‹ La bataille de SalamineChapitre 284 sur 325 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les pertes des belligérants. — La suprématie navale des Asiates est anéantie.

— La défaite du grand roi sur mer amène la retraite de son armée. — La poursuite. — Le retour des alliés à Salamine. — Le partage du butin ; les offrandes aux dieux nationaux. — La question du rpoj-s'îov. — Le triomphe de Thémistocle. — La commémoration du grand événement.

— Le souvenir chez les générations postérieures. — L'art et la littérature modernes et la bataille de Salamine.

La bataille de Salamine fut particulièrcmeEt sanglante. Tous les ténîôtgnages la repi'ésenfent comme telle ; elle dura tontp" la journée, de l'aube au soir, à une beure avancée. Les pertes furent énormes, mais nous n'avons pas les cbi lires des vaisseaux ?]uTont péri, — à part les cbilTres de Diodore, — ni des bommes mis hors de combat, tués, blessés, ou noyés. Le nombre, d'après Hérodote, fut considérable chez les Perses, leurs équipages ne sachant pas nager. IV^yr^Je^contraire, dit-il, arriva chez les Grecs qui, bons nageurs, se sauvaient à Salamine '. On ne peut pas admettre cette assertion sans la discuter. Il y aurait très probablement une certaine analogie dans le nombre des nageurs et non nageurs des deux flottes, puisque la majeure partie de la flotte perse était composée des escadres de Phénicie, d'Ionie et de Carie, dont les équipages devaient »Hre aussi marins que les équipages grecs. Cependant, le mode de recrutement des chiourmcs, leur préparation sommaire, leur nombre élevé, indiquent plutôt que les nageurs ne se rencontraient pas en grande proportion dans toutes les deux flottes. Quand on a besoin,

1. Ili^rodotc VIII, 89 : ôXiyoi ôé t'.vsî TÙiv 'EX>.t,vuv (périrent). Hzz jip véeiv é~t.<7- Ti|j.£voi... TôJv 5è 6ap6âpa)v oî t:o)>)>oI iv ttj 9a)vâjiTi S'.e'fOapT^aav, ve'eiv oj/. £-iijTâ;xcvoi.

3fin LA BATAILLE DÉCISIVE

pour faire valoir une grande escadre, de conl on de denx cent mille rameurs, et que les chiourmes se forment du jour au lendemain, cl se complètent par des levt>es faites souvent parmi la population qui n'habite pas le littoral, les nageurs doivent être nécessairement très peu nombreux. Même les grandes Hottes de guerre à voile ont souffert de celte pénurie de nageurs, (^t jusqu'aux équipages modernes, si soigneusement recrutés et longuement entraînés, les stalisliqucs ne sont pas entièrement satisfaisantes à cet égard. H y a tel capitaine qui ne sortirait pas du port sans une provision sérieuse do bouées de sauvetage. Quant aux épibatcs des escadres du grand roi, Perses ou Mèdes, une fois dans l'eau devaient descendre directement dans les abîmes comme des soldats de plomb; mais b^s hoplites grecs qui savaient nager, vu leur perfection dans tous les sporis, pouvaient-ils se débarrasser assez vite de leur pesante armure pour ne pas plonger définitivement avec elle? Néanmoins, pour le reste des équipages des trières grecques, on ne saurait repousser complètement le témoignage d'Uérodole, et il faut admollrc sur ce point, une cerlaine supériorité des équipages grecs. Le manuscrit de lactique navale de la lîibliothèque Ambrosienne '. nous démontre assez qu'à bord des escadres grecques on sentait la nécessité d'apprendre aux (-quipages à bien nager : « Il est nécessaire, dit l'auteur, d'exercer les rameurs, entre autres choses et en premier lieu, à la nataliou, et non seulement, de leur apprendre à nager à la. surface de la mer, mais aussi entre deux eaux », et il cite comme preuve de lutililé de l'exercice le plongeur qui coupa les cables des bateaux Perses, en sorte que la tempête survenue, les jeta contre les rochers de la côte. Ayanl (luitlé peu apiès la Hotte barbare pour passer aux Grecs, il fut poursuivi par un vaisseau ennemi, mais lui échappa, tantôt plongeant, laulùt apparaissant sur les tlots, grâce à son extraoï'dinaire liabilelé de nageur. C'est Skylliès, mentionné par IJérodote '. lions ou mauvais nageurs, les liarbares à Salaminc étaient saisis comme dans un étau; ils rcce-

1. K. K. Alullcr, Eine Griec/nsc/te Schri/Ï iiher See/nief/, p. 4.

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