Hérodote, VIII, Tô
270 LA BATAILLK DECISIVE
favoris. On pourrait doncadmetlre de celte tradition ce qu'elle a de vraisemblable, à savoir que Sikinos se laissa adroitement prendre par les avant-postes barbares, el, interrogé, fit comprendre aux olïiciers perses que les Grecs préparaient pour le soir môme la fuite, d'ailleurs, attendue'. Cette information suivant de près le fait que les flrecs n'avaient pas accepté la bataille, fit voir aux Perses qu'il fallait en toute liàtc bloquer ou au moins surveiller les issues méridionales du détroit pour empêcber la sortie de l'ennemi. Mais ce blocus ne serait que le prélude de l'action finale qui aurait pour but de s'emparer de la flotte et du camp ennemi. Ce blocus ne pouvait pas durer ; les trières étaient incapables de résister à la boule, les rameurs ne pouvaient pas étie indéfiniment assis sur les bancs, les épibates massés sur les gaillardsd'avant, sans danger d'ankylose ; le renouvellement des provisions en vivre et eau potable créait une autre grosse difficulté. Il fallait donc en finir au plus vite en brusquant l'attaque ; il fallait agir pendant que le calme persistait; si par liasard les confédérés ne prenaient pas la fuite, et par suite, ne sortaient pas du détroit, il fallait aller les y trouver. De tout le récit d'Hérodote se dégage l'impression que jusqu'à minuit il n'y avait que blocus, mais qu'à partir de minuit les dispositions d'attaque commencent, de façon qu'au lever du soleil les Barbares marcbent contre les Grecs. Nous allons examiner le détail de ces dispositions.
i. Cr. Diodore, XI, \1.
CUAPITUK IV