‹ La bataille de SalamineChapitre 72 sur 325 · Pollux, I · texte numérisé non relu

Pollux, I

4. Les monuments figurés nous renseignent mieux que Pollux, Eustathe, Polyen, Zonaras ou les Inscriptions Navales sur la généralité et l'ancienneté de cette conformation du gouvernail de Iriére.

Ces dauphins en fer et en plomb, mentionnés par Thucydide et en usage pendant la guerre du Péloponèse, sur lesquels pourtant, en ce qui concerne la manière de les lancer avec eilîcacité contre l'ennemi, nous ne savons guère, ne paraissent pas dans les récits des historiens des guerres médiques. Quant au iuTTov vajuayov de l'Iliade, que portaient les monères, aussi peut-être les dièrcs et qui était un puissant bélier utilisé dans les corps à corps pour briser les lianes des navires ennemis, il paraît que, dès le temps de la révolte de Tlonie, il était démodé après le renforcement des proues par l'éperon.

Quel était au juste le tonnage, quelles étaient les dimensions de ces vaisseaux de guerre? Ils devaient à coup sûr être de très faible tonnage, puisque, simples engins de combat, où tout était disposé pour les rendre capables de répondre le plus exactement possible à leur destination, ils avaient peu de chose à porter en dehors de leurs équipages. Ainsi le Tibre était navigable jusqu'à Rome pour des vaisseaux de guerre qui ne différaient pas trop des trières de Salamine à un moment où les bateaux marchands de plus de 3.000 talents étaient obligés de jeter l'ancre à l'embouchure \ Mais ce faible déplacement d'eau, comment le préciser?

Les Inscriptions Navales nous apprennent que les grosses amarres des vaisseaux athéniens avaient 0'"1541 de tour. M. Bertin, de l'Institut, ingénieur en chef des constructions navales, consulté par M. Gartault, estime que cela correspond à un navire de 60 à 70 tonneaux de déplacement, et il ajoute : « Je prendrais le dernier chiffre^ les anciens marins s'exposant moins que nous au gros temps sur leurs ancres ». Les marins grecs en effet ne mouillaient pas en pleine mer; ils s'arrêtaient dans toutes les anses abritées, à proximité immédiate de la terre, débarquaient et amarraient leurs navires vides au rivage ; si la mer était menaçante, ils les tiraient à sec. Mais cette évaluation vise les calapliracles ; les trières de Salamine, débarrassées du tillac et de la superstructure en général, devaient avoir un déplacement sensiblement inférieur. Quant

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