‹ La bataille de Val-de-Cassel de 1677, ses préludes et ses suitesChapitre 5 sur 22 · PRÉLIMINAIRES HISTORIQUES · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES HISTORIQUES

ISouN pensons bien faire, en commençanl ce travail par quelques ^ges de prélimioaires, aûn de mellre au eourant de eertaîos épisodes de guerre, dans la Flandre occidentale, au XVII. • siècle, les personnes du pays les moiu& versées dans les counaissances historiques locales. De la sorte seront expliqué sommairement, pour elles, les motifs ou causes du combat de 1677 el d auUes événements qui les suivirent (i).

Oo sait que la Flandre, après avoir appartenu bien

des siècles, à ses comtes de la première uiai^on, sous la souveraineté de la France, passa, en 1384, aux ducs de Bourgogne, par le mariage de Philippe h Hardi, avec Marguerite, fille du comte de Louis de Mâle.

(i) Jitdoell éUeant tf amâiA M<iiliifM6 fMrîH.

Après ce dac, Philippe, quatrième iils du Roi Jean lé Bon, (i) les princes de la maison de Bourgogne^ gouvernant le comté de Flandre, lurent successivement le duc Jean, dit ians peur, puis son fils, Philippe le Ban, et enfin Charla le Téméraire, Ce dernier comte de Flandre; tué en li7(), près de Nancy, laissa Théritage de cette grande province à sa fille Marie. Celle-ci épousa rarcbîduc d* Autriche Maximilien. De leur mariage naquit Philippe I.", qui fut roi de Castille. Leur petit-fils Charles Quint hérita, à son tour, du comté de Flandres et s'a|vpropria, en outre, successivement, les dix-sept provinces des Pavs-Bas.

Les descendants de cei empereur, Rois d'Espagne, possédèrent, dans la suite, la Flandre qui leur fut

transmise par héritage, mais seulement avec la poiiion occidentale des vastes Pays-Ras; les huit provinces-unies hollandaises s^élant constituées en République sois Philippe 11. Du temps de ce roi, sa fille, Tinfantc Isabelle Claire- Eugénie, gouverna ce pays catholique avec son mari Parchiduc Albert d*Antriche. Après eux le Roi d'Espagne, PhiHppe IV, posséda ces contrées et, en dernier lieu, Charles Jl, son hls, qui fut contraint, eniin, de céder une grande partie des Flandres Si la France, en 1678.

Il est facile de comprendre, par ces faits, le motif qui fit que deux Rois successifs de France, lors de leurs guerres avec PEspagne, au XVII.* siècle, s'attaquèrent chaque fois aussi a la Flandre, puisque celte partie des

(ri Frcro de Charles V, et de Marie rte France, Duchesse de bar et Dame de Cassel, etc. (Voir nos précédents travaux).

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Pays-Bas d'occident était de ses domaines et occupée alors par la milice Espagnole, comme l'Artois et autres provinces limitrophes qui avaient autrefois été ^ la France.

Donnons ici ua aperçu de ces hostilités, en Flandre, au XVII.' siècle.

Le Roi Louis XI li déclara h guerre à I Espagne, nation natarellement protégée par la maison impériale

d^Autriche : celte guerre fut proclamée en 1635.

Les hostilités eurent leur commencement dès la même année, sous Philippe mais la vraie campagne de

Flandres ne commença qu'en 1644, moins de deux ans après Tavènement de Louis XI Y à la couronne (u).

Les Etats généraux de Hollande s'étaient engagés mutuellement, alors, avec le gouvernement du roi de France, à combattre la puissance espagnole dans les

PaysrBas.

Cette guerre eut des résultats très-remarquables pour * la France et pour la Flandre occidentale en particulier, surtout 11 sa fin.

Chaque année, après celle de la déclaration des hostilités, amena des crises et des combats en Flandre et dans les pays voisins, mais ils n^étaient que les préludes d'événements plus graves, accomplis surtout à partir de

«(i) Le roi d*Espagne venait d'établir, gouverneur général des Pays-Bas, FerMiumd, son frère, dit le CardinalrlnfaM,

(il) Le roi de France était mineur; il avait quatre ans à la mort de son père, survenue en peu après celle de Richelieu.

— xvin —

^époque où l'armée du jeune Roi de France entra en Flandre par TArtols.

Après s'êlre emparé de plusieurs places ferles de Fouest, le duc d'Orléans, Gaston (i), qui commandait les nombreuses milices françaises, campées près Calais (ii), se porta vers Cassel ei ses environs, en mars i64o. Il prit cette ville d'assaut en peu de jours de siège, et s'approcha de Bourbourg, puis de Gravelines, qui fbt pris peu après.

Le maréchal de Gasnon, de son côté, s'empara, cette année, de plusieurs autres villes et forts de la Flandre maritime et de l'Artois. Rantzau étaii joint au commandement de Gassiott qui v^ait de se signaler k la journée de Rocroi. — Les Espagnols reprirent des places de Flandre k la ûn de Tannée.

Ayant connaissance des troubles et de la guerre de la Fronde (de 1648 k 1653) (m), qui arrêtaient les succès des Français, le roi d'Espagne en profita. Ses soldats rentièmt Inentôt dans la partie de la Flandre qui était tout récemment au pouvoir de Louis XIV : Ce fut sous le commandement du gouverneur des Pays-Bas, Léapold^ Arehiêue étÀutriehe, allié k la famille royale d'Espagne (iv).

(i) Gaston, duc d'Orléans, fils puîné de Henri IV, frère de Louis Xlll, mort à Blois en 1660.

(il) A Anvat, lieu cité par Monglat, dans ses mémoires.

(m) Sous Anne d'Autriche, Régente de France, et le ministre Mazarin.

(iv) Voir, à la ûn de ia brochure, pour ses triomphes éphémères illustrés.

Les villes conquises par la France^ el toute la Flandre

lâ plus occidentale surtout, furent reprises h celte époque par les Espagnols; mais les Français s'en emparèrent de nauveaa» peu après, en 1657 et 1658» soos rillnstre

Turenne.

Le traité des P^réniei^ da 7 novembre iô59, fit cesser la gœrre josqo'en 1667. Ses bases garantissaient

b la France la possession de plusieurs villes importantes et de vastes territoires de la Flandre» du Uainaui el d*aatres contrées des Pays-Bas, comme l'Artois, etc.; Eniin ce traité assurait la main de rinfantc, Marie* Tbéfèse, au roi Louis XIV, dont cette princesse, fille de- Philippe IV, devint la iemme.

Le traité d'Àix la Chapelle, de 1668 (i), avec la Hollande qm était venue an secours de FEspagne, devait consolider cette paix. Cependant le mariage de Louis XIV avec rinfante d'Espagne eut des conséquences remarquables et fâcheuses ^ la mort du roi Philippe IV, survenue en 1665, le 17 septeinbte.

Le roi de France, qui n'avait jamais reçu la dot de sa femme (u), demanda alors, comme indemnité, la

(i) Art. 3 du traité de p'^i'^ d'Aix-la-Chapelle : « Le Roi très-ciirelien cleiiieurera saisi et jouira effectivement « de toutes les places fortes et postes que ses armes avaient « occupées et fortitiées pendant la campagne de l'année pré- « cédente, savoir : Bergues, Fumes, Tournai, Lille, Douai, « Armentières, etc., avec leurs balllages, chatellenies, terri- • toires, dépendances et annexes, i

(il) Philippe IV s*étalt proposé de faire passer toute sa succession aux enfants de son second mariage, et pour exé^

Flandre et la Franche-Comté; on les lui refusa : de là une guerre se ralluma; elle donna lieu à de nouvelles et nombreuses prises. Le roi entra dans les Pays Bas avec deux années, au commencement de Tété i667; les progrès du monarque y furent aussi prompts que faciles ainsi que le relate Tbistoire du temps^ il prit toutes let vil/e» d9 Flandre en une campagne.

D'un autre côté, la guerre ne tarda pas à se décider de nouveau entre la France et la Hollande, car Louis XIV se ressouvenait de l'aide apportée par cette nation aux Espagnols, peu a\aat, el il était jaloux de la prospérité des Provinces-Unies qu'il désirait abaisser par plusieurs motifs : les Hollandais étaient ses ennemis naturels.

Des préparatifs de guerre se firent, de part et d'autre, et le prince d'Orange, Guillaume^ fut élu généralissime de l'armée des Ëtats de Hollande. Contre lui se signalèrent Candé et Turenne^ dans les longues hostilités de Flandre et d'Allemagne.

Notons qu'en ce temps Louis XiV perdit Talliance des souverains de l'Europe qui avaient été, avant, pour ce monarque. L'Angleterre se déclara aussi contre lui et se joignit k rUspagne et k TEmpire coalisés.

En 167â, les provinces hollandaises sont envahies par les Français et les Ëtats sont obligés de se rétugier ^ Amsterdam. La campagne fut ouverte avec succès par le roi de France lui-même, il passa le Rhin suivi de

cutcr ce projet, il avait exigé de Marie-Thérèse, qui était du premier lit , une renonciation extraordinaire. — KUe était petite fille du rai de France Henri IV.

son année et de aea valeareuz généraux; au-delà de ce fleuve il remporta de nouvelles tietoires.

il y ent aussi la re^Mise de la Franèhe-Gomté par le

Roi, les faits d'armes victorieux de Turenne dans le Palatinat, de Sehombtrgy dans le RoussUlon, où les Espagnols furent battus; de Conâè h Senef, contre le prince d'Orange; de Duquesne, dans les combats sur mer, où Rnyler périt; du Rin lui-même, en Flandre, en 1677, qui prit Valenclennes et Cambrai, etc.; du Duc d'Oiléam, au val de Cassel, où la victoire sur le prince d'Orange Ait complète, comme nous allons le démontrer, et d*où résulta bientôt la reddition de la ville et des lorts de St.-Omer.

Le prince d'Orange ne réussit pas plus dans d'autres entreprises, il se plaignait des Espagnols et les Espagnols se plaignaient encore plus vivement de ce prince : Us regrettaient de lui avoir confié le commandement de leurs troupes, et ils commençaient k s^alarmer sur le sort des Pays-Bas. Celait le point décisif pour les contraindre à faire la paix.

Le roi d'Espagne Charles II confirma les conquêtes de Louis XIV où le génie guerrier de la France avait brillé du plus vif éclat.

L*acte définitif du partage des Flandres entre TEspagne el la France s'accomplit par les conditions du traité de paix de Nimègue de 1678, dont nous donnons un extrait ^ la fin de ce travail historique.

Avant de \mki de la halaille, près Cassel, de 1677,

Digiiizeu by <jOOgIe

et de ia victoiie y remportée par le duc d'Orléans, frère de Louis XIV, sur le prtnee d'Orange, il aurait

fallu, si Tespace nous l'eut permis, onumérer ies combats et les divers sièges et prises des places de guerre de la Flandre occidentale, pendant la période de TÎogt-quatre années avant ItioD, époque du mariage du roi de France et de la première paix signée; puis, durant les dix années de guerre, au même pays, qui suivirent 1667. Ces dernières hostilités furent aussi suscitées entre les Français et les Espagnols unis aux Autrichiens, auxquels, cette fois encore, les Hollandais se joiguirent par coalition, en l'année 1672; ce fut a cette f'poque que Guillaume Ui, prince d'Orange, fut nommé Suu^owier de Hollande,

Il va sans dire que, pendant ces malheureux temps,

dont nous aurons soin de parler ailleurs, avec délail, les petites villes, forlifiées et les riches campagnes de la Flandre la plus occidentale, West-Vlaenderen^ eurent beaucoup a souffrir du passage continuel des diverses troupes. Les milices françaises et celles des coalisés, eu séjournant ou en traversant cette contrée eu tous sens, qu'elles fussent amies ou ennemies, pillaiont, saccageaient et frappaient les habitants d'énormes coutribulious; c e lait le premier et le dernier acte de la présence de chacun des partis; de la une rnino complète de la Basse-Flandre surtout» tant de fois bien cruellement éprouvée I

DESCRIPTION TOPOGRÂPHIQtJË

DU X£KiaïOili£ £1 I>£S £A|jX DE LA UAUT£ P£EN£.

Noos tenons k présenter ici, poor faire suite aux préliminaires, une description sommaire de la Peene et de

la Lyncke, les deux ruisseaux proche Cassel, eutre lesquels la bataille de 1677 ,a eu lien; nous donnerons en même temps, ici, une idée des terrains environnants^ afin d^aider, pour la suite des détails coocernant rengagement général de cette bataille rangée, de ses préludes et de sa terminaison.

La Pecne a ses sources aux versaiils orienlal, méridional et occidental du mont Cassel (i), elle va se jeter dans rTsère, an-delà de Wormbout, en se contournant successivement de Test, du sud et sud-ouest au nord et au uord-est.

<i) Des petits ruisseaux venant de Ste.-]Marie-Cappel et de Wemaerscappel s'y rendent aussi, mais sa vraie source est à la partie méridionale du bas du mont d'Ëcoufle,' près Cassel.

Cette becqoe, assez grand ruisseau, dans la suite de son courSt porte d^abord, vers Zuydpeene, le nom de Petite IHenne (Kleine beecke), jusque vers le village de Noordpeene (i). Ëlle s'augmente suecesBivement par la juiictîon de plusieurs petits ruisseané el sources, parfois k sec, provenaiU de collines voisines de sa rive droite.

La Pienne traverse en premier lieu le village d'Oxelaere,

et aussi, non loin de la, la voie terrée de Lille k Dunkerque, avant son arrivée à Bavincbove. Proche ce dernier village, et dans le voisinage du ehonin qui conduit du sud h son église, ce petit cours deau traverse, sous voûte, la route impériale de Cassel à St.- Omer, ^ angle presque droit.

La petite Pienne n'a que 2 mèlies 75 centimètres à 3 mètres de largeur, en gueule, peu avant son arrivée vers le pont de Zuydpeene; lii, son lit a- 2 mètres ét plus de profondeur^ il est paribis presque vide Tété, aux temps secs; ses eaux n'en occupent habituellement que la moitié de la largeur; mais, lors des grandes pluies ou des fontes de neige abondantes, ce lit se remplit plus ou moins; il y a même à certains moments d'biver un trop plein de ses eaux qui a inondé parfois les terrains de son voisinage entre Zuydpeene et Noordpeene,

(i) Ces deux villages Noord-Peene et Zuyd-Peene étaient autrefois, il y a quelques siècles, un seul et même territoire seîgnearial, appartenant à TlUustre famille de St.*Omer. Il fut ensuite partagé entre flrères, les bords de la Lyncke étalent les limites de séparation de ces territoires secondaires, aux* quels on donna des dénominations distinctrves selon în position géographique de chacun d'eux devenus deux communes.

et au-delà, surloul avaol le dernier niveitemenl. C'est dans cet étal (lu'élait ce ruisseau et la Lynckc, qui y a son embouchure, lors de la bataille d'avril 1077, peu après de grandes pluies.

Après avoir côtoyé, \ Test, le village de Zuydpeene. et Il un kilomètre avant Tarrivéc de cette Ineque vers I^ioordpeene, elle prend le nom de Grande Peen€ (de Groote beecke), mais seulement lorsque le ruisseau la Lyncke s'y est jeté; et alors elle a près de 4 mètres de largeur vers ses bords, et 2 mètres â5 centimètres de profondeur^ même plus vers le pont de pierres dit Peene-brugghe , c'est-h-dire presque vis-h-vis de Toccident du moulin de la butte ou colline du Tom. Ëlle s'élargit un peu et son lit y est plus profond (i). Après avoir contourné celte coiline du sud au nord, la Pieunc se rend vers Cksbtezeele et Arnèke; elle passe ensuite à Test de Ledrin^em et de là à Wormhout au nord-est duquel bourg elle s'unit à TYsère, ayant fait ainsi un trajet de 15 kilomètres à peu près.

La JL^ke, dite aussi Petite becque (Kleine beecke) par les campagnards de Tendroit, prend son orîgiae des hauteurs d'£bblinghem, par plusieurs sources au nord ée ses petites collines. Ce ruisseau serpente légèrement dans la plaine en se dirigeant du snd-ouest au nord, et il vient se jeter dans la Pienne ou Peene vis-à-vis du Tom (n) à angle un peu aigu.

(i) Là, son lit y a parfois 3 mètres de profondeur, mais pas d avantage jusqu'au viilage d'Arnéke.

(il) Monticule et moulin ainsi nommé, même avant l'époque

Près de l'uu de ses (m>iUs, h un kilumèlre du village (le Noordpeene, la Lyncke a % rnèbrea ôO eeniimèlres à 3 mètres de large, eu général; k certaÎDS endroits, ailleurs, et plus bas, elle est un peu plus large; k son embQoclmre ce nusseta est de 3 mètm 70 ceotiniètres en gueule. Sa profondeur mie aussi dans son trajet.

11 va sans dire que plus haut au sud de la Lyncke, et plus près de son origioef cette largeur est beaucoup moindre, ainsi que sa profondeur, ce qui facilita te passage de la cavalerie d'attaque de droite, dont il Ya être question (i). — Les hollandais ignoraient aussi cela.

La Lyncke-becque déborde, de même, un peu, b certains moments de l'année (ii). Son embouchure dans la Peeue est, avons-notts dit, à moins d'un kilomètre du village de ce nom et li son orient, et c'est la Lyncke qui sépare le territoire de Zuydpeene de celui de Noordpeene. C'est aussi ce ruisseau qui séparait les Hollandais des Français, au commencement de Faction, et non la Peenc'becque comme beaucoup d'autres ravancent, car

de la bataille (Thom-Meulen, Sanderu$), mais aussi désigné depuis sous le nom de nwUin et butti du tonlit.

(i) Ainsi son Ht est profond de 1 mètre 80 e. au petit pont du Mvtttt-Honek; cle 1 mètre 30 e. vers le ponl WaUieU; une partie de la cavalerie française y passa. — A son emboueliure la X^ndtê a t mètres 10 c. de profondeur.

(n) D'après Reboulet, hittorUn ib Ltmît HV, les pluies venaient d'être abondantes; à certains endroits la terre était imbibée et même, du côté de Valcnciennes, les travailleurs avaient clé la plupart dans l'eau, presque jusqu'à demi-corps. Il est (loiK^ naturel de croiie que les deux ruisseaux au val de Cassel avaient débordé et coulaient encore presque à pleins bords, en avril.

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les Hollandais avaient déjà traversé ce dernier cours d'eau, la Pienoe, au moyen de poots, pendant la nuit précédant le combat. Enfia c*e8t entre la L^ke et k sa rive droite, au territoire de /uydpcene, et la rive gauche de la Feene au même territoire communal, que les deux armées combattirent lors de rengagement définitif.

Ajoutons que sur la Peene et sur la Lyncke se trouvaient de petits ponts dont quelques-uns n'étaient que de larges pierres de taille au ras da sol, aurtont au second de ces ruisseaux, et scrvaiii pour le? passages vicinaux (i). D'autres ponts eu bois lurent pratiqués par les troupes la feille du combat.

L'espace presque triangulaire de la plaine, entre les deux becques ou ruisseaux (ii) au territoire de Zuydpeene, c'est-b-dire b la droite de la Lyneke, était bas et garni h certains endroits de haies vives plus ou moins élevées et épaisses, mais alors sans feuillage^ vu la saison d'hiver qui finissait. Elles bordaient la rive droite de la Lynckebecque et la Peene ou bien faisaient ofiiee d'endos a certaines propriétés et de limites de champs, ^ious verrons bientôt qoe ce fut derrière certaines de ces baies et les taillis (juo les flollaiiclais étaient postés lors de rengagement de Taile droite des Français.

Dans cette plaine se tronvaient aussi des fossés pleins d'eau, et des rigoles qui lia versaient les vergers. Uii

(i) Tel est le pont de pierre sur la Lyncko à la route de Peene à Zuydpeene, appelé Peene-Straclc, qui fut probablement celui ou une partie de la cavalerie de droite passa.

(Il) Les planches % 3 et 8, représentent ces ruisseaux et le champ de bataille en son entier.

moulin à vent y était situé sur une petite éminence, non loin de la portion du maréchal d'Humières, lors de l'engagement de ce côté : nous devons le signaler parce que ce fut vers ce point qu'eut lieu une des actions les pins sanglantes du combat. Ce moulin fut détruit ou démonté depuis, et le terrain qu'il occupait a été aplani (i).

Enfin cette plaine, en général mamelonnée, k ses bords, de monticules plus ou moins étendus et élevés, était garnie de baies vives entourant des champs de houblon, etc. Celle où se fit le carnage est plane. Vers la Lyncke, elle est appelée des de^ix. côtés Lyncke-Veld (Champ de la Lyncke); plus avant, au sud-^t, c'est le champ de la Peene, Peme-VM; c*est Ih que le plus fort de la mêlée eut lieu (n).

Cette petite description topographique était donc né* cessaire, avant tout, afin que les divers mouvements, lors de la bataille, fussent bien compris, sans coniusion de lieu. En effet, par défaut de la connaissance rigou-

(i) Le susdit moulin entre la rive gauche de la Peene-becque et la rive droite du ruisseau la Lyncke, n'était pas très-loin du pont de la route conduisant î\ '/'lycipcene, qui tut fort disputé et vers lequel se trouvait Monsieur, puis les régiments de MM. de Gournay et de Greder.

(Il) Le célèbre peintre F, Vander Meulen a si exactement pris le plan de cette plaine, de ses ruisseaux et des collines environnauLes qu'en visitant le lieu du combat, avec les belles gravures d'alors, on voit que tout y a été représenté avec tes accidents du terrain, les moulins, etc.; là rien n'est encore changé (sauf Tun des moulins du Tom). Il semblerait qu'on assiste au combat ou du moins aux emplacements des corps et des brigades, etc. - Voir les planches réduites de ses pejn^ tures à la lin de la brochure et au frontispice.

reuse de ces lieux, il y a eu des lacunes essentielles dans des courtes relations de la bataille de Peene. Des auteurs, faute de données suffiiiantes, sur cette question préliminaire^ ont laissé It désirer dans Pénumération des diverses positions stratégiques, et c'est ce qui a fait varier plusieurs sur le trai cbamp du combat, sur les places exactes occupées par chacune des deux armées, et sur i uoe des causes principales de ce l'ait d'armes : nous voulons parler des obstacles dus aux deux ruisseaux précités.

Ainsi de Mezeray dit : « Le duc d'OrUatis rangea une partie de Varmêe sur les bords du ruisseau la

Peene qui la séparait de celle des alliés. » Cela est inexact, car les Français étaient alors au coté ouest de la Lyncke, li un ou deux kilomètres de lit. Cest ainsi que les Hollandais curent le temps do continuer la construction et le replacement de ponts sur la Peene, durant la nuit de la veille de la bataille. — Le baron de Viwrden dit que le maréchal d Humières passa un ruUseuu fart à propos. — De Larrey dit aussi, à tort, le duc d^OrUans rangea son armée en bataille sur les bords du ruisseau ou de la petite rivière de Peene qu il lullait que les ennemis passassent s'ils voulaient Tattaquer. — Ce ruisseau, au contraire, était la Lyncke, Reboulet dit dans son histoire de Louis XIV :

« Les deux armées se rencontrèrent k Mont-Cassel et

» s'avancèrent jusqu'à la portée du canon, nVHant sé- » parées que par un petit ruisseau que les ennemis » faisaient garder par une partie de leur première ligne. »

Notons que les Hollandais ne passèrent le ruisseau la Peene que dans la uuit du 10 au 11 ^ d ud autre côte la Lyncke n^esi pas mentionnée par cet historien. Ce second ruisseau, situé au-delli, avait sa rive gauche occupée par les Français : ils ne le passèrent que le lendemain.

M. Schayes (i) dit seulement que Tannée française

était au-ilelii de la Peeiie, rauj^ée en ordre de bataille dans la plaine, mais il ne mentionne pas la Lyncke, qui, nous Favons dit, était aussi entre eux et les troupes hollandaises, ce qui donae lieu k des coiitusious.

M. Debaecker, qui a copié un passage de deux pages sur ce fait, du mémoire de M. Scliayes, dans sa notice sur iSoordpeene (a), le reproduit sans aucun conimen taire ni addition explicative à cet égard; il le pouvait cependant connaissant mieux le terrain. Enfin beaucoup d^autres auteurs (ni} sont loin d'êtres plus explicites : de là des difficultés peur s'entendre : il fallait les foire cesser» et aussi éloigner toute idée de resîstence, Ik, d'une rivière, d'un grand ou large cours deau, qui aurait disparu

(0 Faisons observer que M. Schayes, qui a publié une petite relation de la biUaiile qui nous occupe» dans les Méniuires de la société des Antiquaires de la Morinie, T. II, a pris un peu pour guide de sa narration, une lettre-rapport du prince d'Orange aux Etats généraux. Nous avions publiée en {premier ce compte-rendu officiel, dans notre Topographit d$ CmuI «i de m êMirans dt 1828, que cet auteur n'a pas cm devoir men* tionner.

(n) Noorâpeene, ta fdpiwttrit, ton ifflin €l wnmomatUfti Annabf du Comité fiamand de France, tome IV.

(in) Mémoiret et hitloiret de LovmU^ de P^ltmn, de Larrey, du harim de Vuorden, d^AnquelU, de Jlftotiid, etc.

depuis. Ce qui a pu donner lieu li celle erreur ou fausse supposition, c^est qu'au moment où eut lien ce fait d'armes, la Lyncke coulait presque à pieiu bord, après de grandes averses» et que dans quelques endroits elle était débordée de plus de 20 li 25 mètres. Cela se voit encore parfois aujourd hui lorsque ce ruisseau est grossi après des pluies abondantés ou de rapides fontes de neiges. — La Peene est dans le même cas de déboidements aux parties déclives de ses bords, lors des mêmes circonstances, malgré des travaux plus ou moins récents qui, du reste, ont beaucoup amélioré les rives de ces cours d'eau.

La représentation des deux ruisseaux entre lesquels la bataille eut lieu est assez clairement indiquée sur DOS planches el sur la médaille ci-conlre; seulement il y a Ik une erreur en ce qui concerne le prince d'Orange figuré à droite, car il n'a jamais passé le deuxième ruisseau ; la Lyncke. Par compensation on voit sur cette médaille de la page xxxii l'épisode de la fin de la bataille, au-delb de la rive droite de la Peene, et le simulacre de la fuite ainsi que la poursuite des Hollandais.

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