Op. cil. 12 t. I. p. SOfi. Strabon, 335, 3Gn, 3G
4. Fi.rifé (lu niveau de la mer Médi/erranée à Vépoqiie liislorique 'Annales de Géographie 1901, p. 98).
■ '. .Ni''gri3, Délos et la fransr/ression actuelle des mers.
QUESTIONS TOPOORAPUIOUES 2oo
200 mètres environ aii-dossus du niveau actuel, descend ensuite. Ce mouvement de régression ou abaissement de la mer a été suivi d'un mouvement de transgression; c'est ce mouvement ascendant, si vivement contesté d'ailleurs, qui aurait constitué un des derniers chapitres de l'histoire du globe terrestre. Dans la série des arguments apportés par M. Négris à l'appui de sa thèse, Salamine joue un certain rôle. Le canal de Strabon, large seulement de deux stades n'est pas oublié d'abord, et on l'emarque en outre que la carte de l'amirauté laisse voir autour de l'axe du détroit, entre l'île de Saint- Georges et le continent, un chenal plus profond, qui aurait précisément deux stades, 370 m. de largeur. Les terrasses sous-marines qui limitent ce chenal, sont, il est vrai, à trois brasses de profondeur; cependant, il est probable que, étant formées des mêmes roches tendres que la côte, l'érosion aidée par la transgression a déterminé une surface d'abrasion de chaque côté du détroit. L'érosion ici aurait également fait disparaître lapetite Pharmakoussa, le récif connu, le Klippe de M. Lolling. Des phénomènes analogues auraient été produits à l'extérieur du détroit. Tandis que Strabon cite ici trois îles, nous n'en retrouvons que deux, Psyttalie et Alalante. La troisième serait représentée par des bas-fonds situés à l'ouest des deux premières. L'une des îles aurait disparu par érosion marine et sous les eaux montantes. C'est probablement la même que cite Hérodote sous le nom de Kéos et que les archéologues n'ont pu encore retrouver.
On ne peut nier malgré tout que tout cela ne soit qu'hypothèses, et que rien n'est certain. Suess s'exprime là-dessus avec une sincérité admirable. (( L'éloignement d'un grand nombre d'astres dans l'espace a pu être déterminé, quant à l'éloignement, dans le temps, des lignes de rivage les plus récentes de Gapri ou du dernier banc de coquilles de Tromsœ il ne nous est pas possible de hasarder un chiffre, même approximatif ».
A la rigueur donc, on peut admettre l'oscillation de la ligne du rivage et rester sceptique devant les théories absolues
d'une augmentation conslante et progressive du niveau des mers.
Cependant, à Tenconlre du vague de ces théories il est certain que dans les temps histori(]ues presque toutes les côtes de la Grèce ont subi, indépendamment des mouvements du niveau de la mer, plus ou moins de modifications, la terre gagnant presque toujours sur la mer, à cause des alluvions incessantes; une multitude de torrents impétueux, un pays montagneux de toutes parts, brusquement incline vers la mer en sont les causes. Au surplus l'histoire récente du globe terrestre olTrc des milliers d'exemples analogues. Les levées de sables et de galets contribuent largement à ces transformations. Remarquable exemple, l'île de Portland dans la Manche, reliée à la côte de Weymouth par une levée de galets, longue de vingt-six kilomètres. Des villes maritimes ne le sont plus, et à la place des ports s'étendent des plaines, et sans nier l'existence d'écueils érosés, il y a des centaines d'îlots, qui au lieu de disparaître, tout au contraire se sont accrus, se sont unis au continent et ont servi à former des presqu'îles. Le port de Garthage, le Asyaiov de Corinthe, les villes du golfe d'Issus ', perdus à présent dans l'intérieur des terres, les Thermopyles qui ne sont plus une corniche étroite mais une plage, l'île du Piréequi est actuellement une presqu'île. Le Pirée était primitivement une île, rattachée plus tard au continent par le retrait de la mer et par les alluvions, qui ilonnèrent naissance à la plaine basse et marécageuse du Phalèro". Dans le nord de la baie de Navarin, la phigo qui s'étenti de l'embouchure de la rivière Xérias à la passe nord, est de formation récente, et dans cette passe, pour causes d'apport et d'ensablement, il ne reste aujourd'hui que quatre décimèti'cs d'eau. Clazomènes autrefois séparée de la terre ferme, l'île de Phare d'Alexandrie,
1. Toutes les anciennes villes maritimes du golfe d'Alcxandrette ont disparu sous les alluvions et les ports sont comblés. Où sont-elles, les cités île Mallos et d'Issus? Tout est enfoui dans les sables et très loin de la mer.
2. Strabon, 1, 3, 18. Tôv îletpaiâ vTiU'.âÇovxa ':ipÔT£pov xal irépav t?,; jxtt; y.ciiaevov O'jxiu cpaalv ôvo;jiaa9f,vai. Cf. Suidas v.» TrpÔTcOOv 6 IIc'.pa'.EÙ; vf,To;, o6£v xal
XOÛvOjJLa £Ï>iT,CS£V àltÔ TOÛ SlXTTEpâv.
Saint-Malo et Aigues-Mortes ' peuvent de môme servir d'exemple, ainsi que la presqu'île de Giers entre Hyères et Toulon, rattachée au continent par deux longues levées de sables; Qiiiberon, le cap Sepet. Semblables jonctions se présentent entre iles rapprochées comme les Miquelones, séparées encore en 1783. Laissons de côté les apports continus des grands tleuves ; les exemples abondent, et tout le monde sait que la Camargue est (ille du Rhône.
Partout, la mer a cédé; Jules César reprenant aujourd'hui ses opérations contre le portd'Itius^ ne trouverait devant lui que les terres de Vissan. Pompéï n'est plus au bord de la mer, et sous les cendres et les sables on trouve des débris de quais portant les anneaux pour amarres. Partout où il y a dos fleuves, des torrents, où les averses sont très violentes comme en Grèce, le littoral s'accroît aux dépens des sommels qui se dénudent. Il y a peu de rivages qui n'augmentent pas de la sorte, qui ne gagnent pas sur la mer, quelquefois avec une surprenante rapidité. La Grèce, — îles et continent, — est en grande partie entourée d'une bordure de plages, formée tant par les apports des torrents et des rivières, que par la levée des sables. Ce dernier fait est souvent la cause du phénomène autour de rochers isolés qui font office d'appui et d'abri. Bon nombre d'îlots détachés et de terres marines importantes ont perdu leur caractère insulaire, et se trouvent reliés au continent voisin par une levée de sables et de galets, qui les transforment on presqu'îles. S'il y avait réellement des presqu'îles à Saint-Georges et à Amphialé, dans le détroit de Salamine, aux temps classiques, elles auraient très probablement augmenté d'étendue, deux facteurs agissant dans celte direction, la levée de sables et les innombrables petits torrents formés à
1. M. Gh. Lenthcric, Les villes mortes du golfe de Lyon (l'auteur rejette l'ortographc Lion), Paris, 1889, p. .3;jl et s., admet seulement dans la période antéhislorique les transformations de la plaine d'Aigues-Morles, recouverte jadis par les eaux. Cependant lui-même nous informe (p. 360), que l'avancement régulier de la plage proche de l'Espiguette est de dix mètres environ par an.
2. Itius ou Iccius Portus, sur le détroit de Gaule Pas-de-Calais). César s'y embarqua pour la conquête de la Grande Bretagne.
L\ BATAILLn DIXISIVE
chaque pluie sur les parois du (h'troit. A quelques kilomètres de distance, dans le second dt'troil de Salamine, Minoa ', d'ile qu'elle élait au temps de la guerre du Péloponèse, devenait une presqu'île en l'espace de quelques siècles. Ce n'est pas le courant insignifiant de ces détroits qui aurait pu s'opposer à de [lareilles transformations, puisque le torrent impétueux d'Euripe n';i pu, |>eudant le temps de la domination turque,
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