‹ (La) bataille littéraire, Volume 1Chapitre 4 sur 38 · FRANCIS MAGNARD · texte numérisé non relu

FRANCIS MAGNARD

Tie et aventures d'un positiviste. — 1875

Il est bien entendu que toutes ces études sont la reproduction exacte de celles que j'ai publiées dans mes revues bibliographiques ; je n'y ai rien changé de la forme, encore moins du fond des idées que j'y émettais. Tous ces articles doivent être considérés comme les croquis d'un grand tableau qui reste à faire. Ces extraits, comme je Tai dit plus haut, sont les pièces justificatives jointes à un procès-verbal.

Sous ce titre : Vie et aventures d'un positiviste^ notre confrère Francis Magnard vient de publier à la Librairie illustrée une courte histoire paradoxale, bien moins invraisemblable qu'elle lî'en veut avoir l'air.

Pierre-Paul-Jacques Beuvron, membre de PlDstitut (section des sciences morales et politiques), auteur des Myth(H

logies comparées (6 voL in-8°) et d*un Essai sur la cellule

j. , /. ^^j in-8<* avec planches), ouvrages qui se

ffîcilement en France, mais qui ont obtenu

lérablo en Allemagne et en Angleterre, était

ent une créature angélique égarée sur la

iraoins surpris et désobligé en accolant cet om : Pierre-Paul-Jacques Beuvron ne croyait li aux démons, ni à Dieu, ni à Tâme hurle humaine, ni à la vie éternelle.

es convictions négatives, Beuvron se ise une jeune fille charmante. Arrive aller à Téglise pour faire bénir Tunion existences :

es Beuvi'on prit M"« Amélie à part et comong sermon sur les origines, les progrès et ts de la superstition. Il cita Lucien de Sa- B, Montaigne, Bayle, Voltaire et le docaffirma son respect et môme, dans une cer- , sympathie pour le Rabbi Jésus de Nazareth, it de nouveau qu'il ne pouvait se prêter à s telles que le culte catholique, la.

le fut célébré que devant l'officier muni-

dit Beuvron à sa femme dans la voit^e qui ire un tour de promenade en sortant de la itez-vous moins mariée, et le sacrifice fait à îonvictions est-il si pénible que cela?

sans répondre. Elle venait, en effet, de re ère leçon de philosophie positive.

vGooQle

Un beau matin, M™® Beuvron devint mère ; les premiers soins donnés au baby ne lui laissèrent d'abord pas le temps d'examiner à fond les doctrines de son mari, jusqu'au jour où cet enfant fut mis dans une Real-schule du grand duché de Bade.

Elle resta donc seule au milieu des débris de toutes ses croyances, livrée aux dogmes positivistes de M. Beuvron. Le résultat ne se fit pas attendre. Un autre savant, également positiviste, prouva en peu de temps à M™® Beuvron Finanité des dogmes de notre religion, et M. Beuvron put constater que le positivisme, pas plus que le laurier, ne garantit de la foudre.

Un peu ébranlé par cet accident, Beuvron se remet bien vite au nom du positivisme, en discutant philosophiquement sur son cas avec M"® Beuvron elle-même. Au bout de quelques années, le jeune homme, grandi à l'étranger, arrive chez son père la tête pleine d'idées encore plus positives que celui-ci ne pouvait l'espérer.

— Mon père, lui dit-il un jour, il me faut cent mille francs, donne-moi la clef de ton secrétaire. — Et il mourait un meuble dans l'angle de la chambre. ~ Donne-moi

la clef. — Je te préviens que j'appelle au secours si tu continues cette facétie.

— Cela est inutile. Ta domestique est sortie, je l'ai envoyée à l'autre bout de Paris. Le verrou de ton cabinet est tiré... ainsi, tu n'as qu'à t'exécuter. Tes clefs?

— Tu veux me voler, malheureux?

— Te voler, non! T'emprunter. Je le connais. La persuasion eût échoué sur toi. Tu as toujours eu un fond d'ava-

e encore. J'ai besoin de cent mille iffaire et, en même temps, pour renais sur le tremplin de la spéculaquelle misère I

tu refuses... Eh bien! je te forcerai i plus fort, tu le sais. La loi du 3ur Texistence, tu le sais encore...

du secrétaire. Son père retrouva i pour défendre son trésor ; il voun fils, qui se dégagea facilement; *s la fenêtre; Emile le prévint et repoussa brutalement. Le vieillard connaissance, se dit Emile.

es trouver, ouvrit le secrétaire, y OOO francs d'actions au porteur, les ferma le meuble.

ihilosophe, en étant assassiné, raison ; il n'y avait là que l'applus fort, si précieuse au posi-

s que d'esquisser ce petit livre est par le détail qu'il vaut, et * que l'ensemble. Avant d'en snse, je m'arrête en me souve-

vGooQle

REALISTES ET NATURALISTES 15

nant que je parle du livre d'un collaborateur, et je ne voudrais pas qu'il fût dit que j'ai manqué trop franchement aux grands principes de la Société des gens de lettres, dont le premier article est ainsi conçu ; « Éreintons-nous les uns les autres. »

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