DE
SËS PRËLUDËS ET SES SUITES.
i^uœrendo,», pro paitiaï
DK LA
BAIAILLE DE ilONT-CASSEL.
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Le T(H de FVanee, Lovis XFV, yietorieax sur laot de
peiotSy et particuiièrcmeui dans ses campagnes de Flandre, au Uea de s'arrêter, eat le projet de s'attaqaer à d'antres places fortes, sur lesquelles les Eispagnols comptaient le plus, tels que Valenciennei (i), Cambrai et Saint- Omer qoi fareot réduites en six semaines, au commencement dn printemps de 1677. C'étaient les boulevards des Espagnols en Flandre , depuis longtemps redoutables anx Français : le roi voulut, par ces prises, assurer k jamais le repos de ses firontières. Il s'était proposé, dès raiiiiée précédente, de délivrer ses étals de maux que Saint-Omer (seuie place de TArtois qui appartenait encore aux Pays-Bas Espagnols) leur causait, en troublant le
(i) La ville de Valenciennas fut prise d'une manière bien hardie le 19 mars 1S77. Cambrai fut assiégé dès la fin de ce mois par le Roi, en personne, qui s'en empara.
eommeiee aux pays conquis, entre Duokerque et Arras^ et en désolant le Boulonnais.
Déjli, ayant d'assi^r cette ville, projet quMl eaebait, ^.ouis XIV ordonna, comme préparatif, le siège d Aire que le maréchal de Homières emporta le 31 juillet 1676, en peu de jours. Ce gouverneur français s'empara aussi, par les mêmes ordres, de tous les postes des environs de St.~Omer et du fort de Ijincke. 11 ût fortifier, dans ce même traps, le château de Gassel. M. de MourmonI, capitaine aux gardes, fut envoyé, au mois de mars 1677, pour se saisir de Kieulet, de Bac, de St.-Momelin, de Clairmarais et autres postes des environs de St.-Omer. Enfin, le siège de cette ville de l'Artois fut entrepris. Elle était occupée par la milice espagnole. 3fomieur anriva dès le 24 mars, dans le camp de Blandek avec son armée, ce lieu étant choisi pour son quartier général. S. A. R. avait avec elle le maréchal de Humières, le Comte du Plessis, lieutenant-général, et Stoop, maréchal 4e camp.
Voici la réparûlion des tiuupes françaises autour de St.-Omer (i) :
A Blandek : deux bataillons de Naoarre, un é^Hv^
mières, deux de Phiffer, deux escadrons de Sl.-Germani- ^0aupré et un de Vains.
Au passage d'Arqués : les troupes du prince de Soubise , lieutenant-général , c'est-k-dire deux bataillons ài'Anjîou et dexix des Vaisseaux.
(i) Nous citons ces troupes, placées vers Saint Omer, parce qu'elles devinrent le noyau primitif de Tarmée qui se concentra pour la bataille de Casse!.
A Clairmaraii : m bataillon de Conty.
A €ha8t€au~Vimx>, sar le vieux caual : six compagnies de (Iragons-Daupliin.
A NieuUt : deux bataillons de Gretdery un de Pi^ff^f^ six com[yaguies de draqonè et un escadron du régiment é^Aumont.
Au Fort de Bac : un bataillon de Greeder.
A St^-Mmndin : un bataillon de la Cmamm^ sous
le chevalier de GeoUs.
A Tilque ; un bataillon du Royal-Boussillouy et deux Italiens.
A Ouate (Walien) : un bataillon de la Couronne.
A Taltinghen (Teteghem) : le régiment de louraithe, et le r^iment de cavalerie de Bardages.
A Visque : six. compagnies de draj^oiib-Daupliins.
A Yiserne : deux escadrons de Joumay,
Cest avec ces seules troupes que, sans tirer de lignes, St.-Omer fut investi; mais ce faible nombre, sans même rartillerie, que les pluies avaient forcé à rester en arrière, arrêtait encore les opérations décisives de Monsieur; puis ces troupes étaient insuilisautes pour une bataille.
Ce prince reçut le 28 mars, du gouverneur de Boulonnois, un grand convoi et force munitions; pins de deux mille hommes de pied, et cinq cenis chevaux de milices aguerries, ce qui lui permit, avec Tarrivée de rartillerie, d^attaquer le fort dit des Vathes» k côté de la porte du llaul-Ponl, qui couvrait la place; il fut emporu* le 8, malgré une vive résistance; la tranchée avait été ouverte du 1."' au 5 avril.
Les choses en étaient Ik quand on apprit que le prince d'Orange, à la tète de la plus florissante armée qu^eussent encore mise sar pied les Ëtats Généraux, s'approdiait de Mossiear avec gran^ diligence. 11 avait déjà quitté Tpres et arrivait par Poperinghe. Monsieur, le duc d'Orléans, résolut d'aller à sa lencontie avec ses troupes. Il laissa, sons la garde du marquis de la Trousse et du maréchal de camp Stoop, les travaux commencés, en leur recommandant de continuer les attaques. U sortit des lignes, lie matin du 9, et il trouva k un demi-quart de lieue du camp^ sui Téminence d Arques, des renforts considérahles (i). S. A. R. continua sa marche jusque k une hauteur qui est entre Cassel et Tabbaye d'Oûathine (Woestine), où il campa, en ordonnant de couper des haies et des arhres et de remplir des ravins. Le l^demain, son armée fut encore renforcée par les troupes du marquis de Livourne, de Revel et de Tracy, et par le duc de Luxembourg, que Monsieur avait fait venir le 9, de Bergues, lieu qu^il faisait aussi garder, avec Dunkerque, après avoir mis ces deux places en état de se bien défendre. L'armée française s'étendit alors le long de la rive gauche de la Lyncke.
Du c6té des Hollandais, les chefs et les généraux des
Pajs-Bas ne perdaient pas un moment pour résister aux
(i) Le roi n'ignorait pas que les forces des confédérés étaient beaucoup plus grandes que celles de Monsieur, aussi avaîMlfait partir de son camp, devant Cambrai, un grand nombre d'escadrons de cavalerie, avec La Cordonnière, lieutenant-générai, puis le maréchal de Luxembourg, avec des mousquetaires et la gendarmerie.
conquêtes de la France (i). Le priuco d Orange, ayant assemblé son infanterie et sa cavalerie hollandaise», dans la Flandre Teulone, se trouvait encore renforcé des régiments d'tiolstein, dOr^bck et autres hollandais qui servaient dans Trêves, et, en6n, avec une armée d'environ douze mille chevaux et quarante bataillons. 11 s^élak rendu a Anvers,, où il se concerta avec le duc de Villa- Hermosa, afin de sauver leurs provinces il'un entier naufrage et de se réhabiliter de sièges perdus.
Le prince d Orange voulait troubler l'entreprise de St.-Omer, et comme il avait toujours été maLheureux, il souhaitait de tenter Taventure d'une bataille où il se promenait [tins de bonne fortune.
Les Espagnols, ordinairement contraires aux résolutions de prendre le hasard d'un combat, étaient d^avis, en celte occasion, que le prince d'Orange pouvait le donner avec ses hollandais, s^il trouvait quelque conjoncture fa- vorable. Il n'y avait rien là à hasarder pour eux qui ne s'y joignaient pas; il ne s^agissaît ni de la réputatiou de leurs armes, ni de la perte de leurs Iroupesj et ils pouvaient, aux dépens des autres, conserver leurs états par une bataille, ou en arrêter l'entier bouleversement. Les Hollandais aussi ne s y op|)osaient pas, et supposaient toujours, en cas de revers, qu'ils étaient couverts des pays-bas catholiques, contre lesquels ils voyaient bien que le Roi porterait ses armes avant d'aller à eux.
(i) Les Espagnols s'étaient empressés de demander des secours aux États-Généraux des provinces-unies.
Àu premier bruit du siège de Valeoctennes et dii
danger où se trouvaient St.-Omer et Cambrai, les alliés s'alarmèrent et obligèreut le prince d'Orange k rassembler promptement les troupes qui se tionvaient le plus à la portée, pour tenter le secours, en commençant par St^-^ Omer ies opérations de la campagne. Àiin de subvenir aux frais extraordinaires de ces préparatifs, les Ëtats airaîent accordé, cette année 1677, deux millions (i). Après la prise de la ville de St.-Omer, par le prince d'Orange, les alliés comptaient aussi foreer le roi k abandonner le siège de Cambrai (ii).
Le prince d'Orange, GuillaiHiie de Nassau, accourut de la Hollande. 11 avait appelé sous Dendcrmonde les régiments bollandais et le peu de troupes espagnoles, dont le duc de Villa Uermosa (ni) pouvait disposer encore; mais déjk, au grand étounement du prince, Yatenciennes était tombé après sept jours de trancbée ouverte. Cam« brai cl St. -Orner étaient investis, le roi ayant partage son armée en deux corps, et étant resté en personne devant Cambrai.
Guillaxme entreprit de secourir et de dégager Saint- Omer, conune étant chose plus facile, il avait reçu des avis du prince de Robek (iv) qui l'assurait que Mwsieu/r n'avait pas, avec lui, plus de quatorze mille bommes,
(i) G, Fonloo, histoire métallique des dix-sept provinces des Pays-Bas.
(il) RehoM, bistoire du règne de Louis XÎV.
(m) Gouverneur des Pays-Bas Espagnols.
fiv) î 0 prince de Robek, gouverneur de rArtois-Kspngnol, commandait en premier à Saint-Omer, avec Saint-Végnant à qui la ville était spécialement confiée.
qu'il n'avait fait aucune ligne de cireenvaUation et oonirevallation, et ({lu;, si son altesse différait de seconrii^ St.-Omer, il n'y serait plus à temps, parce qu'il devait venir, da eamp do roi, quantité de troupes pour renforcer celles du due d'Orléans.
Le prince d'Orange s'en approcha donc hardiment et en toute hâte, le 10 avril; il regardait comme infaillible d'y être victorieux. Parti d'Tpres, le 8, aux environs de laquelle ville il avait assemblé tlilij^eiiinn ni loules ses troupes, formant ensemble trente mille combattants 11 passa par Poperinghe et vint camper, le 9, vers le soir, k Ste.-Marie-Cappel, h deux kilomètres sud de Cassel (ii)> où il apprit que les Français n'en étaient pas il une lieue. 11 passa le lendemain, au point du jour, sous Mont-Cassel par sa partie méridionale et ouest, malgré une marche lâcheuse, à cause de quantité de déniés. De Ik il se rendit k Bavincfaove et Zuydpeene; et, côtoyant la rive droite du ruisseau la Peene, il arrêta la tête de ses troupes entre ce dernier village et celui de Noordpeene. Lk» k une demi-lieue et moins du campement français, le prince rangea son armée sur cinq colonnes.
(i) Ces troupes composées de S0»000 hommes de pied et de 10,000 chevaux avaient été rassemblées à Ypres par le comte de Waldeck; il y avait parmi elles un certain nombre
d*espagnol$ des garnisons.
(il) Cassel, ville alors fortifiée, à quatre lieues ù rorient de Saint-Omcr, et occupée par une irarnison franç.ii^o, logée au château que le maréchal de Iluiri^ re venait de faire réparer. Le prince d'Orange n'eut pas le temps de s'emparer de ce poste; il hâtait sa marche en côtoyant cette place : elle fui démantelée plus tard.
Ce fut le 10, à midi, que cette armée fut, en présence de celle de Monsieur, campée au-deik des ruisseaux : ce lieu était marécageux et incommode. Le prince avait fait faire halte b son aile droite, près les deux moulins de Jorn, au monticule de ce nom, poste contigu au village de Peeue, et k son aile gauche vers le village de Baviochove. Des auteurs disent qu'il serait dificile de décrire la belle montre que cette armée faisait. 11 est certain qu'elle était composée de plus de douze mille chevau!L et vingt mille hommes à pied, sans un autre gros de cinq à six mille chevaux qu'on attendait, de moment en moment, sous la conduite du comte de Nassau, général de la cavalerie des Etats.
Son Âltesse Gninauroe commandait le centre, avec le comte de Waldcck, maréchal de camp général. Au Comte de Nassau était confiée Taile gauche; le comte de Horn, général d^artillerie, commandait Talle droite. Il v avait là aussi le major général Van-Webbenem, et Montpoiiillan, major-sergent.
La première chose que le prince voulut entreprendre, ce fut de secourir S.t.-Omer du côté du Bac, qui paraissait Tunique voie pour cela. À cet eflet il commanda b ses dragons de se saisir de Tabhaye de Ffenes, voulant par cette action couvrir la marclic qu'il prétendait faire sur la droite (i), mais il n'y réussit pas, comme il sera dît plus loin. Mille obstacles IVrétèreiit dans ce projet [n).
(i) Le prince raconte lui-même ce fait dans sa lettre aux i':tats-Généraux reproduite aux pièces justificatives, {u) Monsieuj avait aussi fait occuper solidement un poste
U le reconoat avec amerlume , et se vit obligé ^ donner la bataille» ehose qull désirait, dn reste, d^aatant plus que ce prince se croyait beaucoup plus fort que Monsieur, parce qu'il Ignorait encore Tarrivée de secours (i) dans Tarmée de S. A. R.; et quand même il Taurait su il aurait été honteux pour lui et pour les Ëtats généraux de céder le poste, il s'arrêta donc sur la colline, et fit jeter, vers le milieu de la nuit, des ponts sur la FecJie et rétablir ceux qui vcuaieut d être rompus par les Français (u); puid il lit passer d'abord ce premier ruisseau par une partie de sa première ligne. 11 posta dans certaines broussailles au[)rès du moulin de la plaine (u) plusieurs escadrons de ses propres gardes pour soutenir divers bataillons, qui, k la faveur du canon
important près de Tabbaye de Clairmarais; il avait envoyé en même tempB d'autres troupes au nouveau canal, à Watten, à St.-Homelin et au Bac.
(i) Un renfort de neuf bataillons de Tarmée du roi.
(u) Ce retard perdit, pour le prince, toute occasion de vaincre, selon Topinion du temps. C'est la veille qu'il devait attaquer, car alors Tarmée française était encore inf^rieui!' en force à la sîonno, les d(îrniers renforts ne lui étant arrives que la nuit suivaale. Li ai! leurs l'abbaye de Peene venait d'être évacuée par ordre du ujaréchal de Luxembourg, dans la crainte d'être coupé par l'armée de Guillaume qui pouvait naturellement se diriger par là, au lieu de se fourvo3'er à gauche. Celui-ci aurait pu forcer la nuit le poste du Balenberg peu nombreux. U est vrai de dire que les troupes du prince d'Orange étaient trop fatiguées par de longues marches et qu'il était déjà tard.
Vanloo^ historien hollandais, excuse le prince en disant qu'il voulait combattra U jour de son arrivée^ mais qu'on employa trop de temps à la pose et réparation de$ ponts. — Tome 111, p. 215. — Histoire mctallique.
(iii) Moulin entre les deux ruisseaux qui fut depuis détruit.
el des baies devaient lui ontnr les chemins pour Tenir
aa second ruisseau, ta Lyncke, au-delà duquel l'aruiée française était campée.
te prince se tronva, dès la pointe du joor du tf, dimancbe des Bameaux, dans la plaine au-delk du premier ruisseau, c'est-à-dire sur le terrain de la rive gauche de la PeeMj en laissant toutefois une réserve assez considérable k sa livc dioile. Les Français l'avaient laissé faire (i). C'est alors que Guillaume de Nassau s'aperçut qu'il était trompé dans son attente, car au lien d'avoir la facilité de pouvoir prendre le seul passage propice pour aller à Bacq, et d'avoir la posi^ibiiilé de se diriger ainsi directement Ters St^-Omer, pour ravitailler oetle place importante, même en passant à travers les lignes françaises, il se trouva barré par un autre ruisseau la L^fnekg (u), derrière lequel l'armée ennemie était rangée en bataille et qui Tattendait dans ses décisions pour agir. C'est ce qui ùi dire par le prince d'Orange tiiHBème (ui) : « liais lorsque nous flânes passés , nous
(») Dans la lettre do S. A. le prinee d'Orange, (îri[( e d'Ypres, du t3 avril ItiTÏ, il tiU que ce passage se tit si promptemerU far iet Houpes, qn^Ui ênnemiim t*en aperçurent qu après, — Tout prouve, aueontraire que Isss français - bi vaquant à moins de deux kilomètres de lÂ, connaissaient très-bien ce mouvement mauvais des hollandais. Ceux-eî venaient se placer dans une position fort désavantageuse fiour eux, non entre deux feux mais entre deux eaux. Ne pas agir était pour les Français les attirer dans une einbùclie qui en effet leur fut fatak^!
(il) Les gui(ÎL's n'avaient pa^ averti de cet obstacle, soit à dessein ou autrement, ( 'est à-iiire par aversion, à cause des iLipagaoU détestés en Flandre.
(urjt Dans sa lettre aux iiautes puissances des b)tals-Géaé-
» fAinea Usa anrpris de voir qs'il y avait encoie un 9 autre ruiuêou (la Lyncke) entre rennemi el nous, » couvert de plusieurs haies, bien que ceux qui couoais- » sent le pays eanenl assuré le cootraire, et qa*apiès » avoir passé le raisseao la Peene, novs ne troaTerioDS » pius de défilés eotre l'euuemi et nous; de sorte que 9 nous nous trouvâmes fort embarrassés. Gomment passer » ce flecoDd rnisseait k la yae de rennemi qni en était » tout proche. »
Mais avant d'aller fdos loin, revenons aux Français, et cherchons a savoir comment ils arrivèrent, avec l'armée asaî^eance de St.^>mer, an même point qne le prinee hollandais, k une portée de canon de loi; et dans
quel Dombre ils fuient bien tôt assemblés, sous le commandement sapérienr de S. Â. le duc d'Orléans, (i) secondé par les maréchaux d'Hnmières et de Luxembourg.
Déj^, a la 6d de mars, on supposait que le prlucc d'Orange iiait au secours de St.-Omer, qui venait d'étie investi, ce qui troubla fort les conseillers de Monsieur devaut cette ville. C'est pourquoi Louvois, aiinistrc, écrivit le 31 du mois de mars, au maréchal d'Eumières, une lettre (ii) qui rassors l'armée des assiégeants. En voici le texte :
u Sa M^iesté voit que vous supposez que si les ar-
raux, du 13 avril, dôj î citée par nous, et donnée in exUmo à la fin de celte brochure.
(i) i'hiUj)pe de ibrance, Monsieur^ frère unique du roi.
(u) flistoire de Louvois et de son tuiminitlration ^Miqua el militaire.
n mées d'Espagne et de Hollande s'avançaient pour le
» secours de St. -Orner, Monsieur n'aurait d autre parti » k prendre que de se retirer, ii moins qu'il ne fut » promptement seeouru du corps d^nfanterie que le roi » lui a destiné, et de la cavalerie des places de Flandre, i» Sur quoi. Sa Majesté me commande de vous dire » que, quoîqn^elle ne désire pas que Monsieur se corn- » mette à un événement lacheux, elle verrait avec une j» peine intime que Monsieur fut obligé de prendre un » pareil parti, et qae voulant le mettre en état de n'y » être point contraint, elle a envoyé le sieur de Gham- » lay> avec un mémoire des dragons que Monsieur » pourrait faire venir pour fortifier l'armée qu'il eom- » mande. Si N. le prince d^Orange veut aller secourir » St. -Orner, vow y verrez bonne compagnie vingt-gualre » heureê avant qu'U arrive. »
Le même jour, Louis XIV envoyait à son frère huit bataillons et dix pièces de campagne (i). Le lendemain, Lonvois partait pour Lille d'où il expédiait des ordres pour feire sortir la cavalerie de toutes les places de Flandre. Le 3 avril, il écrivait k Courlin : « 11 arrivera » ici vingt-sept escadrons de cavalerie ou de dragons; » il y en arrivera encore aujourd'hui quatre, et il y eu » a dans les villes qui sont d'ici à Âire, encore vingt qui » sont tout prêts k marcher au premier ordre que je » leur adresserai; de manière que si M. le prince d'O-
(i) Le roi avait en même temps ordonné, au duc son frère, d'appeler près de lui toutes les garnisons des villes voisine», telles que Lille, Béthune, Arras et Aire.
» range veut s'approcUer de Mousieur« il trouvera vingt » mille hommes de pied et quinte mille chevaux. »
Le 6, Louvois était de retour auprès du roi, devant la citadelle de Cambrai^ aussitôt neul autres bataillons quittaient encore le camp royal (i) pour rejoindre Monsieur, tandis que le maréchal de Luxembourg m courait se mettre k sa disposition avec les deux compagnies de mousquetaires et les grenadiers à cheval (lu). £n quelques jours, Monsieur allait avoir sous ses ordres trentehuit bataillons et quatre-vingts escadrons. 11 fut résolu qu'il n'attendrait pas le prince d'Orange vers St.-Omer, de rapproche duquel il fut informé : les renforts étaient arrivés à propos.
Dès que S. A. R. vit arriver le maréchal, elle sortit de ses lignes et se mit en marche^ le 8 avril, h la tête de ses troupes, quelques lieues dans la plaine de Cassel. Le quartier^général des Français fut choisi à Tabbaye de Woestioe, près Renescure.
Monsieur n'avait laissé, devant la ville assiégée , que la garde de la tranchée et quelque peu de troupes régulières commandées par le marquis de la Trousse, pour la
(i) Le gouverneur de Cambrai, dom Pedro de Ravala, ayant conclu une trêve de vingt-quatre heures et s'étant renfermé clans la citadelle, le cinquième jour du siège de la ville de Cambrai, cela facilita à Louis XIV le moyen de détaelier huit mille hommes de son arm<'p, sous le commandement du maréchal de Luxembourg, pour renforcer celle du duc d'Orléans.
. (Ray de St. Géniès. — Histoire mtlitaîrede Louis-le-Grand).
(il) Henri-FrantoU de Montmortnci^ duc d'Epînai-Luxembourg.
(in) Les brigades de cavalerie de Llvourae et de Revel venaient aussi d'arriver.
sûreté des quariierâ contre tes entreprises de la garnisoD. II y avait laissé aussi les milices da Boulonnais. Les
deux, années se reîicontrèrent dans la journée du iO avril; les Hollandais, comme nous l'avons déjà dit, s'avancèrent la nuit suivante sur les terres entre les deux ruisseaux appelés Champs de la Peene et de la Lyncke. Ils y avaient en ce moment le front couvert d'un petit ruisseau (i)y la Lyncke, bordé de baies qn^une partie de l'infanterie de leur première ligne gardait.
Le duc d'Orléans se rangea en bataille sur un terrain qui s'élevait, en s'éloignant, de rautie o6té du même ruiss^u. 11 'avait été k cbeval une bonne partie de la nuit, pour donner des ordres, reconnaître son camp et les posles. Il se trouvait à la téte de 25,000 combattants, 16,000 hommes d'infanterie et 9,000 chevaui.
D'abord S. A. R. avait eu l'intention de faire l'attaque générale la veille du il, lors de l'arrivée dju prinpe d'Orange vers Noord peene, mais l'avantage du terrain que les Hollandais occupaiont alors, le passage de deux ruisseaux la Lyncke et la Peene, et le jour qui allait manquer, Tobligèrent k différer.
Voici Tordre de bataille de M. le duc d'Orléans :
Son Altesse se tint au centre, avec Lamotte, maréchal de camp. Elle donna le commandement de Tatle droite, qu'elle avait placée entre Cassel et la Woestine, dans le champ d'Ablinghem (Clbblinghem) (n), au maréchal de Humiéres, et mit auprès de lui, pour lieutenant-général,
(I) Hiitoire militaire de louU Xlf, Ray de St.-Géniès, 173$.
(II) Et non Blaringhem, comme le dit N. Schayes.