‹ (La) bataille littéraire, Volume 1Chapitre 19 sur 38 · REVEIL · texte numérisé non relu

REVEIL

Avril revient. Salut à son jeune réveil I Les paupières du ciel se rouvrent, longtemps closes, Et les fleurs du pécher, comme des lèvres roses, Se tendent au baiser de flamme du soleil.

La colline s'émeut du renouveau vermeil.

Et, douce, elle sourit de la douceur des choses, Voyant avec le froid fuir les brouillards moroses Et les bois composer un bouquet sans pareil.

En avril, la colline est une jeune fille :

Un léger vêtement d*émeraude l'habille,

Le plus fin qu'elle puisse avoir, et le premier.

Pour chevelure elle aie vert frisson des branches, Pour souffle le parfum des aubépines blanches Et porte à son corsage une fleur de pommier.

On a dit tant de belles et de jolies choses sur le printemps qu'on est tout étonné qu'il puisse fournir encore des idées nouvelles aux poètes ; mais c'est un des privilèges de la France qu'il lui suffit du premier rayon de soleil pour faire germer son blé dans la terre, ses vignes sur les coteaux et les sonnets dans le cerveau de ses poètes.

vGoosIe

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