Hérodote, VIH
bares de Phalèro, les Perses ne saiiraienl pas encore être tenus pour avoir perdu définitivement la maîtrise de la mer; les grands résultats restent pour ainsi dire latents, les Perses détiennent encore les îles, et Mardonius, au printemps suivant, lors de la deuxième entrée des troupes perses à Athènes, est en étal de signaler par des feux, d'ile à île, à travers la mer Egée, au roi qui campait à Sardes, la seconde prise d'Alhènes \ La victoire de Mykale confirme la maîtrise grecque sur mer, virtuellement acquise après la sortie des eaux grecques, de la Hotte du roi. Hérodote nous explique ■ comment Xerxès, disposant encore d'un nombre de navires supérieur à celui des Grecs, vu également les pertes de ceux-ci, se décide à se retirer de la Grèce, craignant un coup de main contre ses lignes de communication avec l'Asie, et la rupture des ponts. Voulant niîisquer sa retraite, il fait semblant de combler le passage d'xVmphialé, et de préparer la flotte à une nouvelle attaque '.
Les milliers de mains, les vastes moyens de transport dont disposait Xerxès, rendaient vraisemblable sa tentative de combler le détroit d'Aégaléos à Saint-Georges. Ce procédé, utilisé à des fins stratégiques, était usité chez les anciens, et plus d'une fois fut appliqué avec succès. Motyé ', sur la côte occidentale de Sicile, a été prise par Denys l'Ancien au moyen d'une digue; Tyr, de même, par Alexandre. L'îlot qui porte cette dernière ville est séparé du continent asiatique par un détroit un peu moins large que le chenal de Saint-Georges de Salamine, mais un peu plus profond ''. Les anciens se livraient à ces travaux gigantesques avec une facilité étonnante. Ils appelaient cette sorte de digue séparant deux mers et reliant deux terres, ytôp.a, terre. Diodore ''' nous a conservé la description des digues colossales par lesquelles Chalcis tenta de fermer le canal d'Euripe pour relier TEubée à la Grèce continentale. Les habi-