‹ (La) bataille littéraireChapitre 20 sur 22 · EDOUARD S · texte numérisé non relu

EDOUARD S

XjesOrancU

Le plus grand mal de no science et la religion appai forces ennemies et irréduct protester contre ce mal int( M. Edouard Schuréà plaidei servie par les ressources d'i érudition, la nécessité de rt léments que chaque jour se; plus Sous ce titre: Les Gra ard Schuré a publié en un marquables études sur Ran Moïse, Orphée, Pythagore, 1 travail qui eut pu être une i de philosophie aride et dont très mainseûtétéprétexteà l'auteur a su, par l'intensité

nétration des textes, faire un livre d'intérêt impérieux, de lecture attrayante ; poète en même temps que philosophe, il nous conduit à travers les plaines infinies de l'espace et du temps, et nous y montre les splendeurs d'une vie éternelle dont nous ne sommes séparés quepar le mince et impénétrable obstacle de la matière qui nous enveloppe.

C'est dans les textes antiques que M. Schuré a pris les éléments de ce livre qu'il sous-intitule : Esquisse de l'Histoire secrète des Eévoltitio^is et qui, à l'opposé de VHistoi7^ede tous les cultes, de Dupuis, ouvrage aride dont les conclusions ne reposent que sur un système, offre tout l'intérêt d'une œuvre littéraire. C'est par le résumé, les traditions sur les septième et huitième incarnations de Vichnou, Rama et Krishna, qu'il nous révèle l'Inde et l'initiation brahmanique, c'est par Hermès qu'il nous initie aux mystères de l'Egypte. Je ne sais rien de plus grand que la théorie religieuse qui émane de la vision d'Hermès, delà migration des âmes à travers les astres :

—Vois-tu, dit Osiris, une semence lumineuse tomber des régions de la voie lactée dans la septième sphère ? Ce sont des germes d'âmes. Elles viventcomme des vapeurs légères dans la région de Saturne, heureuses, sans souci, et ne sachant pas leur bonheur.

Mais en tombant de spère en sphère, elles revêtent dos enveloppes toujours plus lourdes. Dans chaque incarnation, elles acquièrent un nouveau sens corporel, confor-

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« Rien n'est petit, rien n'est grand dans l'écono- « mie divine. » Voici la seconde : < Les hommes € sont des dieux mortels, et les dieux sont des « hommes immortels. »

Les chapitres consacrés à Moïse, Orphée, Pythagore, ne sont pas moins curieux à consulter; mais le charme du livre est surtout pour moi dansl'étud^ sur la vie et la mission de Platon, dont le fond de Tâme était l'Amour et l'Harmonie :

Cette âme était aussi dauce, aussi limpide, atissi ouverte que la voûte du ciel au-dessus de rAcropole. Platon était un jeune homme de haute stature, aux larges épaules, grave, recueilli, presque toujours silencieux ; mais lorsqu'il ouvrait la houche, une sensibilité exquise, une douceur charmante émanait de ses paroles. En lui rien de saillant, d'excessif. Ses aptitudes variées se dissimulaient comme fondues dans l'harmonie supérieure de son être. Une grâce aisée, une modestie naturelle cachait le sérieux* de son esprit; une tendresse presque féminine servait de voile à la ^rmeté de s»n caractère. En lui, la vertu se revêtait d'un sourire et le plaisir dune chasteté ingénue. Mais ce qui faisait la marque dominante, extraordinaire, unique de cette àme, c'est qu'en naissant elle semhlait avoir conclu un pacte mystérieux avec TEt-ernité. Oui, les choses éternelles semblaient seules vivantes au fond de ses grands yeux ; les autres y passaient comme de vaines apparences dans un miroir profond. Derrière les formes visibles, changeantes, imparfaites du monde et des êtres, lui apparaissaient les formes invisibles, parfaites, à jamais rayonnantes de ces mêmes êtres, que voit l'esprit et qui sont leurs modèles étarneis. Et voilà pourquoi

1« jeune Platon sans avoir formulé sa doctrine, ne sachant même pas qu'il serait philosophe un jour, avait déjà conscience de la réalité divine de l'Idéal et de son omniprésence. ^ femmes, les char deuils, son re^jai 'f Pourquoi pleui de joie ? Ils croie puis-je m'attach Pourquoi ne puii ne meurt jamais

Suit un beai ti«l abrégé de de Platon, reni tiste, parce qi le récit du fes couronnés de entier ; à ses c sa déterminât i

« Je remercie t celte fête d'adiei que ceux qui vou amis de Socrate Cette parole pass lleurs. Elle donr l'air triste et emJ voi funèbre. î.es emporter sur lei au maître de la i dérobèrent avec Adieu Platon ! So adieu ! » Oenx je

de lui. Il prit par la main ces amis fidèles, et, laissant là les amphores de vin à demi vidées, les roses effeuillées, les lyres et les flûtes renversées pêle-mêle sur des coupes encore pleines, Platon les conduisit dans la cour intérieure de la maison. Ils y virent, entassés sur un petit autel, une pyramide de rouleaux de papyrus. C'étaient toutes les œuvres poétiques de Platon. Le poète prenant une torche, y mit le feu, avec un sourire, en prononçant ces paroles : a Vulcain, viens ici, Platon a besoin de toi. »

Quand la flamme s'éteignit en voltigeant dans les airs, les trois amis eurent les larmes aux yeux et dirent silencieusement adieu à leur futur maître. Mais Platon resté seul, ne pleurait pas. Une paix, une sérénité merveilleuse remplissait tout son être. 11 pensait à Socrate qu'il allait voir. L'aube naissante effleurait les terrasses des maisons, les colonnades, les frontons des temples et bientôt le premier rayon du soleil fît étinceler le casque de Minerve sur la pointe de l'Acropole.

La science pour laquelle il combat ne pousse pas M. Schuré à niçr les faits merveilleux, les miracles sur lesquels reposent une partie des religions; bien au contraire, il veut les expliquer par la science qui n'a aucune raison de douter des miracles, elle qui eu constate tous les jours. C'est dans son travail sur Jésus-Christ qu'il affirme le plus catégoriquement ses convictions à cet égard :

... Les âmes supérieures ne se manifestent guère à l'homme que dans l'état de sommeil profond ou d'extase. Alors, les yeux physiques étant fermés, l'dme, à demi

dégagée du corps, quelquefois voit des âmes. 11 arrive cependant qu'un très grand prophète, un véritable fils

Pour concevoir du fait de la résurrection une idée rationnelle, pour compreftdre aussi sa portée religieuse et philosophique, il faut ne s'attacher qu'au phénomène des apparitions suoocssiTes et écarter, dès Tabord, l'absurde idée de la résurrection du corps, une des plus grandes pierres d*achoppeiiients du dogme chrétiea qui, sur ce point comme «ur beaucoup d'autres, est resté absolument primaire et enfantin. La disparition du coqjs de Jésus peut s'expliquer par des causes naturelles, et il est à noter que îes corps^de plusieurs grands adeptes ont disparu sans trace et d'une manière tout aussi mystérieuse, entre autres ceux de Moïse, de Pytfeagore et (T Apollonius de Tyane, sans qu'on ait jamais pu savwr ce qu'ils étaient devenus. Il se peut que les frèresconnus on inconnus qui veillaient «ur eux aient détruit parle feu la dépouille de leur maître, pour la soustraire à k. profanation des ennemis. Uu-oi qu'il en soit, l'asi^ct scientifique et la grandeur spirituelle de la résurrection n'apparaissent que si on la comprend dans le sens ésotérique.

Le développement de cette théorie qui, je le reconnais, doit être rejetée par l'Eglise, est faite pour séduire bien des esprits ; en tous cas, sa discussion nous entraînerait hors des bornes de cette revue, dans laquelle nous avons voulu seulement donner une idée de l'œuvre importante de M. Edouard Schuré.

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