Graser, Die ulleslen... pi. D, 227 b
3. La marine de guerre actuelle ne nous apprend plus rien sur Téperon. Depuis liuventionde la marine à vapeur, cette arme a repris, dans les constructions navales, l'importance quelle avait dans l'antiquité. Mais c'était pour un mo-
Dans la mêlée, en deiiorsde la lutte à l'éperon, c'élait encore l'avant du navire qui jouait le plus grand rôle aux abordages, par les superstruclures qui s "y trouvaionl. Sur l'avant de la trière, sur ce qu'on appelait 7zy.ztlt'.zt7''.7., il y avait un poste de combat qui correspond en quelque manière à la rambate des galères, où une paitie de l'infanlerie se tenait. Celte sorte de plaie-forme porte chez les lexicographes la dénomination v/.z'.y. -pcôpa^. Ce n'est autre chose que le gaillard d'avant ou plutôt ce qu'on appelait dans la marine d'autrefois « château d'avant ». Le gaillard d'avant, comme ou peut le voir dans la plupart des monuments figurés publiés jusqu'à présent, était plus élevé que le gaillard d'arrière. Quelquefois, il était entouré d'une balustrade, et formait une sorte de fortin. Comme nous le montrent les navires primitifs représentés sur des vases grecs archaïques ', il est à supposer que de tels gaillards-d'avant étaient en usage aux guerres médiques, et c'est de là que combattaient les épibates. Mais en réalité, ce poste de combat était de dimensions restreintes, et les Grecs ont bien fait de ne pas surcharger de fantassins leurs -3cp£;î'.pso-'la'., inconvénient auquel les Perses n'ont pas pu échapper dans leur désir de contrc-balancer la supériorité des hoplites grecs par le nombre. Cotte disposition, non seulement encombrait le poste au point de gêner les mouvements des combattants, mais aussi augmentait le tirant d'eau de l'avant.
La poupe de la trière était mince et fine comme l'avant. Le bateau pouvait ainsi manœuvrer promptement et marcher en arrière sans difficulté. Notons toutefois que proue et poupe n'étaient pas identiques. Les monuments figurés représentent toujours la proue plus puissante et plus robuste que l'arrière. C'est naturel, puisque toute la force du navire est concentrée dans la proue. Ainsi, tandis que le poids de l'éperon fait plon-
ment. La puissance des bouches à feu actuelles, si formidable, a rendu tout-àfait impossible la tactique par éperon, et rarchitecture navale de guerre l'a définitivement abandonné,
1. Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome. Fasc. XX, Planches I et II.
ger un peu plus profondément la proue dans Teau, il allège de l'autre cùlé, sensiblement la poupe, qui s'élève et dont Tétambot se recourbe et s'arrondit pour permettre à la trière de s'asseoir facilement sur le sable, car ces vaisseaux atterrissent par la poupe, et hissés sur la grève, ont leur avant toujours tourné vers la mer dans laquelle ils sont prêts à sauter au premier signal d'alarme.
Pour compléter la physionomie dos trières, il faut dire un mot des aphlastes. L'aphlaste n'était que l'étambot qui, se prolongeant, se courbait vers l'intérieur du navire. Il portail ordinairement quelques légers ornements. Les planches recourbées constituant l'aphlaste croisaient le bâton, a-rjAu, portant la flamme, au lieu du pavillon d'aujourd'hui *. C'est un mode d'ornement très ancien, d'origine phénicienne -. De nombreux monuments constatent l'usage ancien et général de cette conformation de poupe. Donc, toutes les marines qui ont concouru à la seconde guerre médique suivaient cette mode, et à Artémision comme à Salamine, les aphlastes devaient briller de tous les côtés. L'arrière était l'endroit du navire le plus honorable, le poste du pilote, y.\JëzpW^-r^q^ du triérarque et même de l'amiral ^ Le double gouvernail en forme de grande rame, l'une des deux moitiés de la pale, la partie antérieure, moins large que l'autre, atin que la résistance de la masse liquide maintienne la pale parallèle à l'axe du navire, pendant que le timonier ne Ja manie pas, c'est le gouvernail du navire de la guerre médique '\
En dehors de l'arme principale, l'éperon, n'y en avait-il pas d'autres sur la trière, comme les dauphins des navires de Nicias ou le xtjston naumachon de la marine d'Homère?
1. Comparer la description d"Eustathe (1039-37) aux monmnents figurés représentant des aphlastes, notamment celui du navire de Lindos de Rhodes.
2. Graser {Die alleslen, pi. A. 100), publie une monnaie phénicienne représentant l'aphlaste, et une longue série de gemmes et dos monnaies aux poupes des bateaux à rames.