V. Hugo, toutefois, n'apporte pas à la revue nou
1. IiUrodaetion de Tlssot, t. I, p. 12. — Comp. (. II, i>. 16.
2. Lettre sur let théâtre* (à propos de Guiraud) : « Des son arrivée à Paris, on l'enlace, on le caresse, on le Jette dans jft m' s.iis quelle confrérie académique où l'on voit affluer tous Lès amateurs de places, de rubans, de pensions, où Ton fait tour ;'i tour des élégies el des cantiques, des sermons el des comédies, <n'i l'on De connaît de Muse, que la laveur, et d'Apollon, que le budget >•• (T. l. i>- L.W.) Gomp. dam le I. IV. p. 801, Doctrine de nos adversaires de Félix liodin; dans le i. V, p. I. YÊiiiirr de Viennet, et, p. 170, l'article de ïhiessé sur le discoure d'Atlger.
:t. L'antagonisme persiste entre les deux revues. Elles affectent île s'ignorer: mais voir le Mercure, i. Vil, p. 236, à propos de la réception de Soumet à l'Académie : « il circulait lourdement dans Paris une pay.ette, la Muse, qui professait des principes subversifs de la langue française; elle médisait périodiquement du goût et de ta raison, comme des eunuques médiraient de la virilité: elle annonçait sans détour l'intention lé substituer aux autels du vrai dieu de notre littérature, les autels d'un Baal germanique, divinité enfantée par des cerveaux impuissant, et adorée de tous les stériles esprits. Les collaborateurs de cet ennuyeux pamphlet littéraire mordaient avec rage la lime, dont Les Racine et les Boileau avaient poli leurs chefs d'œuvre! Eh bien! c'est parmi les auteurs de ce journal de ténèbres que l'Académie est allée choisir son nouveau récipiendaire.... »
velle l'activité qu'il déployai! au temps du Conservateur littéraire. Sa situation déjà considérable de poète lui permet de hé pas se prodiguer : assez de bonnes volontés s'offrent à lui. 11 demeure non pas à côté, mais au-dessus. Pour les deux volumes, son apport se réduit à deux pièees de vers et cinq études eu prose. Retenu par ses obligations militaires, et d'ailleurs réservé par nature, Vigny donne moins encore : trois poèmes et deux articles. Ku somme, le seul collaborateur régulier et, scmble-l-il, le directeur véritable est le poète Emile Deschamps. Personne n'est mieux fait pour tenir cet emploi. 11 a toutes les aptitudes nécessaires : facilité de travail, Vivacité spirituelle, intelligence bien française, ouverte à toutes |e> nouveauté-, capable de tout comprendre, — et cette qualité surtout, dont les cénacles donnent peu d'exemples : un détachement personnel à peu près absolu. Séduisant dès la première rencontre, on l'apprécie davantage à le mieux Connaître : « La gaieté et l'esprit en personne », dira Mme Ancelot '.
1. Un iUlon de Paris, Paris, Dentu, INliu. p. 22. — Voir aussi Paul Foucher, les Coulisses du />u.ss<;, Paris, Dentu, 18":)-. A. Barbier, Souvenirs personnels, Paris, Dentu, 1883, et la notice de Th. Gautier, réimprimée dans l'édition de* Cfiuvrea complètes, — Les letj i's de V. Hugo montrent leur intimité. Après un article
de DesohampS (peut-être sou article du Mercure eu 1828) :
■ Comment vous remercierais-je dignement de votre charmant
article, mou bon Emile 7 nue vous êtes bon de donner ainsi
aux louantes de l'amitié Cet air de conviction! Vous raisonnez
si bien et vous paraisse! si invinciblement pénétré de la bonté
de mes sers qu'en nous lisant, j'étais presque persuadé moimême! Mais, mon ami, mes vers ne me semblent bons que dans votre prose, si poétique et si ingénieusement bienveillante!
Adieu jusqu'à demain soir. Y\\\ atlendaul. j'ai voulu vous
dire toute ma reconnaissance. Pardon de ce papier. Le papier
Jusque dans la polémique, il apporte cette finesse aimable et souriante. Les nouveaux venus sont sûrs de trouver auprès de lui l'accueil le plus cordial et le plus encourageant. E. Turquety, qui Ta rencontré seulement en 1829, ne tarit pas d'éloges : « E. Deschamps est l'homme le plus aimable que j'aie jamais entendu. Il est impossible de se faire une idée de sa finesse et de sa grâce.... Je lui dis de mes vers; il me récita des siens et, en me quittant, il me demanda mon adresse pour in'emmener faife une lecture chez 1<> comte de Vigny '. » A cette date, pourtant, bien des rivalités se sont fait jour; mais il les ignore. Il gardera jusqu'à ses dernières années cette fraîcheur, son élégance «le tenue et d'esprit.
Les triomphes de ses amis n'ont rien enlevé jamais ,i I admiration qu'il leur porte. Il n'est pas homme de lettres; il n'a ni la jalousie, ni l'impatience de produire; volontiers, il se dérobe sous des
à écolier est toujours celui qui me convient, quand je vous écris. Victor. » — Vers la même époque : •< Voici, cher Emile, Valbum d'hier avec quelque chose qui est un débris d'un article de moi; le toul raturé, défiguré, rongé de fautes d'impression, sans compter les miennes. Il y avait une page sur votre préface qu'ils ont ôtée, en revanche il ont ajoute mon nom quelque part où il ne devait pas être; cl cela m'a fait un étrange effet de lire mon nom dans ma prose, c'est comme si j'avais reçu un coup de poing de ma propre main. Cependant, dans le naufrage de mon pauvre article, surnage encore beaucoup d'admiration pour vous, et c'est ce qui me console qu'il ne surnage ni esprit ni talent. Je vous prie instamment de croire que j'en avais mis un peu. Ne jugez pas la hèle sur les abattis, disjecti mt'inbra amici. (iràce pour ce vers faux et ce mauvais article. Je crains qu'il ne vous coûte de port au moins huit sous: c'est juste huit fois ce qu'il vaut. Votre Victoh. » (Lettres inédiles.) 1. Lettre cit. par Séché, A. de Vigny, p. 142.
pseudonymes. Comme d'autres, cependant, il a connu les succès précoces. En 1812, encore au collège, son ode de la Paix conquise a fait quelque bruit; il a eu l'honneur, trois ans plus tard, d'inquiéter la police de la Restauration ; en 1818, Selmours de Florian, comédie en trois actes, et le Tour de faveur, en un acte, ont forcé les portes de l'Odéon1. Mais, volontairement, il a ensuite gardé le silence. En 1826 seulement, il réunit en un volume ses éludes de la Muse et collabore avec son ami de Wailly à l'opéra d'Ivanhoë*.
Cette discrétion n'est pas timidité d'esprit ou impuissance. Le moment venu, il saura le prouver. Une lettre de Victor Hugo du 18 avril 1828 atteste l'importance que gardent ses traductions de Shakespeare dans l'histoire du romantisme dramatique :
Nous sommes d'autant plus fiers de votre triomphe, cher Emile, que nous avons la priorité sur la Comédie Française. Nous avons reçu Roméo avec acclamation avant elle. Maintenant, c'est le tour du public. Pour moi, je serai bien heureux le jour où vous enivrerez le parterre de votre belle oeuvre. La révolution sera faite, et faite par Emile et par Alfred. Ce sera pour moi une joie d'orgueil et une joie d'amitié. J'aime à dire partout, toujours et à tous, que ce qui était plus que douteux avec Cronwell est plus que certain avec Iioméo. Le pas que vous faites faire à l'art est beaucoup plus grand que le mien.
Je fais votre commission près de [nom illisible] et près de Soulié; et j'irai causer avec vous un soir de votre idée