‹ La bataille de SalamineChapitre 228 sur 325 · Hérodote · texte numérisé non relu

Hérodote

DE PI1ALÎ;RE aux nÉTROITS ^73

partie des Samiens qui allèrent à Zangle de Sicile \ et celle des Byzantins et des Clialcédoniens qui, ayant à subir trop de vexalions des Phéniciens faisant escale chez eux en grande flotte, abandonnèrent leurs villes et allèrent fonder Mésembrie sur la Mer Noire -.

Raase cependant insiste ^ : « Certes, il ne faut pas prendre au sérieux cette menace, il est probable que cela a été inventé après coup et Tidée n'est pas étrangère, comme avec raison lieloch * le pense, à la fondation plus récente d'une colonie athénienne à Thurii ». Malgré tout, nous préférons nous ranger à l'avis d'Hérodote, convaincu de la gravité de la menace de Thémistocle, et de la profonde impression qu'elle a faite sur l'esprit d'Eurybiadc, qui se trouvait, en tout cas, mieux en état de juger les choses que M. Raase et M. Reloch '.

b^urybiade craignant donc de voir l'armée placée sous ses ordres se réduire de plus de moitié, prit sur lui de rester et de combattre à Salamine. Là-dessus, des ordres furent donnés pour se préparer au combat, et des prières adressées aux héros de Salamine, Ajax et Telamon, tandis qu'une trière voguait vers Egine pour invoquer l'assistance des Placides.

Cependant, lorsque sur le tard, les généraux du Péloponèsc virent l'immense front de bataille de la tlotte perse se déployer en face de l'issue du détroit et de la côte méridionale de l'île, lorsque surtout ils apprirent que l'armée perse se mettait en marche vers l'Isthme, ils furent au comble de l'inquiétude en songeant que, restés pour défendre la teire athénienne, ils couraient le risque d'être battus et cernés dans une île, et ils allaient laisser sans défense leur propre pays. Il y eut donc au début des murmures, contre ce qu'on appelait la folie d'Eurybiade, et ces murmures ne tardèrent pas à revêtir un caractère

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