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3o2 LA BATAILLE DÉCISIVE
mettent ' doivent le prendre comme Plutarque lui-même le donne, c'est-à-dire comme un vcnl venant du sud -, vcni provenant du golfe Saronique, parce que pour quelqu'un qui se trouve dans le détroit, TrsXayo;, haute mer, dont parle Plutarque, n'est pas la baie d'Eleusis, mais la mer Saronique '.
1. Dp Inur nombre n'est p.-is Végèce nous l'avons déjà cité dans notre cliap. ii (liv. I) sur le navire de combat. Les batailles navales (entre marines à rames), se livrent, dit-il (V, 13), en temps calme, où il n'est pas question du souffle des vents pour faiie agir les navires, lesquels ont besoin de toute la force des rames pour choquer de leurs éperons l'ennemi. Textuellement : «.... quia navalis pugna Iranquillo commillitur mari, Liburnarumque moles, )W7i veiilonnn flalibiis sed remorumpuhu adversarios perculit idsd'is ».
2. Plutarque, Thémist., 14 : TrvîîJixa Xaa-pôv èx. irs^.âyou;.
3. Dans son bel ouvrage, sur le climat d'Athènes cl de la Grèce, le distingué directeur de l'Observatoire d'Athènes, M. Aeginitis (l. Il, p. 307), émet l'avis que le témoignage de Plutarque ne serait peut-être pas tout à fait absurde, à rencontre de ce qu'on croit, notamment Leake (The demi of Attica, London 1841, I. Il, p. 206), et malgré le silence désapprobateur de Grotc et de Curtius. D'après Leake, sur le rivage d'Allique, la brise de mer, vers la fin de l'été, se lève assez lard dans la journée, tandis qu'Hérodote el Escbyle rapportent que la bataille commença aussitôt après le lever du jour. Mais selon les observations météorologiques faites en Attique, cette brise se lève ordinairement sur le littoral à 10 heures du matin, quelquefois pourtant beaucoup moins tard, même à 8 heures. Ainsi les assertions d'Hérodote et d'Eschyle, sur le conunencement du combat, tout de suite après Taurore, ne lui ]paraissent pas formelles. M. Aeginitis ne considère pas comme inadmissible la thèse de Plutarque. Il lui semble même qu'Hérodote place entre le lever de l'aurore et le début de l'action une série de faits exigeant beaucoup de temps pour se dérouler (Hérod. Vlll, 83, 84) : <i 'Hwç Ts ô'r, ô'.ïfaivc xai o'. uJAAoyov xôJv î-têaxswv -0'.r.ca[j.îvot... etc. ». « Les Grecs, traduit-il, convoquèrent à l'aurore le conseil des généraux, et bien après ce conseil (on n'en connaît pas au juste la durée) l'engagement commença fort probablement à une heure assez avancée ». Toutefois l'expression ff'JÎ^Xoyov TÔJv ÈTTiêaTÊWv r.o:-r\3i[x.vjo<. ne signifie nullement la convocation d'un conseil, mais le rassemblement des épibafes, soldats mariniers, en vue de les haranguer, manœuvre très rapide, suivie d'une harangue, qui n'aurait pu dépasser les di.K minutes sans risquer de tomber dans le bavardage. Elle ne serait plus une harangue militaire. C'est aussitôt après, selon Hérodote, que Thèmistocle ordonna l'embarquement. Voilà donc quinze à vingt minutes, au plus, pour la durée du fait. 11 demeure donc avéré que selcm Hérodote la bataille a commencé à la pointe du jour. L'impression que nous donnent les vers d'Eschyle, Perses, 3'78-3Sl n'est pas différente ;
« èiïet ys [iévTOt )kcuy.ÔT;ioAo; f.iJ-spa irâsav xatÉa/s yaîav eûïisyyhiî '.5eÎv...» ne veut pas dire autre chose, nous pouvons en être sûrs, sinon que la bataille a bien commencé dès la première heure du jour.
Le détail, d'aprôs Hérodote, de l'attaque d'Aminias cl des trières athéniennes accouranï à son secours, indique assez que la mêlée fut la physionomie générale du combat. « Dès que la bataille fut engagée, remarque très judicieusement Ilauvette *, à l'aile gauche entre les Athéniens et les Phéniciens, à l'aile droite entre les Lacédémoniens et les Ioniens, toute ligne régulière dût être brisée, et la confusion régner partout dans le détroit », Les combats à éperon ne ressemblent point aux combats à armes de jet puissantes. l*our que le vaisseau à éperon attaque, il faut qu'il sorte de la ligne. Chaque vaisseau doit pour ainsi dire manœuvrer séparément, quoique dans le même but général, ce qui n'exclut pourtant pas la cohésion et rensemble de l'attaque grecque, Hérodote attribuant " les causes de la défaite des Perses au désordre produit par leur tardive formation, et à leur . manque de coup d'œil, les causes du succès grec, au bon ordre et à l'adresse. Le sentiment d'Eschyle est le même. Si l'attaque générale s'analyse dans une série d'attaques particulières, si chaque Iriérarque grec choisit son adversaire et combat, cela ne veut pas dire « qu'il n'y a pas un plan d'ensemble ni pour l'un ni pour l'autre des deux partis », engagés dans un si étroit espace. Les Grecs, appuyant leur aUe droite sur la pointe de Kynosoura, leur aUe gauche^ur Arapis actuel, poussent devant eux la ligne ennemie, comme le fait le côté athénien, — ou lui résistent, comme le fait le côté péloponésien, jusqu'au moment où la gauche hellénique repousse définitivement les PhénL- ciens. C'esï alors la fuite de ceux-ci vers le sud, la confusion dans leurs rangs, la course éperdue^ vers les issues méridionales du détroit, le choc entre les fuyards et ceux qui venant encore du dehors continuent à surgir des passes. Qo sont les Athéniens qui pressent les fuyards et passent sousJa pointe d'Aegaléos où se tient le grand roi. Les détails donnés par Hérodote démontrent T'ensemble du mouvement tactique des Grecs, qui leur a été dicté par la nature môme des parages dans lesquels se déroule l'action.