avec l'archontat de Calliade.
•i-lH LA BATAILLE DÉCISIVE
que le 16 Miimjchion élail un jour consacré par les Alhéniens à Arténiis, parce que la déesse, qu'on confondait avec la lune, se montra brillante et 7:ava-s).T,vo; le même soir à pareille date d'avril, pour saluer les vainqueurs à Salamine. On voit combien précaire est la joie de ceux qui, sur la loi de l'asserlion de Plularque, crurent posséder une preuve de l'impossibililé dans laquelle se Irouvait la flotte barbare de pénétrer dans le détroit par un pareil clair de lune. Ce témoignage du célèbre polygraphe ne saurait être pris au sérieux. Goodvvin luimême hésite ' à admettre l'indication fournie par Plutarque, à savoir que la bataille a été livrée le 16 Miinychinn et à la pleine lune, ainsi que cette autre date plus probable, rapportée également, comme nous l'avons dit, par Plutarque, du 19 ou 20 Boedromion, c'est-à-dire vers le 20 septembre du calendrier grégorien. Cependant, pense Goodwin, la tradition selon laquelle une nuit de clair de lune précéda la bataille parait bien fondée et authentique.
Le calendrier athénien, poursuit-il, est basé en général sur les phases lunaires, et ses mois étaient à peu près exactement des mois lunaires ^ Il ne serait donc pas possible que le 19 du mois fût longtemps après la pleine lune. D'ailleurs la lune de septembre, six jours après son plein, se lève avant dix heures du soir ^ Après avoir solidement assis leur avis sur ces raisonnements, M. Goodwin et tous ceux qui ne veulent pas admettre que la flotte perse ait pénétré dans le détroit la nuit, opinent qu'une nuit nuageuse serait chose difficilement conçue à cette saison là de l'année, ce qui prouve qu'ils écrivaient par une belle nuit d'automne et surtout qu'ils n'écrivaient pas sous le ciel attique, qui malgré sa beauté est un ciel fort
1. Goodwin. Pap. of tke Am. Sch. ofClas. Sf. at Atliens. Vol. I, p. 248.
2. Le mois athénien, comme on sait, était lunaire et correspondait à l'inlcrvalle entre deux nouvelles lunes, soit exactement à 2'J jours 12 heures 44 minutes et quelques secondes. Vi\ ne croit pas que les anciens connurent cette précision, ils admeltaient un mois lunaire de vingt-neuf jours et demi, et donnaient pour simplifier vingt-neuf jours à un mois et trente au suivant.
:). Sur celte question, ample dissortalion dans l'étude dcHocckli sur les cycles huiaii-es des Grecs, lioockh, Mondnjden dev llelleuen. p. ":{. 14.
La date 2-29
capricieux et lerlile en surprises, (juanl au mois de septembre en particulier, il en est de pluvieux et nuageux en Grèce; cela n'a rien d'extraordinaire '. Ainsi, à défaut de témoignages précis, et étant donné que parmi les interprètes modernes, les uns sont disposés à admettre une date très antérieure au 28 septembre -, dans l'espoir sans doute, d'avoir, la veille de la bataille un beau clair de lune, les autres, comme Busolt ', placent la bataille environ sept ou huit jours après la date du 20 Boedronùon, il en résulte qu'un ne peut pas avoir une date sûre de révéncment. La bataille eut lieu les derniers jours de septembre 480, mais nous ne savons rien de plus précis et nous n'allons pas en imaginer.
Mais enfin, si l'on est tenu d'exprimer sa pensée intime sur cette question, nous admettrons comme date probable le 28 septembre, déjà proposé par Husolt, et même le 29, voici pourquoi : Laissons d'abord do coté Plutarque et ses contradictions, on n'en pourrait déduire rien de certain. Hérodote est encore ici le guide qui peut nous aider le mieux pour aboutir à une solution possible. D'abord, nous avons de lui la date, la seule qui soit sûre et que l'on soit parvenu à préciser, celle de l'éclipsé de soleil, le 2 octobre 480. Il s'agit à présent de déterminer aussi combien de jours se sont écoulés entre ce phénomène et la bataille, puisque, d'après Hérodote, l'armée perse a- commencé sa retraite « quelques jours » après la bataille, et qu'à ce moment, le soleil étant obscurci, la poursuite méditée par Cléombrole avortait. Reprenons les évcne-
1. Très instructive est la statistique publiée par M. Aeginitis, dans son Climat de la Grèce, Athènes, iy08, vol. I, p. 487, sur les jours nuageux en Attique, de 1895 à l'JOo. Le nombre des jours de ciel nuageux varie de 10 à 20 en septembre. Ce dernier chiffre de 2G est exceptionnel, le mois de septembre ne comptant pas parmi les mois vraiment pluvieux dAthènes. Si, maintenant, on i)rend en considération que les premières pluies d'automne, les •npwToêpciyta, comme on dit aujourd'hui en Grèce iv. le Climal de la Grèce, p. 408. 409> coïncident presque toujours avec les derniers jours de seiilfuibrc Xennph. Ecoiwm. 1, 17, i;, il n'j' a rien d'élonnant à ce que, parfois, le ciel d'AUi(iue reste constamment couvert la dernière semaine de ce mois. Il y aurait là de quoi réjouir M. Busolt.