‹ La bataille de SalamineChapitre 285 sur 325 · Hérodote, VIII · texte numérisé non relu

Hérodote, VIII

valent des coups de tous les cùlés. Par derrière, c'étaient les Athéniens, par devant, les l\i;inètcs, d'autres alliés et leurs propres navires. Ils en étaieni arrivés à un tel degré de confusion que, d'après l'image si vivante d'Kschyle ', serrés les uns contre les autres, ils ne pouvaient plus se secourir mutuellement et par contre sentrcblessaient, leurs éperons d'airain s'entrechoquaient, leurs rames s'enchevèlraienl et se brisaient, pendant que les Grecs les l"ra()paient tout autour avec une justesse merveilleuse. Ils étaient pris comme dans un vervcux, celte sorte de filet à entonnoir et à ailes ([ui a la propriété de séduire et d'attirer li^ poisson, lequel, une fois qu'il y a i)énétré, se débat en vain pour en sortir. Au choc, les coques se renversent, et on ne peut plus voir la mer, couverte d'épaves et de morts qui vont s'échouer sur les rivages et les rochers, tandis que les navires barbares, échappés au désastre, fuient dans un désordre indescriptible.

Sur les navires désemparés se passent alors d'épouvantables scènes. Lorsque la trière grecque aborde la trière ennemie et que les deux coques se fivMcnt, les thranites grecs tenant haut leurs longues rames les abattent avec vigueur sur le malheureux crotikon ennemi qui, pris comme les thons dans le filet, sedébat vainement pour se soustraire là cette inoi'telle étreinte. Les coups terribles des rames et de tronçons de toute sorte d'épaves lancés contre lui, blessent les dos, brisent les crânes, hachent la chair de la malheureuse chiourme, tandis que la mer retentit des clameurs dos vainqueurs mêlées aux gémissements des vaincus -. ('ela dura jusqu'à la nuit. Cernés à peu près de tous les c(M(*s, même les bons nageurs parmi les Harbares n'avaient pas grande chance d'arriv(M- au rivage avant d'être épuisés. A ce point de vue les Grecs étaient plus favorises, car il n'existait pas d'obstacles en poupe de leurs navires,

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