VII
ofonde dans Thistoire de nolujourd'hui terminée. C'est le marque la fin de cette longue té et ses conséquences mode la science médicale, si d'hui, mais dont les bons efse maaifester, ont beaucoup acier et son héros. La quesbes, qui tient une si grande aaux et dans les laboratoires, cerveau d'un homme épris le l'était le docteur Pascal.
lu s'étonner de voir que si découvrait comme à plaisir )utes les maladies, choléra, 3hoïdes, etc., la plupart du ience parvenait à tuer le baen tuant le malade ; mais dans inanité, dans sa confiance en liait ses expériences et vouait la mort.
ur Faust, Pascal n'avait vécu rches, ses découvertes ; padressô l'Arbre généalogique art dont le sang était le sien.
^ années, il le tenait au cous naissances et les morts, les s de famille importants, in-
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diquant en notes brèves les cas, et les expliquant d'après sa théorie désespérante de l'hérédité. Il avait ainsi évoqué toute la lignée, la branche légitime et la branche bâtarde, et cela au désespoir de sa mère, de Félicité qui ne rêvait que la destruction de ces documents dont l'existence pesait sur son orgueil, dévoilant les vices et les infériorités de toute la race.
Abîmé dans ses travaux, Pascal, toujours comme Faust, avait laissé passer la vie et, à soixante ans, on ne lui avait connu qu'une passion pour une dame qui était morte et dont il n'avait jamais baisé le bout des doigts. Deux femmes vivaient près de lui : sa servante et sa nièce, une angélique et intelligente jeune fille de vingt-cinq ans, cette dernière absorbée dans l'admiration et par le culte du maître dont la bonté faisait pour elle une sorte d'être surhumain. Pascal se tuait littéralement à toutes ces recherches, la longue étude qu'il avait faite de l'hérédité achevait de l'empoisonner, lui fournissait des causes toujours renaissantes d'inquiétude ; il se sentait menacé par ces ancêtres au sang vicié, et s'analysait sans cesse, épiant la moindre de ses sensations. Chaque soir le même glas sonnait sous son crâne : l'hérédité, l'effrayante hérédité, la peur de devenir fou.
« En somme, le docteur Pascal n'avait qu'une
^TAILLK LITTÉRAIRE
yance àla vie. La vie était l'union divine. La vie c'était Dieu, le 'âme de l'univers. Et la vie n'a- Litre instrument que l'hérédité ; t le monde ; de sorte que, sil'on Qaître, la capter pour disposer t fait le monde à son gré... Son b à cette pensée qu'on pourrait ir universel, en donnant la santé tous seraient sains, forts, intelurait plus qu'un peuple supé-' it sage et heureux. »
pauvre docteur raisonnait sans moyens que la science pouvait ains, et pour quelques résultats , il dut bien vite constater qu'il onné plus qu'à d'autre^ de recu- 3 l'heure fatale quand elle était ande horloge.
irriver au point culminant de )artie vivante, au moment où, )v les yeux vers l'avenir, le doclans le présent, l'adorable jeune côtés, et se sentant adoré, conon tour. Il oublie ses soixante la jeunesse qui s'offre à lui et, lois sociales, s'unit à celle qui ut le dire, cette «cène difficile
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qui, en résumé, nous montre le concubinage inutile de l'oncle et de la nièce, car le maire n'eût rien gâté à l'affaire, est traitée avec un tel talent, que l'odieux en disparaît pour faire place ù. une sorte de tableau biblique. Pour eux, pour Pascal et pour Clotilde, ils ne font que recommencer l'histoire du vieux roi David et de la jeune Sunamite. « Ce frisson du vieux roi, n'était-ce pas » celui qui le glaçait maintenant dès qu'il se cou- » chait seul, sous le plafond morne de la cham- » bre ?» La Bible fourmillait d'ailleurs d'exemples encourageants pour eux, et les unions de vieillards et de jeunes filles en sortaient comme d'elles-mêmes : Abraham et Agar, Ruth et Booz et tant d'autres ! En vain parle-t-on de cet imprévu été de la Saint-Martin dans tout le petit pays, nos amants se confinent dans leur bonheur, à ce point que le médecin, ayant perdu sa clientèle, voit la misère entrer dans la maison. Cette fois il redevient homme en sentant qu'il ne se perd pas seulement lui-même, mais qu'il sacrifie à sa dernière passion une enfant aveuglée par l'amour ; il veut s'en séparer et, ne pouvant plus la marier, la confie à son neveu, le frère de Clotilde.
Ici le roman prend, de par le caractère très net de l'héroïne, son importance capitale. Quelques lignes empruntées au livre vont l'expliquer ; dans les caresses de l'amour elle a surtout et
'espoir de la maternité :
la conséquence naturelle l'acte. Au bout de chacun mvait la pensée de l'enfant; n'avait pas l'enfant pour but et vilain.
là une des causes qui la romans. Elle n'était pas, e grande liseuse ; l'envolée agination lui suffisait ; et, s'ennuyait aux histoires rtout, son continuel étonelle indignation étaient de romans d'amour, on lie se de l'enfant. Il n'y était pas and, par hasard, il tombait tures du cœur, c'était une upeur et un embarras con- 5s amants, lorsqu'ils s'abanl'un de l'autre ne semblaient jaient œuvre de vie et qu'un e. Cependant, ses études lui avaient montré que le souci de la nature. > )risé, et le pauvre savant nétier. Mais ces chagrins, nt usé le corps du vieillard ir aux battements de son irême va sonner pour lui»
Toute cette partie du livre est pleine d'une réelle beauté, et ce n'est pas sans émotion qu'on lira ces pages où l'on voit le médecin épiant la mort sur lui-même et parlant aussi posément de sa mort et de la science que Socrate au milieu de ses disciples. Mais la nature ne fait rien à demi, et c'est quand la pauvre béte humaine est chargée de misère à ne se plus relever, qu'elle ajoute encore de plus lourds fardeaux. Au milieu de son agonie, il apprend que cet enfant tant souhaité, le but, l'excuse de son amour, est sur le point de naitre. Il a encore la force d'écrire à celle qui va lui donner le plus grand bonheur de son existence, de venir sans tarder d'une heure. Mais les minutes lui sont comptées, et c'est à travers les voiles que l'agonie a tendus sur ses yeux qu'il lui faut suivre sur l'horloge le pas trop lent des aiguilles. Par un dernier effort, il se lève, peut se traîner jusqu'à une table, y écrire à tâtons la date de sa mort, et tombe sans avoir pu voir celle qu'attendait son baiser suprême.
La scène, je le répète, est superbe et clôt d'une magistrale façon la série de l'histoire des Rougon-Macquart. C'est une conclusion scientifique, philosophique et morale. Enfin, et bien que je ne trouve pas le symbolisme nécessaire, aujourd'hui qu'on croit devoir en mettre un peu partout, il y a en effet dans le Docteur Pascal une idée symbolique résumée par ses amours et
>t l'amour de la vie, l'éter- , la vie nouvelle reverdisappauvris, rhumanité per-
l'enfant. « Une mère qui l'image du monde continué iiait-il, le petit être, pour e son cœur sous le sein
dans le tiède silence, dans la salle de travail, Clotilde [jui tétait toujours, son peut droit, dressé comme un i vie I »
dire les derniers mots par soit permis d'ajouter pourtion, ce que j'entendais dire n monde de lettrés où cha- ;s et des qualités du romanlit pas expliqué que M. Zola iès le premier coup, à l'Acaexpliquerait pas non plus mtrât pas.
[TTERAIRE
'un (le ces amours de eur à aimer défînitiétudes d'écolier le ns le cas spécial que Chez une demi-pros- 3 une jeune fille, une a débauche sans que lillée. Naïvement elle Q au « monsieur » qui se répugnante, cette nte, est si bien préirend et trace sans are. Je reproduis le ie scène :
Lite Blanche dans celte Dse de si étonnant, pres- [1 de cette enfant à la vie m si complet oubli de la aie, que je ne crois pas depuis, une sensation de nte plus complète ! Mais iver, et, quoique ce soit il faut bien que je l'avoue lit sur le visage de Tens'approcher du lit, avec [uilibre entre ses doigts.
)lement de ne pas répant le rustique et cordial it, dans la chambre, aux ilette d'Aline et à la fine
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J'abrège : la fille galante meurt d'une soirée de plaisir, et celui qui nous raconte ce drame ou cette comédie veut arracher l'enfant au gouffre où elle va forcément glisser. Mais les êtres ont aussi leurs destins, et, quelques années après, il la retrouve, exerçant, dans un monde un peu moins bas, la même profession que sa sœur. La rencontre est prétexte pour M. Bourget à de bien précieuses observations, ou plutôt au récit de sensations rapportées avec une grande fidélité. Mais, par une exquise délicatesse, ni l'homme ni la femme ne veulent rouvrir le livre où il a été fermé, à la première page où commençait Tamour. Un peu comme Titus, un peu comme Bérénice, ils se quittent pour ne plus se revoir, pensant tous deux à la pauvre morte dont le souvenir, léger fantôme, est venu se mettre entre leurs désirs.
Si cette innocence préservée dans un milieu de vice étonnait quelqu'un, je lui répondrais par ce fragment de la dernière conversation de la grande cocotte au jeune homme.
— Vous n'auriez pas cru que Ton pouvait être si innocente dans ces conditions-là?,... n'est-ce pas ?... Je Tétais pourtant, je vous le jure. Ah! comme je l'étais! Et fixant dans l'espace un point imaginaire : Gomment cela se faisait-il ?... 4e ne le comprends pas moi-même aujourd'hui.... Je voyais les choses. Vraiment c'était comme ]e n'est qu'à la mort d'Aline et
.E LITTERAI RE
S le roman ^mystique, que té d'hier, sinon d'aujours dernières pages du livre ative à MM. de Goncourt, Is sont justement les iniactuel, et je ne sais guère teurs, naturalistes, mysent tourné leur objectif tés sur les : René Mail- , etc.
comme les autres ouVraqu'une étude d'après na- 11 peut faire ; mais pour i vie, il faut savoir choisir cer ; tout est intéressant, ,re dans son jour ; c'est le nervation qui a assuré le . Dans une note, M. Eds a raconté la genèse de c'est une parente qui a teurs :
is quelques années après la ne de mes premières grandes aère, je la revois dans une j louée en hâte, un mois, où dans la banlieue, une maison contre un grand mur, avec ne au fond d'un puits. (Tétait core couchée. Flore, sa vieille ait sur le nez un pois chiche.
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paraissant sautiller, quand les choses allaient mal à la maison, me disait que sa maîtresse avait passé une mauvaise nuit. Et aussitôt que ma tante m'eut embrassé, son premier mot à sa femme de chambre était : Donnemoi un mouchoir. Et je m'apercevais qu'elle lui tendait le mouchoir de la nuit, plein de sang, et que ses maigres mains cherchaient à cacher. Et je la revois encore avant son départ pour Rome, dans un appartement de la rue Tronchet, comme perdue, comme un peu effacée, dans le brouillard d'émanations de plantes médicinales.
A Rome le récit de la vie de Mme Gervaisais, de la vie de ma tante, en notre roman mystique^ est de la pure et authentique histoire. Il n'y a absolument que deux tricheries à l'endroit de la vérité dans tout le livre. L'enfant tendre, à l'intelligence paresseuse, que j'ai peint sous le nom de Pierre-Charles, était mort d'une méningite, avant le départ de sa mère pour Tltalie, et sur ce pauvre et intéressant enfant, présentant un sujet neuf ^ sous la plume d'un romancier, j'ai fait peser le brisement de cœur et les souffrances morales de son frère cadet, pendant la folie religieuse de sa mère. Enfin ma tante n'est pas morte en entrant dans la salle d'audience du Pape, mais en s'habillant, pour aller à cette audience.
On a jugé très sévèrement parfois les œuvres des frères de Goncourt ; tout en reconnaissant à la critique le droit d'être sévère, je crois qu'il y a eu la plus part du temps erreur à leur endroit ; on leur a reproché le manque de composition, le défaut d'arrangement, sans songer qu'on n'avait point affaire à des romanciers dans le sens du mot usité jusqu'ici. Leur unique désir a été d'être vrais et de donner plutôt au public des
iture, que les qui se 3raan bien d charme uefois un é plus de aillé dans
il n'était DRs nrobahle que Renaud dût régner jamais, le assez vite à s'occuper de lui et à le ce avait, d'ailleurs, une obstination aucune autorité ne pouvait rien.
1 fut d'être artiste et poète. Tout naturellement du monde, il donna s extrêmes des plus jeunes écoles, posent d'un maître et quelquefois \i plusieurs années, tous les adodécadents et instrumentistes, tous t les pseudo-mystiques, et les néoinventeurs de frissons nouveaux itumées,touslesoccultistes,lessàrs, s sadiques, et aussi les musiciens t qu'un précurseur et qui orches- )ac » avec les bruits de la grève el les peintres esthètes, les peintres qui dessinent très mal de longues Lits plis et tenant des lis dans leurs îillement les pointillistes, les ta- 3s, ceux qui voient les paysages tapisseries et qui, sous prétexte de des couleurs, n'est qu'échanges îs cuisses mauves et des seins coues ahuris ou tous les farceurs de la , tous les désireurs d'on ne sait vert mis chez le prince Renaud et rse crédule.
i palais des spectacles étranges et les en robes blanches, les cheveux eut crucifiées pour l'amour de Salésus, et où le chœur des cochers )chers bleus chantaient alternat ivetériques devant Théodora, la cheryeux fixés sur le scorpion d'araé-
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thyste allongé entre ses deux seins, cependant que des
vaporisateurs exhalaient des parfums verts, bIeus,jauiios,
rouges, subtilement assortis aux vêt""™""*- -'"" •"♦—
prêtes, à leurs paroles rythmées et au
chestre... Et le prince Renaud march
corté de jeunes gens généralement ch(
et qui, sous leurs esthétiques abstruses
prudences de notaires, des vanités de
rances d'imbéciles et quelquefois des
pies sodomites.
Je renvoie au livre pour le ron intéressant par lui-même, mais trer un échantillon de l'esprit ç.
œuvre charmante, qui contient la de tous nos ridicules, il faudrait i lume, mais de pas mal de ceux qi ceurs ou convaincus, ce qui est i récemment.
UERITTE
aente
des choses, et d'autres Margueritte, lui ont s écrivains trop rares ipérament ; les écoles ►nt pas préoccupé plus 3servateur et conteur, ^ îile des œuvres de dé- ^te, qu'il vient de puïs critiques, un grand une évolution dans la i chose est peut-être regret s'il y paraissait our bien faire, il n'y prendre surtout garde que la nature, avare
de ce don, vous a accordée. Il devrait être défendu à tout romancier entré dans la période de production, de lire les œuvres des autres romanciers sous prétexte de savoir ce qui s'écrit ; « ce qui s'écrit » est toujours à éviter, et sa connaissance ne sert généralement qu'à troubler ceux que persécute le noble désir de mieux faire.
J'ai entendu un philosophe digne de ce nom, en ce sens qu'il n'avait jamais écrit un mot de philosophie, expliquer comme quoi le mot progrès ne devait pas être confondu avec le mot amélioration, et il aloutait comme preuve à l'appui : « Les maladies, les épidémies, elles aussi, font des progrès, et ce n'en est pas plus gai ! » Peut-être bien que les opinions de mon philosophe né sont pas précisément applicables aux évolutions de l'art, mais je reviens à ceci que ces évolutions sont involontaires et qu'on n'y apporte guère plus d'aide ni d'entraves qu'au mouvement de la terre qui nous entraîne et nous fait tourner sans que nous en ayons conscience.
C'est pourquoi je n'ai voulu voir dans La Tourmente de M. Paul Margueritte que ce qu'il y a mis de son propre fonds, sans chercher s'il était peu ou prou engagé dans les sentiers familiers à M. Paul Bourget ou à M. d'Annunzio ; sa thèse est hardie, car il essaye de mettre aux prisés une âme noble avec un sacrifice trop beau, trop haut pour durer ; il s'agit d'un mari
22 LA BATAILLE LITTERAIKB
le avoue un adultère consommé ; nue et se heurte ensuite à tout L'une situation fausse; de là des talent de l'auteur a su faire jaillir la pitié ; les pages où se trouvent a femme, celles où le mari use de aent la partie capitale du livre. Le s de dénouement présent, et c'est ie que consiste le charme qui vous id on a fini de le lire. Les deux i le seront plus que de nom, décise réuniront désormais que d'âme, pour élever leur nièce, une en- )mme le dit M. Paul Margueritte, érèse, les années étant venues, ourire, sans honte, sans arrièrelutte et souffert par l'amour, ayant )bli en eux l'idéal ; ils auront alors fris. Comme on peut le pressentir, ur du livre est dans l'observation îsplus délicates des sentiments les
TA p A TAILLE LITTERAIRE
)iits des hommes et des bêtes, coups de feu, des clameurs pels des trompettes, des elles, du déchirement de Tair dans ces pages d'impérieux
poëme épique fait de vingt nts, que le livre de M. Geor- I plein de jeunesse, de foi et ent comme pour protester 5 vieillottes et égoïstes qui, on sens et de philosophie, ter le fait accompli, prêchent ute résistance, l'abandon de gloire et l'honneur de notre imprudences des chauvins, aussi ceux qui crient tant le français, et dites si vous le plus souvent un peu d'acte l'Aigle, il ne faut pas voir le de l'Empire ni de l'P^mpeîe et de la France de tous les is dans notre grande épopée ^rtagnan, sublimes d'invraides récits dramatiques emiante poésie. Certes, après m est beaucoup qui le décla- >nsé, soit, mais à la façon des
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contes de fées qui nous montrent en un rêve,