LEON A. DAUDET
Xj* Astre noir
Si profondément qu'il fut embrouillé, le Chaos n'en contenait pas moins l'univers entier, le vide, les planètes, les soleils, la lumière, la vie : il ne fallut pas moins que Dieu pour en tirer les merveilles qui nous confon(Jent, que nous admirons sans les comprendre, et nous-mêmes que nous admirons moins à mesure que nous nous comprenons.Je ne dis pas qu'il faille un autre Jéhovah pour classer, mettre dans la lumière, tout ce que contient VAsù^e noir, le livre que vient de faire paraître M. Léon A. Daudet en le sous-titrant : roman, mais j'avoue que la multiplicité des faits, le fourmillement des idées et des détails m'ont d'abord quelque peu troublé. V Astre noir est le surnom d'un savant, d'un poète, d'un génie universel que je ne sais si je dois admirer ou exécrer ;
est ce un chercheur de vérité ? Est-ce un simple saltimbanque ? Est-ce un grand philosophe ? Estce un niais ? Est-ce tout cela ensemble? C'est possible, malheureusement pour l'humanité.
Il semble que M. Léon Daudet ayant pu rassembler une foule de faits, d'observations, de rêves recueillis dans la promenade de la vie à travers la science les arts, la philosophie, une fois rentré chez lui, les ait jetés pêle-mêle dans son secrétaire comme matériaux très divers à employer plus tard. Puis, un beau jour, il aurait décidé de montrer chacune de ses trouvailles, diamant ou caillou, fleur fraîche où feuille sèche, charme ou horreur, or ou cuivre, et les aurait placées dans un vaste cadre, sans étiquette, laissant à tous le soin de deviner, de construire, d'expliquer et de conclure.
Il ne faut pas qu'on voie dans ces lignes une critique, il n'y faut constater que l'étonnement qu'on éprouve devant une œuvre dont l'œil ne mesure pas bien encore la dimension, en même temps que la sorte d'humiliation qu'on ressent à ne pouvoir déchiffrer une énigme, dont le sens caché vous intéresse. V Astre noir est en eôet le livre d'un jeune, il est plein de sève et de vie, et cette œuvre d'une haute intelligence est peut-être celle qui résume le mieux l'effort intellectuel de la nouvelle génération; il y a là de quoi fournir des centaines de pièces à l'école d'Ibsen, des milliers
de pensées qui apparaissent lumineuses d'abord
cette page de ses remarques sur la genèse et la diffusion des idées nouvelles.
lanité se mette à considérer les choses rérent, il faut tout un sourd travail, une létration. Les sociétés,bieiî qu'absorbées • s qui sont leur pâture journalière, sont ices à la diffusion des idées générales, ['autant plus actives qu'elles sont plus
inaccessibles à l'intelligence de chaque sses ne sont menées ni par la faim ni r la politique ou politiquaillerie cousent aux métaphysiques. Toute idée cte. Le philosophe, en assemblant des i son cabinet à la lueur de la lampe, ces explosives qui plus tard auront un
après une série de métamorphoses celles de la chenille en papillon, plus abstraites, comprises par une élite vent de base et de méthode à tous les îues, littéraires et artistiques contems esprits de second ordre s'en imprét et les déforment, et, descendant peu lies arrivent infiniment modifiées, en ivre, du tableau, dujournal et du son, iltes qui en admettent les mystérieux ission, un enthousiasme proportion mté même.
l'action des métaphysiques remplace . Kant à Kœnif^sberg, Fichte, Hegel et i, Auguste Comte en France ne se dousemblant leurs élégants théorèmes,que irises et adaptées aux besoins sociaux )lacable d'un Proudhon ou d'un Marx te l'organisation actuelle. Il arrive un
'oxigène du carbone et retenir ite effectue un immense travkil ; ; forêts a pour cause cette conhaléur solaire en travail végétal, des arbres au puissant feuillage ; s chauffe dans Tâtre ne fait que ur solaire emmagasinée, et, lorsis du gaz ou de la houille, nous •urd'hui en liberté les rayons du nés depuis des millions d'années ie l'époque primaire. L'électrin'est que la transformation du soleil est la source première, ieil qui murmure dans la source, lèvent, qui gémit danslatemdans la rose, qui gazouille dans i étincelle dans réclair,qui tonne [ chante ou qui gronde dans toutes de la nature.
; quelle ampleur M. Camille ite les sujets qu'il aborde. Rien ux que les pages où il explique tent général de la terre sera le ; il prouve, par les faits, la vérioies de l'Ecriture : « Toute vallée ; toute montagne et toute colline . »
ion n'a pourtant pas fait de ce tré un livre de désespoir ; même