‹ La bataille de SalamineChapitre 191 sur 325 · Hérodote, VIII · texte numérisé non relu

Hérodote, VIII

roi, du noQi de Dikceos Thcokydeos, Athénien, celui-là même qui raconte le fait, se trouvait avec Démarate, du côté dcThriasion, qui est la plaine devant Eleusis, lorsqu'il vit tout à coup une chose étrange. Tandis que l'Allique envahie et pillée par les Barbares était complètement déserte et vide de ses habitants, que par conséquent on ne pouvait s'attendre à voir passer la procession que les Athéniens avaient coutume de faire tous les cinq ans, en l'honneur de Déméter et de Perséphone, ni à entendre le mystérieux lacchos ', un gros nuage de poussière s'élevait sur la plaine et la voie sacrée comme s'il prove^ nait d'une foule de trente mille personnes, et cette poussière roulait vers Eleusis. En même temps, les sons lointains des chants sacrés frappaient leurs oreilles. Peu après, ce nuage s'élevait dans les airs et allait descendre sur Sala mine et le camp des Grecs, augurant leur victoire selon l'impression des bannis, Démarate et Dika^os. Aujourd'hui comme au temps jadis, quand le vent débouche furieux des ravins de Githéron et de Phylé, court retentissant de mille cris à travers la plaine de Thriasion et va raser le sol du littoral et de la voie sacrée; quiconque traverse ces parages voit se reproduire la vision interprétée comme un prodige par l'esprit épouvanté des bannis, ou par la piété du peuple athénien qui, dans sa victoire, voyait avant tout la protection de ses dieux. Oh ! alors, la fine poussière blanche roule en gigantesques colonnes vers Eleusis, et on dirait vraiment la poussière levée sous les pas de trente, de cinquante mille pèlerins, fjcitlant le sol argileux et se hâtant vers les mystères.

Hérodote cependant, il me semble, ne précise pas nettement que ce fut la veille de la bataille que Dikieos crut voir la pompe d'Iacchos '" et on a raison do penser que les calculs fondés sur cet épisode pour établir que la balaille eut lieu

1. l'our la procession d'Iacchos voir P. Foucart, Les Mi/sli'res d'Eleusis, Paris, 1914, p. 324 et s. Au temps des guerres iiiédiques, lacchos n'avait pas encore de personnalité, il désignait les chants et les acclamations poussés par le cortège des mystes (v. id. p. 110). C'est le sens qu'il a dans le récit d'Hérodote.

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