Traduction liancaise de M. Marj'eric, 4 vol
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pouvons le mieux constater les modifications que la ligne de rivage a subies pendant la période historique, mais il convient en même temps, plus que partout ailleurs, de distinguer soigneusement des traces récentes celles qui appartiennent aux âges antérieurs '. 11 existe de nombreuses preuves de fixité du niveau de la Méditerranée pendant les derniers millénaires'. Ces preuves de la stabilité des rivages, enregistrées par le savant Viennois, sont vraiment frappantes. Depuis plusieurs milliers d'années, le niveau de la Méditerranée n'a pas varié. Il n'y a qu'une exception pour le sud-ouest de la Crète. En général d'ailleurs la Méditerranée ne nous fournit jusqu'à présent aucune preuve d'un soulèvement lent de la lithosphère datant de l'époque historique. Depuis le temps où vivait Polybe et où fut rédigée la description des pays donnée par Strabon, il ne s'est produit aucun changement notable dans le niveau de la mer. Entre le golfe de Messénie et le golfe de Laconie, les cavernes littorales, les fiopiot^ des anciens, creusées par la mer, sont au même niveau qu'il y a deux mille ans '. M. Cayeux l'éminent professeur de l'école des Mines, ayant repris la question de la fixité du niveau de la mer à la suite de ses recherches de Délos, aboutit aux mômes conclusions'. Mais d'après M. Négris, pas une ville littorale de la Grèce ancienne n'est exempte de preuves de submersion et même ce phénomène s'étend à toute la Méditerranée •'. Quant aux constatations contraires, il observe que des exemples isolés de brusques catastrophes telles que celle d'Héliké, engloutie dans les flots, ont entraîné les géologues à expliquer toutes les submersions par des causes sismiques amenant brusquement des glissements, tassements ou affaissements. Donc, selon M. Negris, la mer, qui à la fin de l'époque glaciaire apparaît au niveau de
1. Siiess, La face de la Terre, traduction Iraiiçaise de M. Margerie, t. 11, p. 689.