‹ La bataille de SalamineChapitre 266 sur 325 · Ed. K. K. Millier, p · texte numérisé non relu

Ed. K. K. Millier, p

2. Nous donnons in extenso le passage de l'anonyme indiquant si nettement le désavantage, pour les marines à rames, de Tordre concave en face d'une formation nécessairement convexe et composée de plusieurs lignes de vaisseaux arrivant successivement sur le champ de bataille. K. K. Muller, Eine Griechische Schrifl i/ber Seekj'ier/, W'urzburg 1882, p. 16 : /pwiisôa Se xal loÛTti) iû> a/T.jjLaT'. (savoir Tordre convexe), oxav ô'.aa/iaai t>,v -^ aXayva twv svavriwv Stavoo'j[i.£8a xat Sia^Oja: tTiV Tâ^tv aÔTÛv • ffujjLêâXTvSTai os r,\xiy toûto [j.âXtsTa, ÔTioTav ot svavxiot rr, [jLT.vos : Seï xé/pT|VTai iDakzyyi, wttî ôià [Asaou Êxeivr,? ywooyffTiî xt,ç xupToetSoOî tpà)»aYyo<; èv xi^ei tV [id/r^"^ itoistv. . . Et p. 14 pour le rôle qu'ont à jouer les ailes d'une armée dans Tordre concave, c'est-à-dire en [i.T,vcei56Ï tpâXayvt, si elle est attaquée par un adversaire formé en ordre convexe, en xupToeiSsï oiXoLyyi, et sur plusieurs lignes : ïva toûtoiî (il veut dire les trières de la deuxième et des lignes suivantes) ôpûvTsç, o'. T:ap' Éxâtspa xfiç ;j.T,voet5oû; tpi>>ayYo; T£Tay[jiévot, [x>, auvspyojvta'. xaxà xoiv TipoAaêdvxwv, w; [xt, xaxà vuixou aOxûv ysvéîOat xoùî xaxà xôv Ssûxepov Çuvôv Xîxayjjiévo'j;. ôiô St, xoûxov xôv xpÔTTOv àvTtitapaxaxxotJiÉviov xwv èvavxîwv O'J 7pT, xà? — Xr.a'.aÇo'jjaî xaïî oixpj.:^ xaxà xwv i:po)>a6ôvxwv xôJv 7:o)v£[iitov ayvspyesôat, àX)>' àvaasvEiv xà; èirt xoû Se'jxépou Çuyoy xwv TïoXsijiiwv, xaxa)va[j.êavo'jaa; 5è r, sutj.TzKév.ti^'X'. aùxaî; t, x'r,v slaoSov Trapa/wpo'jjai; xaxà vwxo'j xwv è/6pojv yivcffOat ». Mais à Salamine, si nous admettons comme théâtre de toute l'action les passes situées entre Kéramos et Kynosoura, et les Perses formés en plusieurs rangs dans ces passes, les navires grecs des deux extrémités de leur ordre concave seraient mis dans Talternalive ou de se porter sur les derrières de la première ligne ennemie, qui menaçait d'enfoncer leur centre, ou de laisser passer toutes les lignes ennemies de peur d'être pris entre deux de ces lignes. Dans tous les cas, s'ils se détachaient de Kéramos et de Kynosoura pour dessiner une attaque, ils créaient un nouveau danger en laissant des deux côtés des passages dont pouvaient profiter les nombreuses réserves perses.

L'aperçu tactique de Tau leur est singulièrement fautif '. Tout d'abord, les Perses à Artémision ne se sont jamais servi de l'ordre convexe, xuarr, Tà;^, comme il le suppose malgré le texte d'Hérodote, ni les Grecs de l'ordre concave. Hérodote dit, pour le premier comme pour le second combat, que les Perses se sont formés de manière à envelopper les Grecs, qui de suite se rangèrent en ligne courbe, pour se défendre et briser la ligne ennemie concave. Voici ce qu'Hérodote raconte. Les Barbares voyant l'infériorité numérique de la flotte grecque, les entourent de tous les côtés ^ Au premier signal, alors, les Grecs tournent la proue vers lennemi et ramassent les poupes au milieu, ce qui veut dire qu'ils forment l'ordre convexe, sinon un cercle. Au second signal, ils attaquent vigoureusement de front et de près, c'est-à-dire sans reculer pour prendre de l'élan ^ Au second grand combat suivant, les Barbares se forment en un croissant, c'est-à-dire en ordre concave, s'efforçant de cerner les Grecs '\ Dans les deux rencontres, les Perses ont essuyé un revers. Comment donc ïhémislocle auraitil été amené, comme le veut la dissertation, à conseiller une formation qui n'aurait pas abouti, ot pourquoi d'ailleurs emprunter une tactique à l'ennemi? La tactique doit être uniquement inspirée du matériel dont on dispose. Donc, ïhémistocle, en cette circonstance, ne pouvait imiter la tactique d'une flotte plus nombreuse et de trières d'agilité et de qualités de giralion supérieures, — à^jLS'.vov TrXwoÛTa;, — luimême ne disposant que de trières moins agiles et inférieures en nombre. Au surplus, tout cet échafaudage des formations concaves ou convexes entre Kéramos et Kynosoura manque

2. Hérodote, VIII, 10 : xà; [lév yj lôiv 'EXXï,vuv ôpeovxE; ôXiyaî vî'a;. xi; ô' éwjxûv T.Mfii-1 xê TtoA)>a7:Xa7ta; xal àtaeivov xXtoo'jTa; xaxa-^povT,ffavxe; xaOxa sx'j-x)iOÛvxo aûxoù; èî [xéïov.

3. Hérodote, VllI, Il : Toïji 5" "EXXr.si ôj; èiTr,[x-nvE, icpioxa [lèv àvxîzpwpo; xoÎT'. êapêipoiTi yavôiiEvO". è; x6 [lésov xi; -p'jjjiva; ijuv/|YaYOv, Seyxepa ôè <iT,iAT,vavxo; ëpyou ct/ovxo, èv oXîyo) irep àTroXaixfflOévxei; xal xaxà (TxôtAa.

4. Hérodote, VII, 16 : Oî "Ea)>TjVc; àxps;jLa; el/ov irapi xiô 'Apx£[xiTÛi). 0'. ôè ^ap- 6apoi iJLT,vo£i5è; -o:r,(javx£; xwv vïwv èx'jxXéovxo, w; -spt)>â6ot£v aùxoû;.

de supports solides; les lexles n'en parlent pas. On a cru voir celte disposition en hémicycle dans l'expression d'Eschyle : è'ôs'.vov -spiç. Est-ce là assez pour en déduire une formation tactique? La critique a émis là-dessus son avis '. Quand Eschyle parle des Grecs frappant tout autour les vaisseaux barhares, •/.•>/),(;) -soi; i'ftc'.vov -, ce n'est pas là l'indication d'une manœuvre spéciale ; car aussitôt après, le poète continue à rapporter des traits d'un caractère très général '\ Sur la disposition de la Hotte grecque devant l'entrée méridionale du détroit en ordre concave, nous n'avons pas, à la vérité, le moindre indice dans les textes. L'IOs'.vov Tztp'.z csl trop vague pour justiliei' une telle acco{)tion. Hérodote d'ailleurs n'aurait pas manqué de signaler pareille formation si elle avait réellement eu lieu à Salamine, comme il l'avait déjà fait pour Artémision et la Hotte barbare '. 'J'eus les livres d'Hérodote ont pour but de nous préparer et de nous mener au récit des guerres modiques, admettons que ce récit est écrit avec quelque soin par un auteur dont la Curiosité et même la minutie n'ont pas d'égales.

C'est sur le récit d'Eschyle que nous serions portés à croire que la bataille eut lieu sur les issues du détroit. Après avoir décrit le blocus, il ne nous donne le détail d'aucun autre mouvement jusqu'au moment où la tlotte helléiii(jue s'é'branle pour aller atta(juer et chasser les Perses. On a l'impression qu'il se représente l'action comme ayant lieu sur les issues. H dit : l'aile droite grecque conduit l'atlaque; le reste de la Hotte suit. Mais diins quel oidre? Est-ce une formalion en ligne de front, en ligne de file, en pelotons? On n'en sait rien. Cette tlotte devait être amarrée sur la côte de Salamine. C'est donc par une conversion ou d'une autre manière qu'elle se porte sur les issues? On a dit, qu'il est plus que sur que les Perses ne se trouvaient pas dans le détroit, mais étaient rangés en bataille sur les

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