Graser, Die ullesten... pi. A, 597 b
bâtiment '. Les navires primitifs aussi, empruntés ù îles vases grecs archaïques d'Athènes, ^ offrent un mode de montage d'éperon à peu près semblahic aux précédents, et un avant qui ressemble beaucoup à celui des cuirassés à proue formidable, terminée en angle aigu, qui était à la mode il y a quelque quinze ans.
Donc, cette sorte d'avant solide étant connu et en usage chez les Phéniciens et chez les Grecs très anciennement, il n'y a pas de doute que tel était le redoutable engin qui décida de la victoire de Salamine.
Mais ce type d'éperon n'était pas toujours en usage, tant avant l'époque classique qu'après, au temps de la marine des galères \ Nous lisons chez Hérodote pour les navires des Phocéens après la bataille de Zangle * : « Ils étaient hors de combat, car leurs éperons se trouvaient faussés ». Et s'il y a une véritable différence entré la galère et la trière, c'est l'éperon, insignifiant et faible dans celle-là, formidable engin de guerre dans celle-ci. Au commencement sans doute, même chez les vaisseaux longs des anciens, l'éperon n'était qu'un assemblage de poutres % le plus souvent trois, qui étaient munies de fortes pointes métalliques, lesquelles parfois se détachaient et restaient dans l'ouverture faite au flanc du vaisseau ennemi, inconvénient qui inspira l'invention de la proembolis. M. Raoul Lemaître a réussi adonner une description parfaite de la puissante proue d'une trière. —L'éperon, destiné à porter des coups mortels, sans dommage pour lui-même ni pour le navire, devait faire corps avec
1. Graseï-, op. c, Ancien navire de Samos, pi. A, 401 b, et de Mégare, pi. A. 265 b.
2. Bibliothèque des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome, Fascicule XX, planches I et H.