EçT,]jL. "Ap/. Année 185", u° 4.N et suite
3. 'E»T,[i. Ap/., nos 109 et 134. — Mitheilungen des Dcutschen archaeologischen Inslitutcs in Athcn, 1879, 4 ter Jahrgang, Istes Hcft, et 5ter Jahrgang, Istes Ileft.
4. Voy. Das Model eines al/ienisclien FiinfreUienscliiffs Penlere ans dev Zeil Alexanders des Grossen im Kunigliclien Muséum zii Berlin, Berlin, 18G6.
5. A. Jal [Afcliéol. Navale et Gloss. Nautique) insiste sur cette ob.servation que les monuments font voir des unirèmes, des birèmes, des trirèmes, bien clairement dessinées, bien évidentes, mais qu'aucun ne montre de navire à quatre ou cinq étages de rames l'un au-dessus de l'autre.
revivre les lignes élcganles du vaisseau de guerre dos anciens, mais c'est une trière de Pliormion et non de Thémistocle ' qu'il nous donne. En effet, la période de 431 à 404 est la seule qui nous offre assez de données certaines pour une reconstitution, et chacun conçoit que de pareilles études peuvent servir jusqu'à un certain point à donner l'idée du navire de combat de la guerre qui nous occupe, en raison des affinités multiples qui existent entre ces deux aspects, -rpôitoi, d'un même type général. De ces traits communs à toutes les variations du type triérique, nous n'allons, bien entendu, rapporter ici que ceux qui ont une étroite relation avec la capacité militaire de ces navires et qui servent à expliquer les faits accomplis par eux à Salamine et à rendre intelligibles et croyables les récits qui les concernent.
Cartault a, de main de maître, tracé le tableau des traits principaux de ces navires. ;< La trière, dit-il, était avanttgut un instrument de combat ; c'est pour cela qu'elle était construite, plus que pour faire de longues navigations et pour tenir la mer par tous les temps. Les Athéniens donnaient' parfois des noms d'armes à leurs navires; ils les appelaient : la lance, le javelot, la flèche. La trière agissait, en effet, presque comme une arme de jet; grâce aux avirons qui garnissaient des deux côtés r'syxw-ov, quand tous les rameurs étaient à leur poste, on pouvait à volonté et par un simple commandement la lancer en avant, l'arrêter, la rejeter en arrière, la faire tourner à droite ou à gauche dans un cercle d'un très petit rayon. Aussi la direction du vent, qui a joué un si grand rôle dans les batailles navales des temps modernes, ! n'en joue-t-elle pour ainsi dire aucun dans les batailles de l'antiquité. Quand on voulait être prêt pour le combat, on laissait à terre les grandes voiles comme un poids encombrant et inutile ; on ne conservait que les voiles àxàT-.a, pour ne pas
1. Nous-mème nous avons donné deux modiMos de trière cataphracte pour servir à l'intelligence des batailles navales de Nauparte cl du port de Syracuse. Les maquettes se trouvent : l'une à l'Ecole navale du Pirée, l'autre dans le département de la marine à Athènes.
être absolument à la merci de l'ennemi, si l'on recevait quelque avarie dans ses avirons. »
Avec des flottes de trières on ne pouvait hasarder des opérations de guerre ni par mauvais temps, ni par vents
jcoritraires; la bonne saison et le calme leur son^des conditions indispensables pour mener à bien une enireprise. La houle créait des difliculte's sérieuses à la vogue. Les rameurs ne parvenaient pas à soulever les rames hors dfi l'eau * àvacpip£t.v Tàs xwTia;, et la trière devenait ingouvernable. Dans les trières non pontées, comme celles de Salamine,
j, surprises par la pluie ou le gros temps, la chiourme souffrait cruellement, et souvent la situation devenait critique. En cas"^ de pluie, la poignée de l'aviron mouillée glissait entre les mains, et la nage se trouvait paralysée ; en cas de houle, la jpale étant frappée par les gros paquets de mer, la poignée était
.jarrachée des mains du rameur ou le rameur lui-même était
• 'renversé; parfois des avirons étaient brisés comme verre "^ Philippe de Macédoine attend pour ses opérations les élésiens ou l'hiver, les Athéniens alors ne pouvant l'atteindre ^
Ils sont très instructifs, les renseignements de Démosthène qui démontrent combien vite décroissait le champ d'action de la trière, bâtiment qui ne pouvait pas courir au plus près, et très fragile. Démosthène regardait comme indispensable l'établissement d'une station navale sur le Bosphore, Philippe profitant, pour attaquer Byzance, de la saison des étésiens, pendant laquelle les Athéniens ne pouvaient pas y accourir ''.
, La trière était sans doute un bateau mixte, pouvant à volonté naviguer à la voile ou à l'aviron, mais on comprend aisément qu'il n'était pas bon voilier et sûrement l'était beaucoup moins que la galère vénitienne ou génoise. La conformation de^a coque, son inslabilité relative en étaient les causes. Néanmoins, la voile devait être d'un certain concours, et on en profitait