‹ La bataille romantique (volume 2)Chapitre 123 sur 146 · Avant-propos · texte numérisé non relu

Avant-propos

d'autres, ne se réalisa pas. Seul l'avant-propos, déjà publié dans YArlisle du 10 octobre 1847, prit place dans l'édition des Nuits de Borne de 1853. Le talent du poète avait conservé cependant toute sa souplesse, sa pureté et son élégance. Voici quelques vers de VOde à Pyrrha ' :

Quel est donc, ô Pyrrha, cette fleur d'innocence. Ce bel adolescent tout parfumé d'essence Que tu tiens dans tes bras sous ce lierre abrité? C'est pour lui, n'est-ce pas, blonde et chaste beauté, Pour lui seul, désormais, que nous verrons encore Onder tes longs cheveux comme ceux de l'aurore? Ah! ([lie de pleurs brûlants tomberont de ses yeux, Quand il saura comment tu te ris de ses dieux, De sa foi, des serments de sa bouche candide!

Malheur à ceux que tente et séduit ton visage! Pour moi, j'ai suspendu, sauvé d'un grand naufrage, En mémoire du dieu Neptune et du récif, Mon vêtement humide et mon tableau votif.

Le temps était passé. Une jeune école poétique arrivait à la lumière, — ingrate comme toutes les écoles. Ses succès durent lui inspirer des réflexions amères. Chez ces jeunes gens, il retrouvait quelquesunes de ses plus chères admirations, son lyrisme réservé et hautain, son aversion pour les elïusions sentimentales, son culte des belles choses mortes. Mais eux, pourquoi se seraient-ils souciés de ce précurseur? Parmi les romanciers et les chroniqueurs, il tenait encore son rang; fonctionnaire, il pouvait rendre aux gens de lettres de précieux ser-

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