AVANT-PROPOS
Plusieurs chapitres de ce volume ont paru déjà dans diverses revues; d'autres sont inédits. Je n'oserais dire qu'ils forment un tout rigoureusement lié. Il me semble pourtant que l'on y pourra reconnaître une certaine unité de méthode et d'objet.
.le n'ai pas eu la prétention de donner une histoire du romantisme, — ni surtout de le définir. « On a défini tant de fois le romantisme ! » gémissait E. Deschamps en 1824. Que dirait-il aujourd'hui?... Pour simplifier les choses, ces définitions a priori laissent de côté une bonne partie des faits. — non pas les faits négligeables mais les faits gênants. Elles imposent ainsi à l'histoire une rigueur logique qu'elle ne comporte pas.
Il est rare que les grandes écoles, celles du
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moins qui ne sont pas des écoles d'imitation ou de réaction, aient aussitôt pleine conscience de leur objet, qu'elles engagent la lutte sur un terrain bien (léliinilr. choisi par elles. Ce n'est pas tout d'abord, qu'elles affirment une doctrine; les théories viennent après les œuvres; leurs ennemis les aident à y voir clair. Pour que Victor Hugo s'aperçoive qu'il est autre chose qu'un SUCC6Sseur de l'abbé Delille, il faudra que ses adversaires lui ouvrent les yeux. En quoi, ils ne lui ont pas rendu un mauvais service.
Après la victoire, le romantisme aimera les affirmations tranchantes. Mais pendant des années, avant de trouver sa voie, il est plein de scrupules, il veut être modeste et prudent. L'école impériale a laissé après elle une sensation de lassitude, un désir de secouer les règles, un besoin de liberté.... Mais comment la littérature reviendra-t-elle à la vie : en faisant eiïort vers le réel ou en s'abandonnant aux élans de l'imagination? Par le romanticisme libéral de Stendhal ou par le lyrisme monarchiste et chrétien des jeunes poètes?... Et comme les défenseurs de la tradition — plaisantins du Miroir ou pontifes des Débats — ont quelque peine aussi à se mettre d'accord, on risque de s'y perdre.
Peut-être n'est-il pas sans intérêt de suivre ces