‹ La bataille romantique (volume 2)Chapitre 24 sur 146 · M., t. IV · texte numérisé non relu

M., t. IV

4. Cette dédicace, signée « Ug, grand maître des cérémonies de ta cour de S. M. Og », est adressée « A Jean Sbogar et h ses successeurs le Vampire, le Solitaire, le Camisard, Han d'Islande,

LES ORIGINES DU DEBAT. il

les vers >adressés Aux jeunes Poêles de t 'Époque

par J. Arago: en octobre, l'Essai sur les Classiques et les Romantiques de Cyprien Desmarais ; en novembre, la Satire sur les Auteurs du jour de P. Sers; en décembre, une Épître sur l'Ecrivaillerie du Siècle et surtout l'Essai littéraire sur le Génie poétique d'Artaud, qui, à l'ouverture des cours de l'Athénée, à inspiré de sérieuses inquiétudes au classique auditoire.

De Paris, l'agitation a gagné la province. Soulevé par un discours de l'avocat général Bergasse sur les Destinées nouvelles réservées aux Lettres, un débat assez, vif divise les membres de l'Académie de Rouen; contre le président Adam qui maintient les droits de la règle et de la tradition, Guttinguer plaide pour la poésie indépendante qui a pour objet « de tout voir, de tout peindre, dans les images cl dans les mots1 ».

Enfin, les deux partis continuent à tirailler dans les journaux : la Pandore, qui a remplacé le Miroir, est beaucoup plus acerbe et crible d'épigrammes l'auteur des Méditations et l'auteur (TÉloa2; aux Débats, Hoffman et V. Hugo ont

te Renégat, le Centenaire, le Paria français, Ipsiboë, Ourika, le Damne, etc., etc. ».

1. Voir en particulier son discours du 19 nov. 1824. La poésie doit être •< universelle ». dit-il encore. (Précis analytique des travaux de l'Académie royale des sciences, bellcs-lellres et arts de Rouen, Rouen. IS2i. — Discours réimprimés en 1S2G sous le litre Du Classique et du Romantique; Rouen, l'eriaux, in-8.) — Cet exemple n'est pas isolé. Une lettre d'un Franc-Comtois au Globe

(8 OCt. IS2'i) revendique pour l'Académie de Dijon l'honneu r d'avoir affirmé la première que « le point essentiel du romantisme, c'est l'indépendance en matière de goût ».

2. 2:i et 27 sept. 1823, s lévrier et T. juin 1824. La Pandore est

engagé une des polémiques les plus intéressantes de la bataille romantique, une des plus courtoises aussi'; dans le Mercure, Léon Thiessé se fait le défenseur des pures traditions de la langue*.... « Depuis deux mois, remarque Paulin Paris, l.i question des classiques et des romantiques est redevenue le sujet de conversation à la mode; des articles de journaux, remarquables par le Z, l'A ou le G, qui leur servent de passe-port3; une déclaration solennelle de l'Académie française, rédigée par M. Au^er, un de ses membres classiques les plus distingués; H enfin, dans chaque vaudeville ou comédie nouvelle, un couplet présumé sanglant contre la nouvelle école, tout annonce la défaite complète du romantisme.... »

Le théâtre comique, en effet, ne peut que recueillir avec empressement les injures que se jettent les adversaires; c'est de la satire sans danger, et la dispute de Trissotin et Vadius est toujours sûre de son efifet sur le public. Sans parler des parodies proprement dites, le théâtre de Madame donne, le 13 mars 1824, les Femmes romantiques, comédie vaudeville en un acte, transposition des Précieuses ridicules'", Gabriel, d'Artois et

plus indulgente pour Hugo, •< té plus distingué des congréganistes pleureurs » (art. du 11 mars 1824).

1. L 'article d'Hoffman sur les Nouvelle» Odes est du 14 juin 1824. La réponse de Hugo est publiée le 2(j juillet. Voir Bîré, ouvr. cité, p. 367.

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