‹ La bataille de SalamineChapitre 305 sur 325 · Hérodote, II · texte numérisé non relu

Hérodote, II

■j. Ezèchiel, XXVII. Orgie de soaiptuositè que le pro[ihùte ctiàtie et prédit la chute de l'orgueilleuse cité, t). Végèce, I\', 33.

1. Quinette de Ilorheuiont, Travan.r marilimes. Pnris. lOOO, tome !, p. llC.

par la production de la rouille, rext'oliation el la dénudation des libres. En dehors de cette action, il se produit dans toute la masse une action intérieure. Le fer se rouille plus vite au contact de quelques bois comme le chone. La fonte est attaquée par l'eau de mer d'autant plus profondément quelle est plus poreuse.

Le cuivre et le bronze se maintiennent bien dans l'eau de mer. C'est ainsi que des pièces de bronze qui sont restées plus de trois cents ans dans la rade de Brest, n'on"^ subi que des altérations superficielles. La résistance de ces métaux est constatée d'ailleurs d'une façon éclatante par la figure de proue de l'épave de la bataille d'Actium dont nous avons parlé plus haut '.Mais il est vrai également que les objets les plus résistants ne peuvent pas se conserver à perpétuité et que tout cela est relatif. Ainsi, Antikythéra nous a démontré que non seulement les objets en bois, mais aussi ceux en marbre ou en bronze, exposés sans défense à l'action de la mer sur le rocher, se trouvèrent complètement détériorés par les perforations des mollusques lithophages. Les acides corrodent les métaux.

Des agrès des trières, coulées bas dans les eaux de Salamine, tous les objets d'armement que les anciens appelaient xc£jjiaTTà, ^ÛÀiva ou TrAîxTa ', rames, gouvernails, échelles, crocs, mats, vergues, voiles, -JTroJ^wuaTa, cordages, TrapacpûpiaTa ou pavesades, câbles, de tout cela il n'y a plus espoir de retrouver quelque chose. Hérodote nous représente déjà une grande partie des objerts en bois, naviguant vers le cap Kolias, sous la poussée du zéphyre, secondé sans doute du courant faible mais constant, qui coule imperceptible du golfe d'Eleusis au golfe Saronique. Il ne reste donc en somme que les objets en bronze, qui promettent d'être relativement bien conservés; les objets en pierre aussi, s'il y en avait, à la condition d'être enfouis dans le fin gravier du fond qui peut les protéger avec efficacité contre l'action de la faune et de la flore sous-marines.

1. P. 288, note, à propos de l'acrotère de navire romain trouvé à Prevcsa.

2. Pollux, l,9:j. Xénoph., Econ., VIII, 12, 2. Cl'. Boeckh, Urkund. et 'E». 'Ap/. Insc. Nav.

A part les potiles images consacrées au culte, il n'est pas impossible que (les ancres en pierre, îjva-l, aient été encore en usage. L'ancre de fer toutefois, comme nous l'avons dit, était connue au début du v' siècle, et môme la chaîne qui fut définitivement introduite dans la marine au temps d'Alexandre le Grand, puisque Hérodote parle de chaînes de bronze, d'ancres en fer '. Mais les ancres de Salamine étaient-elles en fer et à un ou plusieurs bras : àjxcplêoAo;., àjji'^'lTToao',, i-:£p6a-Toijt.ot. " ou en bois plombé ^? C'est une série de questions intéressantes, auxquelles le fond du détroit nous réserve la réponse. La généralisation cependant de l'usage de l'ancre de fer a été retardée dans la marine grecque, puisque le vaisseau colosse d'Hiéron, portait encore quatre ancres de bois '. x\urions-nous encore la chance d'apprendre si les ancres portaient réellement le jas qui forçait le bec de la patte à mordre le fond et sans lequel l'ancre tomberait à plat sans s'accrocher au fond? Les armes des épibates étaient, comme on sait, également construites de métal. Pour ceux-là, les infortunés guerriers, unefois engloutis, ils n'ont plus bougé de la place qui leur fut assignée dans les abîmes. Leur lourde armure avait du moins la vertu d'olTrir une résistance à toute épreuve aux éléments destructifs. Quelle serait la joie de l'archéologie, si la panoplie d'un de ces preux revenait à la lumière. On peut s'imaginer le cas que ces belles troupes faisaient de leurs armes. Les fouilles ont prouvé que le bouclier d'Achille n'était pas de pure fantaisie. Et puis les acinaques, les bracelets, les riches parures des guerriers perses dont nous parle Hérodote dans sa description du camp barbare, faisant ressortir le luxe perse, qui doit sans doute

1. Hérodote, iX, 74. Parmi les objets eu pierre, des plaques en forme de grands yeux servaient à décorer la proue. On en a trouvé dans le port de Zéa et en réalité elles sont les seuls restes que nous possédions dune trière. Leurs dimensions varient : 0,46;j sur 0,165 et 0,340 sur 0,240. Ces o.f6aXuol avaient l'iris en rouge et bleu et au centre de la pupille un clou doré qui les fixait sur le navire {Corp. Insc. AU., t. II, ■Î91, I, 68, 73 : 6!563t>>jj.^j- vta-céaysv. Cf. Boekh, Seewesen, p. 102).

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