‹ La bataille de SalamineChapitre 276 sur 325 · Goodwin, Papers of Ihe Amer. Sch. Athens, vol. I · texte numérisé non relu

Goodwin, Papers of Ihe Amer. Sch. Athens, vol. I

la côte et de la tlotle, elles auraient été complètement exterminées. L'hypothèse est donc inadmissible. L'anonyme de la Bibliothèque Ambrosienne, qui résume l'expérience de la marine des trières, a formulé la règle de cette tactique si fréquente chez les anciens : « Près de la terre ennemie, évitons le combat au rivage; près do notre terre, combattons à proximité de la côte pour ne pas en être coupés le cas échéant ' ».

Les Tactiques de l'empereur Léon — x^ siècle — formulent une pensée différente, très bizarre d'ailleurs, et qui n'a aucune application ici : « Ne combats pas près de ta terre pour ne pas faire naître chez le soldat l'envie de s'y sauver ; mais plutôt près de la terre des ennemis pour que ceux-ci préfèrent la fuite à la lutte » -. Triste vade-mecum militaire en effet, qui attend la victoire de pareils paradoxes.

M. Breitung^ qui suppose que la disposition des deux flottes au début du combat était telle que l'indique Diodore, admet que le

mouvement de recul à la première attaque des Perses, eut pour but de les attirer dans lejdétroit, c^st àj:e -QlQrnênt qiie^iesj^héni- , ^ieiîs s'engagèrent à fond vers l'ouest et que le reste suivit. C'est une solution ingénieuse du problème pour obtenir du môme coup le lieu de la bataille, qui était le. détroit. Cependant nous sommes tenus de prendre la tradition toute entière telle qu'elle est rapportée par Hérodote, qui nous informe que derrière les navires grecs il y avait la côte, et que plusieurs trières ont talonné, fait impossible avec les dispositions rapportées par Diodore.

11 est certain que dans un nouvel élan les trières grecques

1. D'' K. K. .Millier. Eine Grie:ichische Sc/wi/ï liber Seekrief/, p. lli : v. [lèv yàp TT.v -OAsaiav -ripa7:)v£0VTc;; Tf,v vai;[jLa/iav — oicTv [isXXojxîv, xaTi -iAayo; -aÔTT^v — oiwfiîv i:3(pa'.'co'j;j.Évo'j; xr,v irpoTysiov |j.ï/t,v • zl ô'z z\'j T,|j.ex£pav, où ~6ppM iiaxpàv à-fïaTT,xÔT£; xr,; vf,;, \'va t,xtt,9£vt=; -/.ai Twî^ssôai ô:x -sXivo'j; où <j-JY-/(opoù;j.£VO'. ÈTîi Tf.v y?// y.axaseÙYojjjisv.

2. Léon, Tac/. XIX, 3G : Alr\ èv x?, loia ïo'j y?; t:>vT,5!ov -O'.f.j-r,; xr,/ ai/r,'j, iv 7, ÉATciîJoujiv oi axpaxtÔjxa'. x6 or, A^you.cvov xaxaçuAwiavxLî aw8f,va'., àXAà jjlxaXov ->.t,ffiov Xf,î xôJv £vavxiu)v yrfi, ïva aùxol xt,v jwxT.ptav îXriaavxs; îv xt, lôia vf, xr.v cî'jytiV -api xoj; àyjjva; rpoxi[iT,aiovxai.

3. Breilnng. Ztir Sehlachl hei Salamis. Nciie Jahrbiichcr, t. GXXIX (IS84), p. 839 et s.

vont revenir sur radvcrsairc. >Iais Aminias prévient tout le monde, et a le premier l'honneur de tomber sur une trière ennemie. C'est une trière phénicienne dont l'aphlasle vole en éclats. Mais les deux navires s'accrochent, le pvopmholiun n'ayant très probablement pas bien joué, et la posilion du vainipieur nest pas plus enviable que celle du vaincu. D'aulres trières grecques accourent, tandis que, presque en même temps, la trière éginèle des Encides, d'une attaque non moins vigoureuse, s'élance cô'iîtrïï les Imiicns Ti' l'aulre extrémité de la ligne '. C'est ainsi que cette grande balaille commença. ' ' "^ '""

K[lc ç£mmencait trt^niaJjioiiiJ^&J^misc^ Leurs équipages, sont harassés, ex lénués de fatigue, d'une longiue veillée^: premier déploiement pour offrir la balaille, la veille; rentrée à Phalère, nouvel appareillage, investissement. Ils évoluent, ils voguent pendant toule la nuit, (^est seulement la sui'prise de l'ennemi qui pouvait compenser celte infériorité : mais au lieu de le surprendre, ils lurent surpris par lui, dont les équipages s'étaient reposés pendant toute la nuit à terre, et se réveillaient le malin sur- la joyeuse nouvelle de l'oHensive tant désirée: c'était le réveil du lion 1

Plutarque, <|ui recueille une autre tradition, ne fait commencer la bataille ni à la même heure, ni de la même manière : « Tbémistocle, dit-il -, semble n'avoir pas été moins habile à choisir le moment que l'emplacement du combat. 11 prit garde de ne tourner ses proues contre les trirèmes barbares qu'à l'heure où il souille régulièrement de la mer \\\\ vent très fort qui soulève les vagues dans le tlétioit », puis il raconte comment le frère du grand roi, qu'il appelle Ariamcne, presse le navire deThémistocleet comment il est réduit par l'impétueuse attaque des Iriérarques ailiéniens Aminias de Décélie (>t Sosiclès de Pédiée. Il est très dilîicile de concilier cotte tradition avec Hérodote et Eschyle. Quant au \ent, ceux (|ui l'ad-

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