‹ La bataille de SalamineChapitre 230 sur 325 · Hérodote, Vl · texte numérisé non relu

Hérodote, Vl

LE l'IlALKRE AL\ DETUOITS -'O

sur lequel les émigrés i*i?isliati(les devaient avoir bien éclairé Xerxès? Il aiirail été sans doute 1res adroit, ce Sikinos, s'il fui parvenu à ne pas éveiller les soupgons de ces généraux ombrageux qui, peu de jours auparavant, emprisonnaient le citoyen d'Hisliée-en-Eubée (jui leur annonçait la retraite de la flotte grecque, et dont ils considéraient la démarcbe comme un piège '. D'après Escbyle, le stratagème seul de Thémistocle est ce qui détermina le grand roi à l'attaque; d'après Hérodote, ce stratagème eut seulement pour efl'et de décider le grand roi, qui déjà se préparait au combat, à cerner sur le champ de toutes parts Salamine et la flotte grecque. Sans bésiter, il faut opter pour cette dernière version plus conforme à la logique des faits. D'après Hérodote donc, Sikinos', esclave de Thémistocle, et pi'écepteur de ses enfants, élevé plus tard par celui-là même à la dignité de citoyen à Thespies, et comble de richesses pour cet éminent service, s'embarque et va trouver les généraux des Barbares pour les informer que les Grecs épouvantés se préparent à fuir, divisés d'ailleurs entre eux, car une bonne partie déjà penche vers la soumission au loi. Mais Sikinos ne s'en tient pas là, il ajoute qu'il est envoyé du général des Athéniens qui est pour le loi, et désire sa victoire. Ce dernier mot affaiblit singulièrement la véracité de la tradition. L'accueil favorable, dont Thémistocle fut plus tard l'objet à la cour perse, tout naturel d'ailleurs et n'ayant rien d'insolite dans la politique des rois perses, donna peut-être naissance à une telle légende. Mais comment admettre que dans un (juartier général, entouré des bannis d'Athènes et de Sparte, composé pour moitié des tyrans d'ionie, de chefs Thébains, de tous les ennemis de la politique dont Thémistocle était l'âme, les assertions de Sikinos pou^'ai(Mlt être piises au sérieux? Dans les mains du vulgaire, l'histoire subit des transformations vraiment extraordinaires. C'est qu'il cherche sans cesse ces coups de théâtre qui lui paraissent seuls capables de peindre la majesté de ses héros

1. Plufanino [Hnir atti'iiui-r un peu riiiiprossion représente Sikinos comme étant d'orif^ine perse.

Page 1