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qu\/léYÎiilVpî$îeir; 'après elle à ses enfants. Malheureusenierrt ion niariage fut stérile. L'agnat le plus proche était par conséquent Adolphe de Berg. Son aïeul Henri avait possédé le duché de Limbourg et lavait transmis à son jeune fils Waleran III, oncle du comte, du côté paternel. On savait généralement que l'époux d'Ermengarde persisterait à rester maître, du moins pendant sa vie, du bel héritage de sa femme , et que Siffroid, archevêque de Cologne, était favorable à ses justes prétentions. Le vieux duc mourut à la fin de l'année 1279, ou au commencement de l'année 1280 ». Renaud se fit inaugurer sans la moindre opposition, sous le nom de son épouse. Peu de temps après il sollicita de l'empereur Rudolphe, qui se trouvait alors à Wornis, Tinvestiture du duché pour Ermengarde, et il l'obtint avec ce privilège que, si son épouse venait a mourir avant lui, il n'en conserverait pas moins jusqu'à sa mort la jouissance du duché de Limbourg. Cet événement eut lieu plus tôt qu'on ne pouvait le soupçonner: «leux ans après, la comtesse suivit son père au tombeau.
M. J. F. Willems, dans sa maiïnifiqne édition de Jean Van Ileelu, qui fait partie de la collection des Chroniques Belges inédites , publiée par ordre du gouvernement. Nous renvoyons ceux qui désireraient des détails plus amples sur la guerre de Woeringcn , à celte précieuse publication, qui a été iiceucillie avec tant de faveur par les savants de TAllcniagneet dnpays, et qui mérite de servir de modèle à tous lis travaux de ce genre.
Nous aurions pu , grâce à ce beau travail , faire facilement preuve dune vaste érudition , qui eût été toute d'emprunt : nous nous sommes contenté d'indiquer de loin en loin les quelques auteurs capitaux que nous avons consultés.
» \V. A. Van Spaen. Historié van Gtlderland, deel I, p 275.
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Adolphe n'était nullement d'intention de laisser l'époux d'Ermengarde, avec lequel du reste il n'était pas dans les relations les plus amicales, paisible possesseur d'un aussi beau joyau. Des hostilités continuelles avaient non-seulement épuisé son trésor, mais encore dévoré une bonne partie de sa jeunesse guerrière. Siffroid, archevêque de Cologne, le menaçait sans cesse, et de trois côtés il était à tout moment exposé sans défense à ses attaques. Il crut donc que ce qu'il avait de plus avantageux à faire était de disposer de ses droits et de tirer le meilleur parti possible de son héritage. Jean de Brabant, surnommé le Victorieux, était désireux de devenir le possesseur du duché. En effet, le Limbourg était parfaitement situé à sa convenance, et il était à même plus qu'aucun autre prince des Pays-Bas de soutenir ses prétentions. Sa bravoure, ses richesses, ses nombreux vassaux, son étroite alhance avec la maison royale de France, tout favorisait ses désirs ».
Le savant M. J. F. Willems, au nombre des causes de la guerre de Woeringen, en assigne une qui est inconnue à la plupart des historiens, et qui semble bien être la première de toutes. «Dans divers tournois, dit-il, où assistaient d\in côté le duc Jean de Brabant, premier de ce nom, et de l'autre, le comte Renaud de Gueidre, avec son beau-frère Walran, sire de Fauquemont et de
> Voyez dans le Tuscîienluch fur hildcndc und histurisclic Kunst , Dormund , 1803 , petit format , page 152 et suivantes , le récit historique de la bataille de Woeringen ( eu allemand) , par \V. Aschenberg. INous avons fait usage de la traduction flamande , par M. Rens , insérée dans le Belijisch Muséum, II, biz. 1-16.
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Montjoie, les deux derniers se montraient constamment les adversaires des chevaliers brabançons et de leur illustre chef. La valeur de celui-ci, manifestée par tant d'exploits, excita leur jalousie à un haut degré. De là une haine sourde entre les deux partis, qui ne demanda pas mieux que de se montrer au grand jour, et qui trouva bientôt une occasion d éclater, quand la succession ouverte par la mort de la duchesse de Limbourg, épouse de llenaud , eut suscité des prétentions auxquelles la guerre seule pouvait mettre un terme >. « Immédiatement après la mort d'Ermengarde, des négociations furent entamées et ne tardèrent pas à prendre une tournure décisive. On s'adressa à l'empereur Rudolphe, et chacun appuya sa demande par les raisons les plus péremptoires. Toutefois l'empereur, esclave de sa parole, ne voulut point consentir à retirer à Renaud le privilège qu'il lui avait reconnu. L'accommodement fut donc ajourné à l'année suivante (i283). Alors Adolphe céda au duc Jean , sous le nom de donation entre vifs, le duché dont il avait hérité et qui était occupé par de fortes bandes armées de la Gueldre. Pour légitimer davantage cette dénomination , il fut arrêté que le fils aîné du duc Jean, Godefroid , épouserait la nièce du comte, fille aînée de Henri de Windeck ; mais ils n'étaient ni l'un ni l'autre assez avancés en âge, et ils moururent tous deux avant que cette union pût être consommée. Adolphe reçut pour cette cession 23,ooo marcs, somme très-considérable pour cette époque, et qui lui fut ac-
» Introduction à la chronique de Jean Van Heelu , |». \t.
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quittée en deux échéances très-rapprochées ; il avait résolu d'en faire le meilleur usage possible pour luimême et les besoins de son pays, et il fut fidèle à ses projets. On combattit pendant quatre ans pour le Limbourg, et à plusieurs reprises des armistices furent conclus entre le comte de Berg et Renaud; car il ne manqua pas de médiateurs. Les rois de France et d'Angleterre eux-mêmes s'offrirent comme arbitres. L'empereur Rudolphe était si occupé d'autre part, et surtout de l'agrandissement de sa propre maison, qu'il fut obligé de laisser cette affaire suivre son cours naturel. Le comte de Berg refusa toute médiation : il augmenta ses forces, construisit de nouveaux châteaux, et attira dans ses domaines une foule de colons, ce qui lui fut d'autant plus facile, que la guerre les chassait de la rive gauche du Rhin et des bords de la Meuse. Beaucoup de seigneurs , sûrs de trouver la sécurité sous sa protection , se déclarèrent ses vassaux: tels furent Sybelo de Bergheim, Ludolphe de Holsfels, Jean de Cuyk, Henri de Genepe, Arnoud d'Angrode, Tielman d'Arlon, etc. H acheta en outre à leurs propriétaires deux châteaux, ceux de Leigensieghen et de Scharberg. Il fit avec la ville de Cologne une alliance étroite, et l'on conclut de ne pas permettre que Ton construisît la moindre défense sur l'une ou l'autre rive du fleuve, entre Rcndorf et Zundorf. Cette mesure était prise contre Siffroid , qui méditait de semblables projets.
L'année 1287 touchait à sa fin et les affaires du Limbourg étaient cependant bien loin d'être terminées. Jean le Victorieux résolut alors de décider la querelle par
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une bataille décisive. Il appela donc des alliés et les trouva d'autant plus facilement, que tout le monde haïssait 1 evêque de Cologne qui, dans les négociations, avait joué le rôle principal. Adolphe, comme il était de son intérêt et de son devoir, embrassa chaudement le parti du duc de Brabant. A cette nouvelle, Siffroid tombe avec une nombreuse armée sur le duché de Berg, et met d'une manière inhumaine tout ce pays à feu et à sang: il avait juré d'en chasser Adolphe; mais celui-ci, quoique à la tête de troupes moins nombreuses, se défendit avec la plus opiniâtre intrépidité. Une neige épaisse qui couvrait toutes les montagnes, lui vint grandement en aide. De son côté, le duc de Brabant força l'archevêque à faire une retraite précipitée. Ayant appris que ce prélat se conduisait d'une manière si indigne de son caractère sacré, il s'avança avec rapidité au-dessus de Dueren, dans le pays de Cologne. Quelques jours après, l'hiver le plus rigoureux força les deux partis à un armistice complet. Dans Ventre-temps l'orage qui menaçait le Bas-Rhin grossissait de plus en plus : il ne devait éclater qu'avec un terrible fracas.
Au mois de mai, les deux partis se trouvèrent dans la position la plus hostile, et Jean 1", sur les instances pressantes des bourgeois de Cologne, rompit le premier la glace, et entama l'affaire dont le dénouement devait être si sanglant. L'archevêque avait rétabli le château de Woeringen et l'avait environné de fortifications plus redoutables qu'elles n'avaient jamais été. La garnison , composée de la plus méprisable bande de chevahers , commettait aux alentours, à la connaissance de Siffroid,
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qui partageait avec elle le butin, des brigandages dont les marchands de Cologne avaient surtout à souffrir. Outre ces raisons , il existait depuis longtemps des causes d'inimitié entre les habitants de cette ville et l'archevêque. Jean de Brabant était regardé comme le protecteur du commerce sur les grandes routes entre le Rhin et la Meuse, et comme le seul par conséquent qui pût rétablir la sécurité et réprimer les violences et les brigandages.
L'occasion s'en offrit bientôt d'elle-même comme à souhait. Ses bandes armées se trouvèrent inopinément dans le repaire de brigands, et Siffroid fut transporté de joie de pouvoir combattre son ennemi dans cette position. Des coureurs furent envoyés à l'instant dans diverses directions, et convoquèrent tous les alliés de l'archevêque avec leurs troupes : les lieux du rendezvous étaient Berburg et Bergheim. On accourut de toutes parts; mais dans le même moment les amis du duc se mirent aussi en campagne, et se rassemblèrent au milieu de la bruyère de Woeringen, au lieu nommé le FuliUngerfieydy à moitié chemin de Cologne à Nuys. Quelques baïKles d'élite accoururent aussi du Brabant : toutefois, l'armée de Jean le Victorieux était bien inférieure à celle de son adversaire ».
Déjà, dans l'ivresse de sa prochaine victoire, l'archevêque de Cologne ne rêvait que triomphe. « La baleine, disait-il aux seigneurs qui 1 environnaient, est déjà échouée sur le rivage : il lui est impossible de nager et
» VV. Asclicnbci^', ibid. page 5, et J. Van Ileelii , p.ii;c loO et siii viuiles.
!il
elle ne sait pas s envoler. » Sûrs d'avance du pillage , tous autour de lui poussaient d'horribles cris de joie. La bataille fut ordonnée : dans la soirée du 4 juin 1288, les deux armées n étaient plus éloignées l'une de l'autre que de la distance d'une lieue. Le duc Jean laissa derrière lui une petite division pour observer Woeringen , et son armée fit un nouveau mouvement pour se rapprocher davantage de l'ennemi. La nuit était claire et sereine: la voûte du firmament avec ses myriades d'étoiles scintillantes semblait embrasser ces bruyères immenses, dans lesquelles allaient retentir tant de cris de douleur et de désespoir , dans lesquelles tant de cœurs allaient battre pour la dernière fois. Partout régnait un profond silence, les sentinelles seules apparaissaient çà et là et veillaient, tandis que les chefs arrêtaient leurs plans de combat. L'une des batailles les plus acharnées du moyen âge allait se livrer, et telle que depuis le Bas-Rhin n'en a plus vu d'aussi décisive. Le Brabant allait conquérir dans cette immortelle journée une gloire que plus tard devaient célébrer la poésie , l'histoire et la peinture.
Le soleil commençait à peine à briller que Siffroid se rendit dans l'abbaye de Brauweiler où il chanta une messe solennelle. Il fit ensuite une allocution aux barons et aux seigneurs qui l'entouraient, les exhortant à bien faire et leur exposant que Dieu, voulant punir le duc, l'avait mis en leurs mains, et qu'ils en auraient bon marché. Il prononça alors , d'une voix forte et retentissante, l'excommunication de son ennemi ainsi que de ses alliés, et accorda à son armée entière le pardon gé néral de tous ses péchés, promettant à ceux qui suc-
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comberaient dans la bataille une place dans ^ le ciel à côté d'Abraham et de Jacob.
Le duc Jean avait aussi fait chanter des messes en divers endroits. Après que chacun eût imploré l'assistance du Dieu des armées et demandé pardon de ses fautes, il adresse à son tour ces paroles pleines de noblesse à ses troupes : « C'est aujourd'hui que vous avez »à songer à la valeur de vos ancêtres! Jamais ils n'ont »fui pour abandonner leur prince. Soldats! en faisant «comme eux, la gloire sera votre partage. J'ai bien à me "louer de vous; j*apprécie les services de tant de seivgneurs et les vôtres, mes bons amis! Mais ici, où com- »mence vraiment le danger, vous verrez mon triomphe MOU ma mort. Je prends Dieu à témoin que j'ai voulu la »paix; c'est pourquoi Dieu nous aidera. Etant le mieux «monté, je vous devancerai tous. Vous veillerez à ce que » je ne sois pris, ni par derrière, ni en flancs. Pour ceux «qui m'attaqueront en face, c'est mon affaire; je saurai •m'en défendre à notre honneur. Mais si vous me voyez »fuir ou me rendre , tuez-moi, je vous l'ordonne 2 ! »
Cette harangue, accueillie par des cris de joie mille fois répétés, anima les Brabançons d'une telle bravoure, que leur valeureux chef pouvait dès lors compter sur la victoire. Il conféra ensuite l'ordre de la chevalerie à plusieurs nobles de sa troupe, parmi lesquels on distinguait Henri Berthout, dit Bebbeken le jeune; Gérard,
> Jean Van Ileelu, vs. 4395-4320.
> Jean Van Ileelu, introd. p. xiv, trad. de M. Willems , ci page iG9 cl suivantes.