‹ La bataille de SalamineChapitre 227 sur 325 · Pape · texte numérisé non relu

Pape

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Ce qui ost vrai, c'est (|u'l']urybia(Je, conscienl de sa responsabilité, au lien de se laisser aller à des mouvements inconsidérés, fait preuve d'esprit conciliant et sait ménager Thémistocle, comprenant bien, ce qui n'était pas malaisé d'ailleurs, que sans les forces athéniennes, il ne pouvait rien. Il laisse donc Thémistocle réprimander Adimante, après quoi le général d'Athènes adresse la parole à Eurybiade lui-môme, et tout en évitant de répéter ce qu'il lui avait dit en particulier, c'est-à-dire que les alliés une fois loin de Salamine, vont se disloquer, essaie de le persuader de rester, et de livrer la bataille navale sur les lieux mêmes. « Vers l'Isthme, dit-il, la mer est vaste et ouverte, ce qui est peu favorable à nous qui avons des trières plus lourdes et sommes inférieurs en nombre; et déjà par ce mouvement rétrograde, tu perds Salamine, et Mégare et l^gine. Ajoute (}uo l'armée ennemie suivra sa marine, comme c'est la règle, et ainsi, tu conduiras toi môme les ennemis dans le Péloponèse, et tu seras la cause de la perte de toute la Grèce. Au contraire, si tu suis mon avis, tu te battras avec avantage dans une mer étroite, contre une marine plus nombreuse, puisque, vu la composition de nos Hottes, la haute mer est avantageuse pour renncmi, la mer resserrée pour nous. En couvrant Salamine où la ville d'Athènes s'est réfugiée, tu défends du môme coup le Péloponèse, comme si tu étais à l'Isthme, avec l'avantage que tu ne conduis pas l'ennemi toi-même aux portes de la péninsule. Si nous le battons comme j'en ai la certitude, non seulement il n'avancera plus sur terre, mais même il battra en retraite dans le plus grand désordre. ^Battons-nous à Salamine, où l'oracle nous annonce la victoii-e, cl soyons prudents, car les imprudents ne sont pas T ^ aimés des dieux '.j

1. Les retranchements de Tlsthme seraient-ils capables de sauver le Péloponèse? Ce n'était pas l'opinion que le si écouté à Sparte Tegeate Chileos faisait dans une autre occasion entendre aux Épliores. D'après celle-ci malgré les murs de l'Isthme, il y avait toujours de grandes portes ouvertes à deux battants pour que le barbare entrât au Péloponèse. Sparte n'ayant pas la suprématie maritime pour en défendre l'accès (Hérodote, IX, 9 : xatzso xêiyeo; Sià xoû 'ItSiaoû £XT,>>a|j.;vou xxpxepoû, asyiXïi xXuiïÔe; iva-szxéaxa'. s; xi.v IleXozdvvTiTOv t<7) Uép'St^).

La tradition athénienne veut que l'irascible et entêté général de Corinthe ait pris de nouveau la parole ' et qu'il ait exhorté avec véhémence Eurybiade, à ne pas écouter un homme qui ne représente plus une ville, puisque Athènes est déjà aux mains de Tennemi ; on ajoute qu'il ordonna au général athénien de se taire, ce qui provoqua la belle et fière réponse de Thémistocle, également rapportée par Hérodote et par Plutarquc ' : « Notre ville à nous, la plus grande en Grèce, ce sont nos deux cents trières ». Se tournant alors vers Eurybiade, le général athénien lui dit une dernière fois : « Si tu ne veux pas perdre la Grèce, reste et combats ici; tout, dans cette guerre, dépend de la marine. Quant à nous, si tu persistes dans ton opinion de quitter ces eaux, nous n'avons qu'à embarquer nos familles, et à aller nous établir on Italie, à Siris, qui nous appartient. Alors, on verra ce qu'il adviendrait du départ de pareils alliés! » Cette menace n'était pas vaine; on a vu plus d'une fois dans l'antiquité, de pareilles transplantations de villes. Cela se faisait avec une étonnante facilité. La ville, emportant ses pénates, allait créer une nouvelle patrie dans les pays les plus éloignés. Lorsque Arpagos, une vingtaine d'années avant la bataille de Salamine, à la tête d'une grande armée perse, marcha contre Phocée \ ses citoyens se sentant trop faibles pour lui opposer une résistance sérieuse, lancèrent à la mer leur tlotte de pentécontères, puis après avoir embarqué femmes, enfants et meubles firent voile vers Chio. Les Chiotes ayant refusé de leur vendre les îles G^nuscs, les Phocéens se diligent alors vers la Corse où déjà ils avaient fondé une ville, Alalie. Mais battus a|)rès quelques années par une coalition d'Etrusques et de Carthaginois, ils cmigrent une fois encore. Il vont dans Tltalic méridionale pour fonder Yèlc. Les Téïens également, ne pouvant pas se mesurer avec les Perses, émigrenten Thrace et fondent Abdères. La prise de Milet et le désastre ionien furent marqués par d'autres émigrations comme celle d'une grande

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